lundi 7 avril 2008

dansez sur moi

En résumé, ce Week End a été très agréable, ça a commencé par un passage au stand FFA au marathon expo où j’ai croisé des confrères entraineurs, j’ai discuté longuement avec des formateurs de la filière hors stade puis je suis allé chez Karim qui m’a nourri et logé. Oui c’est ça l’amitié, tu passes dans mon coin tu viens chez moi, il y a des bières fraiches au réfrigétrateur. Merci à Céline pour m’avoir offert des repas avant et après le marathon composé de pâtes, pas n’importe lesquelles, celles qui sont appréciées par la petite Amelle 2 ans avec qui la discussion se fait plus avec les yeux et l’échange de jouets qu’avec la parole. Samedi soir, c’était pasta party non loin de l’Etoile avec les CLM et les amis. Dimanche matin marathon, on y reviendra et le soir, les nouvelles tombaient. Certains ont couru à Chavagne à côté de Rennes là où habite André Sicot alias dédé qui soit dit en passant a terminé 15ème à la toute récente édition du marathon des sables, mes amis qui le connaissent savent que c’est un grand champion et que si on passe dans son coin, on est bien entendu inviter à boire un coup ou bien manger des pâtes avant une course. Bon ce dimanche il était encore au Maroc.

Dimanche soir, beaucoup de mes amis se demandaient qu'est-ce qui s'était passé au marathon de Paris. Le site Internet, saturait alors c’était l’expectative assurée. De retour sur Rennes après un voyage dans le bar du TGV à discuter avec bruno Rageau et Thierry Collen, je me suis allongé pour une fausse sieste ( on ne dort pas mai on reste allongé au calme) les jambes ne sont pas au mieux puis j'ai donné priorité à ma famille, pas d’ordinateur, pas de messagerie … et le téléphone a sonné plusieurs fois. De toutes façons il fallait bien que ce qui mes amis racontent leur propre Dimanche et me demande de mes nouvelles. En effet, le marathon a toujours ce côté magique pour les non-initiés mais aussi pour ceux qui l’ont couru et ceux qui le courent encore.

« Faire son deuil », cette expression suscite de la tristesse car elle comporte une référence à la mort, c’est assurément culturel ou bien religieux ou philosophique de rester sur cette image de fin triste. Rappelez vous ne serait-ce que deux belles chansons, ou bien si vous ne les connaissez pas cherchez à découvrir celle de Claude Nougaro Dansez sur moi et celle de Jacques Brel Le Moribond. Voilà pour faire référence à la fin qui n’est nullement triste.

Donc pour une dernière fois, j’ai bouclé la distance mythique et je dois faire le deuil de cette course car pour résumer, hier je me suis forcé à terminer alors que dès le 25ème je voulais abandonner, j’avais prévu d’être dans le dur à partir du faux plat du 36ème après rolland garros et le long du périphérique car j’avais établi un plan de course « plaisir ». Dans ma tête je n’ai cessé de penser à Béatrice et Dominique à qui je dédie ce marathon et je me disais : « arrête de te lamenter, tu n’as même pas mal, pense au bonheur d’être en bonne santé, à celui très simple de pouvoir courir. Tes enfants qu’ils soient à Rennes, en Allemagne, en Espagne vont demander est-ce que tu l’as fait, pour eux, 3h 4h .. c’est pareil, ne laisse pas cette image de celui qui abandonne à chaque fois » du début des quais de Seine jusqu’au trocadéro, je me disais, si tu arrêtes tu peux faire un tout droit sans passer par le bois de Boulogne. Mais je repassais dans ma tête ceux qui comptent pour moi et après tout, ce n’est qu’un moment à passer et si j’arrive à dissocier, la souffrance ne sera que superficielle.

Depuis le départ je n’ai jamais réussi à trouver une allure de confort et pourtant j’avais volontairement couru presque lentement, c’est à dire légèrement moins vite que mon allure travaillée pour pouvoir être fort sur la fin, jamais je ne suis arrivé à courir sans penser à courir sans trouver le plaisir de regarder autour de moi ou bien me renfermer dans ma bulle et écouter une musique dans ma tête. La boucle est bouclée, mon premier marathon était à Paris, j’avais pleuré de joie, ceux qui ont suivi m’ont toujours tiré des larmes ou tout du moins des serrements dans la poitrine, des frissons de bonheur. A une semaine d’intervalle j’ai connu de l’émotion très très forte à l’arrivée du semi marathon de Thierry et le non plaisir à Paris.

Que mes amis sachent que je n’ai pas encore décidé de prendre une licence dirigeant, je continuerai à être compétiteur. N’ayez pas peur, je ne vais pas de suite devenir le gars ventripotent sur le bord de la piste chronomètre en main qui crie : « plus vite feignasse, bouge toi le … »

Ci dessous, vous avez un exemple de bonheur qu’on peut vivre sur un 10km … couru à fond. C’est le récit de Bruno Charles qui avait hont d’être heureux comme un gamin pendant que son coach s’était ramassé sur le marathon.

CR du 10 km de Chavagnes.

Réveil à 5h45 , j'aime bien avoir 4 h de digestion avant une compet , petit dej habituel , café noir , pain et nutella (j'adore)

7h30 , arrivé de Johnny , on boit un petit café , on papotte et on se décide à partir , je dégéle la voiture et tout d'un coup mon portable sonne et surprise (ça ne m'étonne pas de lui en fait) c'est charlie , il vient prendre de nos nouvelles , il vient pour me donner un coup de fouet , ma dernière spé 10 km (3000-2000-1000) a été laborieuse et charlie sait que j'ai besoin d'être rasuré , ce qu'il fait , il me dit que j'ai les jambes pour aller vite , ça m'a fait un bien fou de l'entendre lui qui est à Paris à 3/4 d'heure du départ de son marathon , au lieu de penser à lui , il pense à nous à moi , il me dit aussi qu'on va courir dans le pays d'un champion , Dédé et qu'on doit faire honneur à ce phénoméne , je dis ça à John , on se quitte , je lui souhaite tout le meilleur pour son marathon sans savoir que c'est l'inverse qui se produira.

Echauffement avec Johnny , très cool , on se prépare mais à 15' du départ , grosse averse de gréle , on se réfugie dans la voiture , la températiure a chuté , on ressort, ça caille , on décide se mettre un tee-shirt sous notre maillot , on ne le regrettera pas , on a eu un peu froid a un moment.

Coup de pistolet du pére Boutard , au moins 30 gars sont devant moi , je suis surpris , je me dis que je n'avance pas , c n'est pas possible , le 1 er kilo arrive , j'entend 3'17 , et bien je suis pas si mal en fait , je suis rassuré , pas pour longtemps , au 2 éme je m'aperçois que mon lacet est défait , pourvu que ça tienne car pas question de s'arrêter , je maintien mon allure , je commence à revenir sur 2 gars au 3 éme , je rattrappe Didier Legay , pendant un instant je me suis dit , Bruno reste derrière , tu es avec un costaud mais surprise , il n'avance pas assez vite à mon gout et je reprend ma marche en avant non sans me dire que ce n'est pas possible que je tienne comme ça pendant 10 bornes , je vais exploser ,c'est obligé !

Je pense au 5 éme en 16'50 , je rêve et je continue , j'attend "mon mur" qui ne vient pas , j'ai un peit coup de moins bien après le 8 éme et 2 gars me passent mais je m'accroche ils me prennent 5 mêtres mais je ne lache rien et je fini au sprint comme un dératé pour les sauter avant la ligne , je vois le chrono , je sais que je suis en moins de 34' , je léve les bras comme si j'avais gagné , les gens doivent me prendre pour un fou , j'en suis un , un fou de joie , de bonheur , je viens de réaliser ce que charlie m'avait prédit , il était le seul à y croire. Je vais vite dire ma joie à Johnny qui a finit 3 éme , c'est super après sa blessure , il est très content pour moi comme d'habitude , John , il est heureux quand les autres le sont , comme m'as dit une amie , c'est un "vrai gentil" et un vrai ami !

Cette course j'en suis fier car je me suis fais violence pour y arriver , sans charlie je ne serai jamais arrivé à ce niveau , c'était un rêve , un rêve que j'ai réalisé grace à toi coach charlie mais pour moi tu es beaucoup plus que ça , je suis doublement heureux d'avoir réalisé ce chrono car tu m'as dis que ça t'avait procuré beaucoup de joie et ça ça me fait plaisir , surtout aujourd'hui ou tu n's pas eu la chance de faire la course que tu souhaitais , que tu méritais , tu m'as dis un jour que je méritais le bonheur de courir mais tu mérites beaucoup plus que ça avec tout que tu nous donnes , si j'ai pu t'en donner un peu aujourd'hui , je me dis que j'aurai fais quelque chose de bien , j'en suis heureux.

au plaisir chrlie , bonne récup.

il faut toujours y croire , je bats mon meilleur temps de 35" ; 33'53" à 45 ans , je suis heureux , tout simplement !



D'autres récits vont venir avec des fortunes diverses, il y a eu des échecs sur lesquels on pourra bâtir des plans d'améliorations et des succès qui font du bien au moral, par exemple Bruno Rageau a amélioré son chrono de 12 minutes sur marathon, Patrick Bauchat 10 secondes sur 10km sur le même parcours, Johnny a fait une belle troisième place alors qu'il revient de blessure. Oliv a vécu une expérience que je vous invite à lire sur son blog. Manu a fait un excellent travail à Cheverny, pourtant la veille il était encore malade, il a tout simplement fait le meneur d'allure et a assuré les 3h00, il a dit au 39ème que ceux qui veulent descendre sour les 3 h démarrent et il a attendu ceux qui peinaient ! Grandiose !

5 commentaires:

S. Jaubert a dit…

Tu ne seras jamais "le gars ventripotent sur le bord de la piste" ! Une page ce tourne mais il y a d'autres façons de courir, d'autres distances...

Manu a effectivement fait un excellent travail. Au 39ème il est revenu sur moi, il m'a dit que c'était bon pour moins de 3H, j'ai eu le temps de parler un peu avec lui, mais j'ai craqué...

charlie le hoangan a dit…

s. Jaubert a dit...

il y a d'autres façons de courir, d'autres distances...

en effet, je compte me faire plaisir encore longtemps sur les cross, les 10km, les semis, les trails ...

Anonyme a dit…

Je ne comprends pas ce blocage Charlie ?

Cest dans la tête que ça se passe. Tu as tout d’un athlète complet. Tu as fini un 100 bornes en étant facile, ce que je n’oserai jamais faire. Il n’y a pas lieu de faire ton deuil sur la distance mythique. Il faut continuer d’insister en faisant autrement jusqu’à ce que cela se déverrouille en toi. Il y a à mon avis de la fatigue quelque part et le doute joue le rôle d’un véritable poison.

Sadok.

Momo a dit…

On en a discuté au téléphone du plaisir Charlie.. Je ne vais pas te contrarier là dessus.
Pourtant ceux qui te connaissent ont du mal à pcroire que tu ne mettras plus de dossard pour la distance mythique. Prends un peu de recul et qui sait ....

Bruno, magnifique ta course. J'en retiens que l'on peut progresser encore et encore. Maintenir la flamme allumée coute que coute et un jour ça paie.
Bravo à toi

Anonyme a dit…

merci Momo , ça me touche , c'est exactement ce que j'ai dis à Charlie , il va rebondir , c'est obligé , les émotions c'est sur le 42 km 195 qu'on les ressens , pas ailleurs. Momo parle de flamme mais si j'ai battu mon record c'est grace à toi , grace à cette flamme que tu nous trasnmets , c'est notre record , n'oublie pas la complicité entraîneur athléte , aujourd'hui c'est "tes" athléte qui veulent te redonner cette flamme qui nous fais avancer et progresser.
Bruno C