mercredi 1 mai 2013

Karim a couru à Belvès le 27 avril 2013

Mon ami Karim a couru plusieurs années avec le maillot de mon club la JA Melesse,
Il fait partie de ceux que j'ai encouragés à courir les cross l'hiver pour être fort au printemps sur le marathon, course qui nous a permis de nous connaître et qui nous a fait progresser tous les deux, Karim comme remarquable marathonien et moi comme son humble entraîneur.
Nous nous voyions sur Paris quand j'y bossais et Karim venaient aux championnats de cross en Ille et Vilaine et au Bretagne, le TGV a été pour nous deux bien pratique sur le ligne Montparnasse-Rennes.
Le hasard fait que tous les deux sommes de Châteauroux, j'y suis né et n'y suis resté que mes premières années, Karim a trouvé un job dans son Berry natal alors il s'y est réinstallé. La course à pied a été mise entre parenthèse un bon bout de temps et comme Karim n'avait plus les sensations du temps où il courait le marathon en 2h36, il a fallu reprendre le cross pour retrouver de la vitesse et de la gnaque, nous avons convenu que les trop nombreuses heures en voiture pour faire Chateauroux-Rennes étaient néfastes, improductives et le championnat du monde de Bretagne de cross devenait trop cher, Karim a muté dans le club de sa ville, La Berrichonne et il a enfin pu participer aux cross à côté de chez lui.
J'ai eu le plaisir de le préparer et le conseiller aux 100kms de Millau sans pression du chrono, j'ai eu le bonheur d'être là à côté de lui sur le vélo, il a fait une belle 26ème place en 9 heures. A Belvès, je n'étais pas là sur le vélo alors Karim a écrit un papier pour raconter sa course, je crois que ça vaut le coup de lire ce sacré compétiteur, c'est un bon cent-bornard ! Il signe à la ... d'un Z qui veut dire Zyend son nom d'artiste !
 
Belvès 2013.
Je ne sais pas comment aborder le Compte Rendu de cette course. D'habitude, on fait ça dans l'ordre chronologique de la course. On parle du départ, des kilomètres qui défilent avec leurs difficultés respectives. Là, presque 72h après, j'arrive toujours pas à remettre les pièces du puzzle en place.
C'est la première fois que je me souviens d'une course en bribes désordonnées. Mais les sensations sont intactes.

La préparation a débuté tout début novembre avec la saison de cross.   Après Millau je tenais absolument à retrouver vitesse, du pied et une foulée digne de ce nom avant d'aborder la préparation à la mi-février.
Voilà, l'objectif était dans le viseur, restait plus qu'à être patient et sage. 

Première difficulté: arriver à Belvès en voiture sous des trompes d'eau ! Bonjour la météo. Mais bon, les dieux de l'athlétisme étaient avec nous. Mais moi et les divinités...nous dirons simplement que nous avons eu le cul bordés de nouilles.
Malgré tout, à mon habitude, j'ai déserté pasta-party pour rester dans ma petite bulle de savon avec ma Céline et Antoine mon suiveur vélo, le stress de la course au fond de la gorge.
Pour Antoine, ça sera sa première expérience de suiveur, et l'idée de vivre un 100 km de l'intérieur sans courir l'a beaucoup séduit

Vite, très vite je me retrouve sur la ligne de départ, serein. Pas assez expérimenté pour prédire mon chrono, assez pour être presque sûr de faire mieux qu'à Millau.
Dans le sas, j'en profite pour échanger quelques mots avec JP et Alain Pagès qui auront eu l'extrême gentillesse de m'accrocher mon 2ème dossard dans le dos in extremis :)))
PAN ! C'est parti, un tour dans Belvès, un petit coucou à Vincent Gouzerch, et ça y est, on y est. J'y suis...je glisse. 

Je déroule naturellement, en situation de confort. On descend une vilaine pente qu'il faudra remonter, mais ça c'est une autre histoire. 
Mon prochain objectif c'est d'intercepter mon suiveur au point de jonction. Ca fuse de tous les côtés, les Européens, les anonymes, des open, ceux et celles que je reverrai très certainement plus tard 
Et les autres qui resteront définitivement devant moi 

Je retrouve Antoine mon suiveur, et l'aventure commence vraiment.
J'ai envie de raconter plein de trucs, mais je ne sais pas par où commencer. J'étais bien, je regardais le paysage, les champs et les terres en culture. Un château par-ci par-là, quelques coups d'œil au chrono et au cardio.

Alors que les kms défilaient je pensais à la texture de la terre de la région qui me semblait fine et d'une belle couleur différente de ma région où elle est plutôt lourde et laborieuse à travailler. Bon on s'occupe l'esprit comme on peut. Moi j'aime bien.

J'ai un peu mal aux lombaires...je m'en veux car avec le soleil des jours précédents, pas pu m'empêcher de bosser dans le jardin, rentrer du fumier, bêcher, moto-biner, biner, sarcler...Tout ça se paye 
Mais ça n'est pas très douloureux et au fur et à mesure de la course ça s'est estompé.

Clac, 20 bornes sont déjà passées. Antoine me passe les ravitos que je lui indique dans la zone dédiée. Lui aussi appréhende un peu son rôle de nounou et guette le moindre changement d'allure, d'humeur, de foulée.  Je l'ai prévenu l'avant veille, y aura des moments où je serai dans le creux de la vague. 

Tout ça est passé vite jusqu'au 50ème. J'ai été étonné par-contre de croiser très tôt (aux alentours du 40/45ème) des coureurs européens, certains marchaient déjà. J'ai aussi compris que le parcours était délicat et compliqué à gérer.
Les raidillons après le 35ème je crois, mine de rien, commencent doucement leur travail de sape pour laisser place à des descentes compliquées avant de prochaines bosses tout aussi casse-pattes.
Passage au marathon en un peu plus de 3h10...cela me ramène 8 ans en arrière où je m'étais entraîné dur pour faire mon premier marathon en 3h15 

On arrive au 50ème, grosse ambiance, je suis toujours bien alors qu'au même km à Millau en 2012, j'étais déjà dans un creux de vague 

La seconde partie, quand on regarde le profil, on se dit qu'elle est globalement plus roulante que la 1ère. Ben en fait, Non. La fatigue faisant j'ai trouvé cette seconde partie vraiment compliquée.
A partir du 55ème, j'ai commencé à glisser doucement dans le creux de la vague sur laquelle je surfais. Point de fatigue, point de problèmes  gastriques ou autre, non, juste un mal de cuisse terrible. Quelle frustration 

Première erreur, je comprends que j'ai largement sous-estimé la difficulté du parcours et si j'avais su, j'aurai intégré des sorties en terrain beaucoup plus vallonné. Bon ben voilà, faut apprendre !
L'allure baisse très légèrement. Les souvenirs sont flous. Je me souviens juste d'une longue traversée dans le dur du 60ème au 78ème. Ponctuée de colères, de coup de gueule sur moi même et de menaces de grève !

Outre la souffrance physique, des petits détails me montent au crâne, le moindre cliquetis sur le vélo du suiveur me vrille les tympans, bref tout m'énerve. Mais je m'efforce de prendre sur moi et de ne pas japper après mon suiveur, là aussi j'ai retenu mes leçons, pas vrai  Charlie ? 

Et puis Paf, j'ai compris. Ca y est, une leçon de plus apprise. Je ne peux pas mener un 100km comme un marathon dont la durée de course fait qu'on peut se permettre de se mettre dans le rouge écarlate pour tenir l'allure. Je me rends à l'évidence.

Maintenant, faut terminer la course en positivant. Je positive, je dis à Antoine qu'à partir de maintenant, au km 80, plus d'arrêt, on termine en courant, on rentre ensemble doucement tranquille, pas yallah yallah, juste doucement tranquille. Bon on est quand même entre 4'50 et 5'10 au km. Ca avance quoi.

Antoine est rassuré, j'ai bien senti que ces derniers km il ne savait pas trop comment m'aider. Je l'avais prévenu l'avant veille: "...dans les moments difficiles, reste en retrait et laisse moi gérer...et surtout ne me propose jamais de lever le pied !.."
J'ai discuté de cela avec lui après, et je comprends que c'est difficile pour le suiveur de laisser, impuissant, le coureur baigner dans son jus.

Clac, la locomotive est repartie. Et vous me croirez peut-être pas, mais je ne me suis réellement pas arrêté (à une exception près autour du 99ème km... )
Il s'est mis à pleuvoir, et j'ai retourné ma casquette en mode cross. C'est de bon augure.

La suite, c'est que du bonheur, une sensation de douce euphorie mêlée à de la souffrance amère. Faut serrer quand même les dents, mais bon on était sur le chemin du retour. Puis très vite Fontgauffier et la montée pas si terrible que ça comparée aux difficultés du parcours...

500m avant l'arrivée, je me souviens d'une petite vieille à sa fenêtre qui m'encourage. Je lui dis que j'en ai raz le cul et que j'ai envie de m'arrêter pour boire une bière. 
Elle ne l'entendait pas de cette oreille: Ah non ! Pas maintenant, tu continues, dernier virage et après c'est la ligne d'arrivée.
Bon. Je fais partie de ces gens qui écoutent (encore), les anciens (je sais c'est devenu ringard comme concept) et qui s'exécutent sans trop discuter quand ça chauffe. 

Bon ça a l'air simple comme ça, mais j'étais mal en point, je passe la ligne d'arrivée au bord de la syncope, direction la tente de masseurs.

Au delà de la douleur physique, parce que j'ai quand même mal partout, je suis réellement content et ému d'avoir passé la barre des 8h. Je l'envisageais, mais compte tenu du parcours j'avais émis des réserves légitimes.
Je suis aussi satisfait de ne pas avoir commis les mêmes erreurs qu'à Millau et content d'avoir encore appris sur cette distance. J'aborderai mon prochain 100 km avec beaucoup plus de confiance je pense.

Le prochain ça sera sur du plat, qu'on se le dise. Je m'attaquerai peut-être au record de l'Indre :)

Je salue également mes copains du club de La Berrichonne Athlétisme qui ont fini respectivement en 9h25 et 9h29 nous permettant de finir en Bronze, 3ème par Equipe.

Et naturellement, je pense fortement à tous les coureurs qui ont aussi eu la chance de courir et de passer la ligne d'arrivée.

Z.

lundi 22 avril 2013

Dans mon car il y avait

Mon car est parti de Rennes un vendredi après midi, j'étais au travail sur Paris alors nous nous sommes donné rendez vous à Lille, nous y avons diné et nous avons embarqué pour Rotterdam.
A un moment donné, les inscriptions sur les panneaux n'étaient plus compréhensible par nous autres, simples francophones. Nous avons longé des villes qui méritent des détours comme par exemple Bruges, ce sera une autre fois,  nous sommes arrivés à notre auberge tard dans la nuit ou bien trop tôt le matin, dans le foyer, il y avait du monde et la pompe était encore en action, il fallait même changer un fût.
Après une nuit où ceux qui n'avaient pas de boule Quiès ont été gênés, nous avons déjeûné et dirigés vers le village marathon. Nous avons traîné un peu aux divers stands du salon exposition où nous avons récupéré nos dossards et posé pour une photo de groupe.

L'après midi, certains ont fait la sieste et à leur réveil, les camarades de chambrée avaient été très discrets, très silencieux et étaient partis, qui pour une promenade en bateau sur la Meuse, qui pour une escapade dans un parc, dans les rues et le long des quais. 

Chacun s'est choisi un restaurant de pâtes ou bien des habitués des courses se sont préparé eux même leur pasta-party avec la cuisson bien maîtrisée Al Dente.

Le marathon n'a été une formalité pour personne même s'il y a eu différentes réactions à la montée subite de température. Nous nous étions tous entraînés plusieurs semaines en hiver, le printemps n'avait pas voulu pointé le bout de son nez avant … le matin même de la course.

Nous étions plusieurs dizaines à courir le marathon et une dizaine sur le 10km.
De toute la troupe de marathoniens, je suis arrivé le premier à l'auberge et j'ai eu le plaisir a être le premier servi en boisson pétillante de récupération et directement au format "pinte". Les autres étaient étonnés de me voir si tôt, je leur disais que j'ai couru en 2h25 avec précision que mon marathon ne faisait que 26 km et non pas 26 miles ou 42 kms.
Quand tout le monde a pris sa douche, ingurgité des pintes, nous avons rejoint notre car.
Nous avons entamé notre retour vers Rennes, chacun a pris le micro pour raconter sa longue histoire d'une très longue course d'endurance.

Il y avait
le plus jeune du groupe, pas encore 15 ans, qui a couru son premier 10 kms,
Il y avait
le plus agé qui a largement dépassé la soixantaine, les initiés à la course à pied en France parle de V3 et bientôt V4, notre vétéran a couru son premier marathon, qu' importe son temps, c'est une performance qu'il n'oubliera jamais,
Il y avait
un autre jeune vétéran, jeune coureur de quelques années, qui a couru son premier marathon et a doublé des anciens qui ont eu leurs heures de gloire il y a quelques années.

Dans mon car il y avait ainsi deux néo-marathoniens.

En plus de ceux-ci, il y avait des néo-dixbornards, des jeunes venus avec leurs papas qui étaient si fiers, presque aussi fiers que l'entraîneure de ces jeunes. Il y avait une nouvelle qui s'est essayée à courir comme son copain.

Dans mon car,
il y avait
des visages béats,
des visages de marathoniens qui se croyaient quelques temps déçus par leur performance.

Il y avait des garçons qui ont été plusieurs fois champions de France par équipe.

Il y avait des vétérans qui ne vont plus aussi vite qu'avant,
qu'importe la vitesse indiquée par un GPS, ou calculée en divisant son chrono final par 42,195.

Certains allaient vite, idont un avec un chrono à Rotterdam en 2h21 et maintenant, s'ils regardent la montre sont déçus, pas tous.

Il y avait un gars qui était dans le car à l'aller, il a couru en 2h35'52 son nouveau record personnel, donc très content, derrière lui, il y avait notre copain qui a fait 6 minutes de plus que son record personnel à Paris, autre lieu, autre temps. 
Il y avait à la fin du peloton, une fille qui avait couru en 3h46 et là en 4h07 heureuse, une autre en 3h08 et là en 3h17, déçue, des arc-boutés juste au dessus des 3 heures et là au delà des 4h15 satisfait d'avoir accompagné; 
à la finale, on ne sait jamais quelle est sa plus belle course car on se dit que la prochaine peut être encore plus belle. Il y avait des chercheurs de chrono et il y avait ceux qui sont heureux de courir tout simplement parce qu'ils ne peuvent plus performer.

Il y avait dans mon car,
des visages heureux parce que si eux-mêmes n'avaient pas ressenti la merveilleuse sensation d'être au dessus du bitûme, d'avoir un pied qui touche à peine le sol, de trouver des moments de plénitude où le temps n'existe plus, les adversaires ne sont plus que des partenaires pour accomplir sa plus belle course en se surpassant, ces visages heureux étaient magnifiques parce qu'ils partageaient le bonheur des autres.

Dans mon car, il y avait,
une, deux ou trois personnes qui avaient eu des coups durs ces derniers temps, soit l'expérience d'une perte d'emploi, soit celle de la perte d'un parent, d'un ami, d'un mari, d'un amant et le passé n'était pas assez loin pour atténuer les peines, les soucis matériels, la souffrance des moments de manque, mais dans le car il y avait suffisamment de simplicité pour savourer notre bonheur, que le temps s'était suspendu.

Dans mon car il y avait,
des marathoniens qui s'en voulaient de ne pas avoir réalisé le chrono préparé avec leur coach et alors, … leurs coaches eux-mêmes avaient été en deça de ce que promettaient leurs propres préparations.

Dans mon car, le coaches s'en fichaient des chronos.
Dans mon car il y avait tellement de bonheur.

C'était le temps d'un week-end, le car a déposé tout ce petit monde le lundi matin avant l'aube.
Nous avons pour certains repris le travail quelques heures après.

Je me souviens de ce temps suspendu, comme j'aimerais me retrouver dans mon car de Rotterdam !

ah oui ! j'avais oublié ...
Dans mon car, il y avait des buveurs de bière des buveurs d'eau, des omnivores, des adeptes de régimes bizarres, des ouvriers, des manuels, des intellectuels, des chefs d'entreprise, des chefs, des sous-fifres, des agnostiques, des athées, des croyants, des sensibles du côté du coeur, des attachés du côté du foie et je suis sûr que chacun a envie de retourner dans mon car.
 

mercredi 17 avril 2013

Stratosphère, julien mon fils cet autre moi, rêve de marathon

Dans la stratosphère,
le poète dit qu'il n'a plus les pieds sur terre, qu'il s'éloigne car il est léger il est aérien il vole au dessus de tout il a une vision magnifique, il est dans les nuages; le jeune qui veut comprendre et appréhender la "vraie" vie, celle qui est faite d'eau des rivières et des océans, de terre avec ses minéraux, le feu des volcans, l'air du vent, et qui veut classer, mesurer, peut dire que c'est haut c'est entre 8,5 et 20 kms d'altitude.

Moi je suis tantôt un scientifique et tantôt un amoureux de l'art alors j'aime parler de nuages, de rêve, de survol de lieux tellement beaux qu'ils doivent être imaginaires.

Sur terre, nous sommes le 17 avril 2013, mon fils Julien est né il y a juste 25 ans, il aurait pu être mathématicien plutôt tourné vers la géométrie puisque tout petit, il "voyait", l'arithmétique, les additions et les multiplications n'étaient que  des symboles et il "voyait le résultat dans ses yeux", par exemple, à peine connaissait-il les chiffres qu'il avait dans ses yeux des dés à jouer et il voyait trois dés avec sur la face 3 points et savait que cela faisait 9.

Mon fils julien a ce prénom car Babeth sa maman l'avait en quelque sorte choisi dès son enfance, elle avait un "baigneur" qu'elle avait prénommé ainsi; de mon côté quand j'ai été convaincu à la lecture du monde selon Garp de john Irving qu'un jour je devrais écrire, j'ai commencé un roman dont le personnage essentiel vivait dans son appartement envahi par des livres et lui aussi s'appelait Julien.
Julien, c'est moi il y a longtemps, être sensible, chercheur, exigeant, plein de contradictions et voulant changer le monde.

Aujourd'hui mon fils, sans le savoir m'a fait lire beaucoup d'auteurs et m'a indirectement offert de nombreux moments de plaisir à découvrir des textes précieux issus de l'antiquité et aussi des plus récents, des penseurs du siècle des lumières et des contemporains.

Le temps est tellement élastique, Julien a un quart de siècle, moi j'en ai plus du double mais j'ai la possibilité de voyager dans le temps. Il y a des livres fantastiques qui nous replongent dans l'histoire et nous montre qu'aujourd'hui nous devons nous nourrir de gens formidables qui ont agi il y a longtemps et qui ont laissé leur trace parce que nous pouvons vivre avec des valeurs éternelles et pourtant fragiles.

Le dernier roman qui m'a fait pleurer de bonheur est le troisième volet de la trilogie d'Eytan de David S. Khara, il y a le projet Bleiberg, le projet Shiro et le dernier le projet Morgenstern. C'est tout simplement, une mise en place des personnages   (bleiberg, pourtant captivant), puis ceux-ci sont en action (shiro) et enfin, sans commune mesure avec les deux premières histoires, une montée surprenante vers un pur plaisir de retrouver des valeurs de l'humain, de la famille (un père adoptif, un fils adoptif, et d'autres oncles ou neveux ou fils adoptifs ou père adoptifs, pour comprendre lisez le projet Morgentern et les deux autres livres (hi hi hi)).

Si stratosphère a été le mot que m'a inspiré mon dernier week-end de course à pied, je ferais une parenthèse pour aider à comprendre comment je suis arrivé dans les nuages, le film de Christopher Nolan est aussi une de mes inspirations, quand David S. Khara déclare qu'il écrit des livres à l'image des livres qu'il aime ou aurait aimé lire, je dis que le scénario d'Inception, j'aurais aimé l'écrire, c'est ce que je pensais à sa sortie en salle et encore quand il a été diffusé à la télévision.

Ceux qui ont vu le film me comprendront et pour ceux qui sont obligé de le voir après avoir lu ce papier, voici le principe: Grâce à un produit chimique plusieurs personnes partagent un même rêve, la réalité c'est qu'il y a des rêves imbriqués, nous rêvons et dans notre rêve nous sommes dans un autre rêve, le temps est exponentiel, par exemple dans un rêve imbriqué il se passe plusieurs heures alors que dans le rêve au niveau inférieur, il ne s'est passé que quelques minutes, pour illustrer cela, une fois à moto, je me suis endormi à l'entrée d'un virage au moment où je penchais, à la sortie je me suis réveillé et dans mon rêve il s'était passé toute une histoire abracadabrante; une autre fois je rêvais que je fumais et j'étais furieux car ce n'est pas bon pour la santé et pas bon pour la course à pied que je pratique, dans un soulagement qui se concrétisait dans ma poitrine un poil douloureuse, je me réveillais et me disais que c'était un cauchemar et que j'étais heureux au réveil de constater que je ne fumais pas, il faisait beau, il y avait une belle lumière plutôt bleue dans la cuisine, le plus drôle c'est que je commençais ma journée et j'étais très bien dans ma peau jusqu'à ce que tout s'arrête puisque je me réveillais dans ma vraie chambre et que j'étais dans le noir car babeth est réveillée par la lumière du jour, et je me disais que la cuisine dans laquelle j'étais ne ressemblait en rien à la mienne à Rennes qui est toujours à l'ombre côté nord.

Avec David S. Khara, je voyage dans le temps entre la deuxième guerre mondiale et aujourd'hui, avec Christopher Nolan, je voyage dans des rêves imbriqués, avec mon club d'athlétisme j'ai voyagé géographiquement entre Lille, Rotterdam et Rennes. Après une semaine de travail à Paris, vendredi, j'ai pris le TGV et j'ai rejoint mes amis à Villeneuve d'Ascq car le car faisait une pause et ensemble nous sommes allés à Rotterdam et sommes revenus à Rennes Lundi matin.

En ce moment, je dois être dans un premier niveau de rêve, tout est idyllique. Dans mon rêve, il y a Babeth qui tous les jours m'apporte du bonheur, de la complicité, de la sérénité, en toute simplicité, je suis bien. Dans notre rêve commun, nous sommes d'abord tous les deux et puis nous fondons une famille très soudée, il y a nos deux filles et nos deux garçons, Camille l'ainée, dont je suis fier parce qu'elle pense aux autres elle est médecin pour la santé de ceux qui croisent sa route, elle n'est pas chirurgien esthétique ou négociateur pour produit pharmaceutique, elle soigne le corps et sans doute quelquefois elle soigne les bobos de la tête, mon garçon Pierre est l'exemple même de celui qui ne se prend pas la tête, on lui demande quelque chose, souvent cela n'a aucune incidence désagréable ou tout du moins il ne voit rien de négatif alors il dit:"d'accord", il y a Marie qui dès qu'elle le peut, cherche à faire un petit truc qui nous fera plaisir et puis il y a Julien, le philosophe, celui qui aime la sagesse et pourtant il sait, nous savons, qu'il n'est pas sage. Aimer la sagesse n'est pas la garantie qu'on soit sage. Aimer l'art ne veut pas dire que l'on soit artiste. Aimer les livres ne veut pas dire qu'on soit écrivain. Comme David S. Khara, j'aimerai écrire un livre que j'aimerais lire. Il y a du futur et du futur conditionnel. Il y a un présent qui paradoxalement n'est un cadeau que pour peu de personne à tel point que quand je ressens de la joie comme un immense cadeau, je me dis que c'est irréel que c'est un rêve, ne me pincez pas svp.

Dans mon rêve il y a babeth, les enfants et les amis; certains amis sont des coureurs, d'autres des philosophes qui s'ignorent.

Il y a eu un rêve imbriqué, dans ce rêve à Rotterdam, il paraît que ça n'a duré qu'un Week-End, Dans mon sommeil de moto qui n'a duré qu'un seconde, le rêve semblait durer longtemps. Dans inception, il y a un rapport de 20 entre les niveaux, une seconde dans la vie cela donne 160 000 secondes au niveau 4 en gros 2 jours. autrement dit, une année c'est quelques minutes.

A me remémorer Rotterdam, il y a eu tellement de joie que certains croient avoir vécu une éternité.

Pourtant, nous nous sommes déplacés pour un marathon ou un 10km. En athlétisme, la mesure est plus que symbolique, on parle de record en terme de temps couru, de record en terme de distance sautée ou de distance parcourue par un engin, ou de hauteur atteinte avec ou sans perche, dans notre spécialité la course de fond, nous enregistrons, donc "we record in english" un temps pour le marathon, en heures minutes et secondes. Le marathon c'est officiellement 42,195 kms ou 26,224 miles. Pour chacun des marathoniens du club, l'objectif n'est pas le record du monde en 2h03'38 de pascal Makau à Berlin, c'est de faire un marathon de rêve. Le rêve de chacun est différent, nous partageons quand nous faisons ce genre de déplacement de club l'espace, le lieu, le temps mais n'avons pas le même rêve.

Un athlète qui n'a jamais parcouru la distance mythique ne veut que terminer et si possible dans un bon état. 

Un jeune marathonien qui s'est entraîné dur veut performer et sans doute battre son record personnel. Un vieux marathonien se motive pour faire le mieux possible. Un marathonien philosophe, veut enlever pour un temps son côté rationnel, il ne veut pas dissocier l'esprit et le corps, il veut ressentir la course parfaite et sans doute pleurer à l'arrivée comme lors de la première fois.

Un marathonien qui a déjà couru des dizaines et des dizaines de marathons, sait qu'il ne sait pas s'il a déjà couru son plus beau marathon ou s'il peut encore vivre un marathon de rêve, son rêve de marathon.

Nous sommes 3 jours après ce marathon de Rotterdam, il y avait un car rempli de coureurs de mon club, il y avait ceux qui constituent le bureau, c'est à dire ceux qui sont plus souvent à réfléchir, à travailler pour que vive notre association, il y avait ceux qui entraînent les jeunes et les moins jeunes, il y avait des accompagnateurs, la famille de coureurs. Mon pur bonheur est de les avoir tous vus heureux, heureux du travail bien fait que ce soit en organisation comme dans la course elle même.

Tous souriants voire béats, c'est sans doute que nous étions dans la stratosphère ou au moins dans un de mes rêves imbriqués et partagés.

Des après marathons, j'en ai vécus plusieurs dizaines, je n'ai jamais été seul, quelquefois nous étions deux, par exemple avec dédé, le monsieur de la JA Melesse qui a encore le record du club 2h20 à Nantes et quinze jours après 2h21 à Rotterdam, il a le droit d'en être fier et cela ne l'empêche pas d'être un des plus travailleurs et bénévole dès que l'occasion se présente. Quelquefois nous étions une petite poignée comme à Berlin ou les costauds ont fait un tir groupé franki en 2h36, lolo en 2h37 et Karim en 2h38. Une fois, j'ai accompagné Nadine qui arrivée au club faisait 4h13 et avec de la patience et l'entraînement a réussi 3h46 au marathon de Vannes. 
Bon, comme il y en a eu des dizaines je pourrais citer en m'excusant pour les autres les marathons courus avec les enfants dans la joëlette et là le chrono n'avait aucune importance.
Il y a des bonheurs qui n'ont pas besoin de chiffre, de mesures, c'est de l'athlètisme, de la course et ce sont surtout des rêves partagés.

Le marathon fait officiellement 26 miles, pour ma part, je n'ai trottiné que 26 kms, il y a donc erreur sur la distance mais ce que je retiens c'est que toute la préparation m'a permis d'aller à l'entraînement avec moi comme centre d'intérêt, je me suis astreint à des séances semblables à mes athlètes. pour plagier je ne sais qui, qu'importe la destination, vive le chemin. Une préparation peut durer toute une année, ou bien 8 semaines, en tous cas, chaque sortie est un moment de bonheur.

A chaque départ de course je redeviens un débutant, il faut garder un peu de peur de l'inconnu, une part de surprise, il faut sourire ou rire des imprévus et j'aime à constater qu'à Rotterdam, j'ai fait une erreur de débutant, j'aurais dû mettre une casquette pour me protéger du soleil, ce sacré soleil qui a fait tellement défaut pendant tous ces longs mois d'hiver.

Donc je n'ai parcouru que la première boucle à Rotterdam, et j'entendais souvent charlie Hop, qui veut sans doute dire vas y charlie, ou go go charlie go. Mais j'avais la sensation que ma tête était dans une bouilloire.

Cette fois ce n'était pas de la musique tranquille dans ma tête comme Mozart aux 100kms de Chavagne en 2007, mais c'était bien sympathique malgré le fait que je me sentais fiévreux.

Passé au vestiaires, je suis allé aux douches et ce n'était pas comme en 2001 des douches collectives et mixtes, c'était un bloc avec plein de douches individuelles, c'était la solitude du coureur de fond. 
Je me suis empressé de rentrer à l'auberge et j'ai, dès mon arrivée, commandé une première pinte. Au fur et à mesure de l'arrivée des copains étonnés de me voir là avant eux, je disais que j'avais fait 2h25 en précisant que mon marathon n'avait fait que 26kms.
Chacun a raconté rapidement son histoire autour d'un verre. Ca n'a pas été un rêve pour beaucoup le temps de la course puisqu'il y a eu de la chaleur subite et du vent fort par moment.
Le public a été pour beaucoup pour le sourire arboré par les coureurs malgré quelques déceptions.
Nous avons embarqué dans le car en fin d'après midi, une fois réhydratés, douchés et très rapidement, chacun a pris le micro pour raconter et donner ses impressions, comme j'étais à l'avant je voyais les mines réjouies.
L'émotion était grande et continue, j'ai savouré pendant des heures les différentes discussions qui parlaient de ce beau voyage en commun.
Par moment, je repense à Inception, pour descendre d'un niveau, il y a une chute d'ascenseur, une explosion, un véhicule qui tombe dans une rivière, pour ma part, je sais qu'au premier niveau il y a le bonheur avec ma famille, l'anniversaire de julien qui est le moi d'il y a longtemps et il y a mes amis mais dans une fraction de seconde, je pourrais rester au rêve du niveau du dessus parce que c'est incontestablement la stratosphère.
Qu'on se rassure, je ne me drogue pas avec la chimie présente dans Inception, je cours et c'est du bonheur.

vendredi 22 février 2013

heureux

Tout simplement heureux, rien à ajouter à part aller voir courir-avec.fr



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Merci à tous les membres parents et coureurs pour les photos qui sont sur courir-avec.fr !

vendredi 15 février 2013

Aujourd'hui je n'ai pas couru

Vendredi 15 février, c’est le soir et j’ai envie d’écrire, d’écrire pour moi et pour qui voudra passer un moment à voyager avec moi. C’est confus, par moment, j’ai des grandes émotions et écrire me permet de baisser la pression en moi et par moment cela vole dans tous les sens.
Vendredi, fin de semaine, je voulais courir encore, comme tous le jours et aujourd’hui exceptionnellement je me suis mis à méditer au lever et je n’avais plus le temps, il me fallait me préparer, je devais rejoindre des amies pour aller soutenir une amie qui elle aussi courait beaucoup dans un passé récent. Avec ses enfants, sa famille et des proches elle a dit adieu à celui qui encore peu, alors qu’il souffrait, lui disait : « tu es belle, je t’aime ». Il est parti. Sans être réellement là, il lui dira encore ses mots d’amour. 

Aujourd’hui je n’ai pas couru et ce soir je n’irai pas. Il y a quelques jours j’écrivais à un de mes athlètes qui démarre un plan marathon, il redoutait une séance ce week end qu’il n’avait pas encore vue en début de plan, je lui écrivais : «  chaque jour, je suis heureux, chaque jour est un cadeau, chaque jour je cours sans me projeter au lendemain ou au sur lendemain ou plus tard . Si après la séance du jour je suis trop fatigué alors je me reposerais, je ne redoute pas les séances à venir». 

Oui, chaque jour est un cadeau et les raisons petites ou grandes d’être heureux sont multiples, variées, de tous ordres. 

Le WE dernier j’ai vécu des moments indescriptibles de bonheur, il y avait la rudesse du trail dans la boue et la difficulté d’avancer avec la joëlette dans les montées, les descentes les passages au-dessus et en dessous des troncs d’arbres couchés ou cassés. Pendant l’effort, seule la coordination, la motivation la solidarité des coureurs de l’association permettait d’avancer. Seul pendant le Noz Trail c’est à dire la course de nuit, un esprit faible dans un corps moyen aurait complètement craqué et sombré dans le découragement, les glissades, les chûtes étaient nombreuses. En équipe avec comme force mentale l’enfant dans la joëlette, et là c’était noëmie, nous étions très lents, certes, mais nous avancions sans nous poser de questions. Quand je "traile" seul je gamberge, quand je suis autour de la joëlette je n'ai plus aucun état d'âme. 

Le lendemain, malgré des jambes lourdes et des bras bien fatigués car peu entraînés à travailler en force longtemps, nous n’avons pas rechigné à nous remettre sur les sentiers, c’était beaucoup moins difficile et nous voyions sur quoi nous patinions. Cela a duré le double de temps, c’est sûr qu’après plusieurs heures de course et de portage les organismes étaient marqués et les relais se faisaient de plus en plus rares. Comme cela fait plusieurs années maintenant que l’équipage dont je faisais partie a roulé poussé tiré dans le sable, la boue, les escaliers du côté de Plourhan, Binic, St Quay Portrieux, nous étions quelques vieux et fiers de l’être à temporiser en début de course pour assurer sur la fin quand beaucoup de coureurs sont usés. Parmi les vieux de "courir avec" il y a le jeune Simon qui, à n’en point douter est très endurant et est capable de « rouler » vite des heures, sur la fin, il avançait bien en tirant la joëlette.
Manu, notre force mentale ce dimanche est une locale, Jean-michel et Isabelle son papa et sa maman nous ont concocté ce rassemblement, enfants parents et coureurs. Isabelle qui était interrogée lors du repas d’après course, alors que tous nous étions heureux, béats d’être ensemble après l’effort, a dit tout simplement:" nous sommes une famille." J’étais à côté et je me disais: "oui je suis heureux de faire partie de cette famille", nous sommes heureux de nous retrouver. Manu, Noëmie, Maryline, Louis et d’autres ont l’espace d’un WE plus de tontons et tatas. Quand je retrouve cette famille j’ai la larme à l’œil, tant pis si on me dit que j’ai la larme facile, mais c’est le plein d’émotion qui fait cela. Dans cette famille qui s’appelle "Courir avec", je m’aperçois que c’est la sérénité qui règne surtout après les courses quand les papas et les mamans voient leurs enfants heureux d’avoir « couru », ces mêmes parents savent maintenant contrairement à la première fois que c’est nous les coureurs qui remercions les enfants pour le bonheur qu’ils nous ont donné alors maintenant nous savourons ensemble ce que Comte Sponville appelle la communion, c'est un partage, c'est une union. Tout le monde a besoin de donner et recevoir l’amour. Quand c’est avec nos frères et sœurs c’est la fratrie une partie de la famille et pourtant il peut y avoir rivalité et jalousie entre frères et sœurs. Dans notre famille « courir avec » quand j’ai couru samedi et dimanche j’étais très très fatigué et je n’enviais personne et je me sentais dans une famille sereine avec chacun et tous sur la même longueur d’onde, l’envie d’être simplement heureux ensemble.
Toute la semaine a été pour moi sur un nuage, dès lundi soir, je suis allé au judo et j’ai pratiqué sereinement, en souplesse avec l’envie de me mettre au service de la salle, j’ai, je crois, aidé des ceintures blanches et de couleur à saisir des mouvements au sol comme debout en randori (petits combats d’entraînement), c'éatit un peu de redistribution du plein d'énergie mentale que j'avais emmagasiné. Mardi j’ai fait une séance au stade bien tranquille avec mes amis du club et les jours suivants j’ai bien savouré les footings à allures variées.
Jeudi, journée de bi-quotidien, midi gayeulles et soir avec les filles en préparation de la Rennaise, c’était la saint valentin, ma valentine sait comme je l’aime, ce jour là et tous les autres aussi et nous sommes heureux. Il ne faut pas oublier de dire à ses enfants comme on les aime. On peut aussi dire à ceux qui nous sont chers cette très belle expression : « merci d’exister » ça ne surprend personne et ça veut dire qu'on les aime.

Aujourd’hui, je n’ai pas couru, depuis que je sais que notre ami est décédé, j’ai dans la tête et parfois je fredonne l’air du mouvement Allegretto de la 7ème symphonie de Beethoven. Toute cette journée, depuis mon réveil jusqu’à ce soir, cet air est là et me bouleverse. C’est sans doute parce que cela me colle aussi bien quand je cours que quand je médite parce que la mort est venue emporter quelqu’un. 

Ce soir, je voudrais que lors de mes funérailles, on ne me voit pas allongé dans la boîte, je voudrais le temps de la cérémonie d’adieu que la boîte soit fermée et qu’on mette des photos de moi en train de courir, de sourire, en judogi, à écouter de la musique, JS Bach un morceau de piano interprété par Glen Gould, Mozart le concerto n°23 ou le requiem, Beethoven. 

J’aime la vie, j’aime bouger, j’aime manger, boire courir, je n’ai pas couru ça m’a manqué mais j’avais envie de soutenir mon amie qui a vu son amour s'en aller.

mercredi 30 janvier 2013

cadeaux d'anniversaire

Cela commence à faire quelques années en vétéran 2 que je cours, pour les non-initiés, vétéran 2 c'est moins de 60 ans mais plus de 50 quand même.
Au championnat départemental, à l'échauffement, Armand Tandé me disait que des coureurs de notre course pourraient être ses enfants, c'était son 26ème championnat en vétéran. Comme me disent mes amis coureurs, les vrais de vrais continuent à courir tant qu'ils le peuvent.
Lundi, c'était mon anniversaire, Que de cadeaux reçus !
Le soir, sur le tatami, ça a été le festival de chûtes, j'ai eu le bonheur de combattre comme quand je me préparais pour engranger des points pour obtenir mon 1er Dan, je ne suis pas si vieux que ça. Précision: les chutes c'est bien moi qui les ai encaissées. Arrivé à la maison, comme actuellement je revisite souvent les oeuvres de Mozart, babeth m'a offert 2 CD, des concertos pour violon interprétés par Yéhudi Menuhin. Oui, j'aime Mozart, ses concertos pour piano et orchestre, son Réquiem. Trois DVD clin d'oeil m'ont été offerts par Babeth et Marie, "the Lady" de Luc Besson qui est un beau film sur l'icône des asiatiques Aung San Su Kyi, "le Prénom" avec un certain Patrick Bruel qui est à peine plus jeune que moi de quelques mois et "My name is Khan" un film de Bollywood que nous avions commencé à visionner au Vietnam en 2010 sans jamais avoir vu la fin.


Dimanche, ça a été un grand coup de folie, j'ai pris le dossard de Lolo qui n'était pas en forme après une grippe, comme il était qualifié équipe, n'importe quel vétéran licencié du club pouvait le remplacer. Comme il n'y avait pas de volontaire alors j'ai pris le dossard, je l'ai épinglé sur mon maillot, j'ai fait mon footing de reconnaissance du parcours, j'ai posé pour la photo et pris le départ. 
dans les premières boucles je m'accrochais à un autre crossman
C'est de la folie, les premiers sont sans doute à plus de 20 km/h. Derrière même avec l'envie de faire un départ prudent, nous sommes aspirés, normal, nous ne sommes pas venus pour faire un footing. Le soir quand je regarde la courbe enregistrée par ma montre, je constate que très rapidement je suis très haut en pulses et je dois être sur la zone départ en pente descendante à 16 km/h, ensuite je vais me retrouver entre 14 et 13 km/h. Quand vous regardez les copains vous voyez que personne n'est facile.
Jean-René Vallerie

Franck Poirier


Jean-Daniel Lemercier et Alain Martin

Momo, Michel Le Mercier coureur et entraîneur

Pour les vétérans il y avait une petite boucle, une moyenne boucle et 3 grandes boucles. Dans la grande boucle, sur la fin, avant de passer devant le château, il y avait une sacrée montée, là j'étais seul au monde, plus personne en vue devant et plus personne derrière car à chaque fois que j'ai doublé c'est que le coureur abandonnait. Incroyable, à peine au bout de 20 minutes de course j'avais envie de marcher dans la montée alors j'ai tout donné pour être dans mon championnat du monde de Bretagne et j'ai couru à fond, sur la courbe ça a bien montré que j'ai grimpé à 178 pulses par minute mais seulement à 10km/h. 

Après la grimpette, je me suis retrouvé à côté des tentes, j'étais au bout du rouleau et j'ai mis le clignotant. Je sais que mon ami Momo n'aime pas me voir abandonner, il me connaît depuis longtemps c'était lui mon accompagnateur sur mon premier 100 bornes où j'étais fort et à mon dernier ou il m'a vu mettre le clignotant au 50ème. 


Il a eu beaucoup de mal sur ce cross et longtemps de retour à la tente, Momo a médité. Vétéran, cela signifie que l'on commence la régression. Depuis pas mal d'années, je me dis que j'ai régressé en tant que coureur mais je ne cesse de chercher et progresser en tant qu'entraîneur.

André Sicot autre V2
Thierry Collen coureur et entraîneur

Olivier Le Moigne
Bruno Rageau coureur et entraîneur qui ne sera vétéran que l'année prochaine
Aujourd'hui, mon corps se rappelle le cumul Cross avorté le dimanche et Judo le lendemain.

Puisqu'il y a des moments où l'on fait des bilans, ça me fait plaisir de mettre en avant ce qui a été source de bonheur. Ma maman m'a écrit un courriel qui m'a rappelé comme elle m'aime et m'a souhaité autant de bonheur qu'elle a eu avec Papa. Il y a eu les coups de fil de mes enfants qui n'habitent plus à la maison, la grande est quand même très loin dans le sud, il y a les messages toujours sympathiques des amis et connaissances et il y a eu ce championnat à Plouay où il a fait beau, les courses se sont enchaînées et j'ai adoré cette journée. C'est bizarre de mettre sur le même plan un évènement sportif et les proches, l'humain et le sport sont-ils des valeurs à mettre en relation, devons nous aborder le débat sur l'élitisme, le dépassement de soi, la confrontation, l'humain, le faible le fort?. Ce dimanche m'a rappelé qu'il y a mes amis avec qui nous dirigeons, gérons et organisons  tout ce qui a trait au club. Nous partageons les obligations administratives, c'est le moins amusant mais il faut bien que quelqu'un le fasse, nous le faisons avec abnégation, nous prenons des décisions et il y a toujours quelqu'un qui est là pour nous critiquer gentiment, violemment ou méchamment mais nous  continuons à préparer les petits voyages du club au cross et les grands voyages comme pour aller sur un marathon. Avant cela, nous nous réunissons entre entraîneurs et nous discutons et partageons nos idées pour établir les préparations des athlètes qu'ils soient performants ou non. Un marathon en 4 heures ou en 2h30 se prépare au moins pour ne pas terminer fracassé, un crossman dernier ou sur le podium au Bretagne a fait pas mal de séances depuis décembre pour être au mieux.
Enfin, à l'instar de Comte-Sponville, après avoir redit: "j'ai le bonheur d'avoir l'amour de ma famille merci à maman, à Babeth et mes enfants de me le témoigner", c'est à mes amis entraîneurs très très proches que j'adresse ce: " Momo, Bruno et Thierry depuis plusieurs années et à mes anniversaires votre amitié est un cadeau, Merci d'exister!"

Il me faut remercier Françoise Gréhal qui est venue supporter tout le club à Plouay, certaines photos sont d'elle d'autres de Bruno Rageau.

samedi 12 janvier 2013

2013 toujours le plaisir de courir et de partager

J'ai fermé les yeux, j'ai revu mes moments de course, les sourires, les cris de joie, le partage d'émotions et c'est cela qui m'a fait avancer dans cette année 2012. Les cross en Bretagne et au France, Le Glazik autour de la joelette avec manu et d'autres enfants de Courir Avec, au marathon de Nantes avec les mêmes, la sortie de mon club la JA Melesse à Cheverny, une semaine de trail dans les Pyrénées avec jean-lou, un petit bout du GRP fin août avec Thierry, Le 100km de Millau à accompagner Karim, le France de 24 heures à Vierzon avec plein de potes d'ADDM et quelques mètres parcourus avec certains d'entre eux, voilà qui me donnent envie de prendre une très grande résolution pour 2013:

NE RIEN CHANGER

voilà ma grande résolution car j'aurai encore et toujours le plaisir de courir quelquefois seul pour mes méditations, mon introspection ma volonté d'appliquer ce qui était inscrit au fronton du temple de Delphes: "connais toi toi même et tu connaîtras ...."

et

quand je cours en groupe, à l'entraînement ou en compétition, c'est bien pour aussi me situer, me battre avec moi-même mon pire ennemi et pour partager avec les coureurs des moments de convivialité.

Le championnat de cross d'Ille et Vilaine sera encore pour tous les coureurs du club un énorme moment de course à pied.

Plus tard, pour ne rien changer, ce sera le glazik avec l'association Courir-Avec et ensuite préparation du marathon de Rotterdam ou nous sommes déjà pratiquement 40 dans le car avec des marathoniens, des dix-bornards.

Allez je nous souhaite une très belle année de plaisir de courir et de partager.