samedi 13 juin 2009

CR d'un échec au marathon du futuroscope

Anthony Davourie m'a envoyé ce compte-rendu :

Préparation :

8 semaines d'entrainement pour arriver au top le jour J sous la baguette de Charlie, avec des séances variées et une progression de ma vitesse et FC à allure marathon.

Deux compétitions sur 10kms sont venues briser la monotonie de l'entrainement. J'ai réalisé 5 séances de càp par semaine.

Si j'avais des choses à modifier sur mon approche de ce marathon celà serait peut-être ces 4 points suivants car je trouve que ma préparation était vraiment idéale.

- suppression de ma séance de vélo de route en récup (je me demande si elle ne m'a pas occasionné de la fatigue musculaire).
- essayer de réaliser mes footings de régé sur du plat
- ne pas refaire l'enchaînement 10kms le vendredi apm et sortie longue (2h05mn avec spé marathon) le samedi matin.
- alléger encore plus les deux dernières semaines en ne faisant que quatre séances au lieu de cinq .

Marathon :

Dès le lever le matin je m'aperçois que la journée va être chaude avec du vent, mais l'organisateur a annoncé un circuit roulant, donc pas d'inquiétude à avoir.

Le départ est donné et je pars sur les bases prévues mais je m'aperçois aussitôt que ma FC est légérement supérieure d'environ 5 pulsations (je ne m'inquiéte pas trop après avoir lu les CR du marathon du mt st michel), je continue sur ma lancée jusqu'au semi en me disant que le circuit est loin d'être aussi facile qu'annoncé, en plus le vent est de face et la chaleur est bien présente. Jusqu'au semi j'arrive tant bien que mal à trouver des gens pour courir avec moi, même si certains coureurs ne veulent absolument pas prendre de relais alors que leur niveau leur permet largement .

Je passe la mi-course en 1h21mn38s, bref dans les temps prévus mais avec une FC de plus en plus haute et un parcours qui ce durcit encore et toujours et ce vent de face et cette chaleur qui ne fait qu'augmenter. Jusqu'aux environs de 2h-2h10mn de course je maintiens plus au moins l'allure même si elle a baissé et ensuite c'est l'effondrement et une seule chose m'importe maintenant c'est de rallier l'arrivée coûte que coûte car je n'imagine pas l'idée d'un abandon, il y a trop de gens qui serait heureux de pouvoir faire ce que l'on fait et en plus j'essaye d'enseigner à mes enfants que l'abandon ne peut intervenir que sur blessure, tant qu'on a un minimum de force il faut continuer. Bref un calvaire qui a duré 50 longues minutes et où je fûs relativement étonné de ne perdre que 9 places au scratch par rapport à ma place à mi course.

Je termine épuisé et déçu pour moi et pour Charlie qui se donne tant de mal. Mon chrono 3h00mn41s ( 21ème au scratch / 558 classées )

Récupération :

Les jours qui ont suivi le marathon ont était placés sous le signe de la fatigue avec un pic ce week end où j'ai fait la sieste l'apm. J'ai également cherché à comprendre les causes de mon échec.
Je tiens d'ailleurs a remercier Charlie qui a été également présent après le marathon pour me soutenir.
Bon encore une petite phrase en espérant n'avoir pas était trop long.

RDV à REIMS . Anthony
Je vous mets des courbes de FC pour voir quelques éléments intéressants pour connaître un peu mieux l'entraînement d'Anthony.
Cette courbe est celle d'une séance spécifique marathon où l'on a correspondance entre l'allure 3'47 et la FC 175, ceci a été obtenu après plusieurs semaines de spécifique, pendant lesquelles nous avons vu que quelques pulses et c'était plusieurs secondes d'écart, par exemple à FC 171 celà pouvait donner 4'00 et à 173 3'55 au début.
Encore à titre de comparaison, vous avez une séance de VMA courte avec des 200m et là au bout de 16 intervalles nous obtenons la FC 186, il va sans dire que cette FC ne peut pas être tenu longtemps.
Enfin nous visionnons la courbe du marathon, la chûte de la FC et la chûte de l'allure sont là pour montrer qu'Anthony n'en pouvait plus, il a juste terminé son marathon avec ce qui restait dans les jambes et a fait en gros un quart d'heure de plus par rapport à son objectif. Il ne pouvait pas lutter seul contre le vent et il n'avait plus de jus.

Les images qui suivent sont les superpositions des trois courbes du dessus avec pour dernière un zoom sur la partie qui précède le passage au semi-marathon. Rappelez vous qu'en cliquant sur l'image vous l'avez en résolution 800 pixels.

Pour me répéter, Anthony, sur la base des CR des copains du marathon mont st michel a crû qu'il pourrait tenir avec des FC hautes, c'est une prise de risque mais là, seul, il a explosé, c'est facile pour un observateur mais quand on est en course, ce n'est pas pareil, le cerveau est moins oxygéné surtout quand on frôle avec les FC des séances de VMA. Attention c'est une image, le cerveau est toujours prioritaire, mais par là je veux dire qu'en course, on est toujours moins lucide et c'est normal, la compétition s'accompagne toujours de toutes sortes de sensations, de sentiments, d'illusions, d'euphorie et quelquefois de déceptions.

Amis lecteurs, je vous invite à vous exprimer, ne croyez pas qu'il y a ceux qui savent tout en physiologie, en psychologie en coaching etc ... il y a des coureurs qui s'entrainent, il y a des entraîneurs qui se posent sans cesse des questions, les réponses sont sur le terrain.


Sur certaines courbes de mes athlètes, il y a quelquefois des FC max qui sont atteintes, cependant, c'est sur les dernières minutes car si on "caresse" la zone dangereuse trop tôt, on le paie, souvent ... assez tôt et s'il reste pas mal de kilomètres à parcourir, c'est infernal.




En tous cas, j'espère que cet exercice de lecture de courbes vous permettra vous aussi de vous poser des questions pour essayer progresser

5 commentaires:

cedric a dit…

salut,
je ne vais pas m'exprimer sur le detail des courbes car je n'ai pas de connaissance en la matiere

par contre, ce que je peux dire,c'est qu'anthony a du en baver pour finir son marathon quand on voit l'effondrement de la fc et des temps de passage

je lui tire mon chapeau car il faut avoir un gros mental dans ces cas la pour ne pas abandonner

ce n'est que partie remise et a reims ,il va nous claquer un super chrono

tout la JA MELESSE sera la pour nous tirer vers le haut
bye

Benoît a dit…

Je crois avoir vécu un épisode semblable à Amsterdam : les pulses un peu plus hautes que prévu, et pourtant un état euphorique jusqu'au semi, passé en 1h22. Ensuite, l'inéluctable enchaînement quand on a présumé de ses forces : la galère, et moi j'avais eu en primes d'horribles crampes qui m'avaient planté pendant d'interminables minutes à 300 mètres de l'arrivée. C'est une situation très frustrante, il faut savoir rebondir. Et pourtant, jamais je n'ai songé à incriminer ma préparation... Je reste persuadé que la méthode que me propose Charlie est dans le vrai, mais, un échec plus tard (uniquement de mon fait, à Rome) je préfère laisser le marathon pour un temps, même si je serai là pour encourager les copains qui m'ont fait tant de bien lors du marathon du Mont Saint Michel lors des championnats de France à Reims...

Sadok a dit…

Perso, au MDP 2008, alors que j’étais entraîné par Charlie depuis quelques semaines à peine, je m’étais obligé à courir à la FC cible avec un cardio qui avait dysfonctionné gravement durant les premiers km.

J’en suis encore à regretter de n’avoir pas couru uniquement au chrono, avec les copains, sans regarder le cardio.

Parfois ça passe et parfois ça ne passe pas.

C’est ce qui fait toute la magie du marathon.

A présent, je pense que le cardio doit servir de baromètre, pour jauger les sensations et gérer l’effort, mais il faut surtout courir au chrono en faisant le point à chaque kilo.

Rendez-vous peut-être à Reims pou essayer d’autres modalités et merci pour toutes ces données.

Serge92 a dit…

Bravo d'avoir été au bout de ce voyage malgré des conditions dégradées.....pas toujours facile de rester lucide, on espère toujours , on ose penser que hélas depuis le kilo 15 ( à tête reposée) on constate très vite que l'objectif initial ne pourra être atteint......ce n'est que partie remise, chaque expérience renforce et de toute manière il n'y a pas échec il y a la merveilleuse aventure de l'apprentissage et que cette aventure te conduise loin!
Sportivement
Serge

Bruno a dit…

Il est relativement facile de refaire la course "à froid".
Dès le départ, Anthony a voulu tenir l'allure travaillée sans se soucier de la FC.
Alors que sur la séance spécifique, il était à moins de 175, Anthony flirte avec la FC 180 au 3ème km puis la dépasse dès 25mn de course.
A première vue (il faudrait affiner), la FC 180 semble être la limite d'entrée dans la zone rouge, la fameuse "porte" dont parle Ch. Delerue.

Ensuite Anthony "s'installe" à lma FC 180 vers le 14ème km (50' de course). Cette fréquence cardiaque doit être sa "FC 10 km". Anthony va tenir jusqu'au 19ème km. La course est finie.
La chute de FC est significative : Anthony est "passé par la fenêtre" : l'allure chute de 3'50'' à 4'01'', la relance qui suit maintient l'allure (4'03'') mais le coeur est à fond (FC 180).

La suite sera une longue galère. Tous les marathoniens qui ont connus cet enfer (moi le premier) compatissent. Dans ces cas-là, il faut s'accrocher pour finir.


Tout n'est pas négatif dans ce marathon, loin de là. L'expérience est enrichissante pour Anthony, mentalement et physiquement. Charlie y trouveras aussi des infos sur le profil de son athlète.
L'expérience est douloureuse, mais c'est peut-être un passage obligé pour bâtir une prochaine réussite.