samedi 20 septembre 2008

tentative tant hâtive, temps à tifs ...

Ce titre m'a été inspiré par un poème de mon fils julien tant hâtif qui musarde sur le rapport au temps qui court et à celui qui court après.
à celà j'ajoute la référence au coupe-tifs.

Cela pourrait ressembler à vouloir découper un cheveu en quatre, c'est presque çà: je suis passé chez le coiffeur cette après-midi pour que dimanche prochain lors de mon marathon à Berlin je n'ai pas l'excuse de trainer parce que j'avais une touffe trop lourde.

il n'est pas question de temps qu'il fait, d'ailleurs à 2 jours de l'automne le ciel est bleu et cela donne le moral. Ce matin j'ai fait tourner les jambes car quand on est drogué à la course à pied, un jour sans et les bobos ressortent, cruel manque d'endorphine! mais le soleil et le fait de savoir que les copains sont en forme me donnent un super moral.

il est question du temps que je ferai, dit autrement du chrono final. Ce ne sera pas un nouveau record mais ce sera tout simplement correct, les sensations sont bonnes et malgré ma cheville pas terrible, j'ai retrouvé une foulée sympathique!

J'ai remarqué qu'il y avait des tas de marathoniens qui ne cessent de dire qu'ils ne font que des marathons pour le plaisir, pour le tourisme essentiellement et ils ont quasiment honte de dire qu'ils s'entrainent. Si on devait les croire, ils courent plusieurs fois par semaine, font de l'endurance, c'est bien, ils papotent, c'est très bien cela confirme qu'ils sont en aérobie et plus tard quand ils parleront de leur séance ils diront à peine qu'ils se sont entrainés. Certes ils ont le droit de plaisanter à tous bouts de champs, certes il y a trop de gens peinibles dans la vie qui se prennent au sérieux et eux n'en sont pas.

Eh bien, sur ce coup là, je me classerais dans les gens qui prennent l'entrainement comme quelque chose de sérieux, très sérieux.

Il me reste de mon éducation, la notion de respect, le respect des gens qui s'occupent de vous, nos instituteurs, nos professeurs, le respect des gens qui tiennent à vous qui s'inquiètent, vos parents, vos amis, ceux qui se sentent responsables d'une partie de votre "construction". Je me suis construit et je continue à le faire en me nourrissant de ce que je vois, ce que je vis, de qui je côtoie, de qui j'apprends, en direct ou à travers leurs écrits, je les respecte et je respecte ce qu'ils font ou ont fait. Je ne possède pas le "savoir" et ce qui m'intéresse dans la course à pied, dans le sport en général, dans les activités sociales c'est le partage des connaissances, la recherche de tout un chacun puis la retransmission des découvertes aux autres, je me sens à chaque fois grandi quand je progresse.
Encore une fois tout ce que j'écris n'est pas toujours clair, chacun y trouvera ce qu'il a envie de s'approprier et celà à son niveau, du simple coureur débutant à l'expert (celui qui a engrangé de l'expérience). Oui j'ai la chance et le plaisir d'être lu, d'être écouté par d'autres entraineurs mais eux aussi quels que soient leurs vécus m'enrichississent, il y a certes des anciens qui rapportent des expériences phénoménales, historiques et des jeunes qui apportent leur vision toute fraîche avec des angles de vue inexplorés.

Que ceux qui ne font que passer et juste chercher des recettes se posent la question: peut-on être honnête avec soi-même en déclarant, je m'entraine pendant des semaines, je cours plusieurs fois par semaine, je vais courir un marathon et tous ceux qui font çà sérieusement sont des gens qui se prennent trop la tête.

Certains de mes athlètes quelquefois sont limite éreintés mais vont quand même s'entrainer, c'est vrai que c'est dur d'aller à l'usine et après avoir fait ce qu'il faut pour gagner sa croûte, il faut se taper une séance que certains trouvent démente. Moi-même quelquefois je regarde ce que j'ai donné à faire et je me dis que c'est dingue et pourtant, ces séances ont été faites des dizaines de fois et les progrès ne sont pas du domaine du pipo. Même quand ils sont limite cassés, ils me disent, "j'ai trop de respect pour ton travail d'entraineur que je ne me voie pas prendre le plan qui représente des heures de travail et m'assoir dessus et juste me faire un footing pour papoter avec les copains."
Ce qu'il faut svoir c'est que quand vraiment c'est nécessaire, les gars peuvent toujours m'appeler au téléphone ou m'envoyer un courriel et je préférerais toujours une séance en moins ou une séance allégée qu'un séance trop dure ou une séance de trop qui envoie un gars dans le mur, c'est à dire la blessure physique ou mentale.

Revenons à ce que je trouve être vraiment sérieux lors d'un marathon.

- Nous avons fait toutes sortes de séances avec des variations d'allures et nous avons balayé tout le spectre de la course en aérobie.
- Nous avons fait beaucoup oui beaucoup de séances guidées par la Fréquence Cardiaque qui est devenue la FC cible pour le marathon.
- Pour tous cette FC est maintenant synonyme d'une allure stabilisée et confortable.
- Le jour J, cela sera tellement confortable qu'on aura l'impression de trainer
- attention à ne pas accélérer.
- Le constat est le même pour tous, la FC est bien descendue, s'il n'y avait pas de danger de se casser la figure, nous pourrions courir les yeux fermés.
C'est cet équilibre qu'il est sérieux de garder longtemps, longtemps.

Le problème avec le marathon, c'est qu'on ne fait pas de tentative tous les mois ou même tous les deux mois, ce n'est pas simplement une question de récupération physique c'est que mentalement on ne peut pas tout donner trop souvent. S'il vous plait ne comparez un marathon dans lequel on va tout donner et chercher le meilleur de soi avec un marathon où l'on vient en touriste, là ok, on peut enchainer à quelques semaines d'intervalles.
C'est mon côté sérieux qui ressort encore plus fort!
Pourquoi infliger 40 tours de stade à allure constante pour qu'un athlète soit comparé à un poisson rouge si c'est pour qu'ensuite, il marche pendant le marathon. Est marathonien celui qui court un marathon c'est ma façon de voir comme j'avais aussi dit et écrit un cent-bornard est celui qui a couru cent-bornes.

Les marathoniens de très haut niveau sont quand même très sérieux dans leur préparation, je ne crois pas qu'Hailé qui sera aussi à Berlin fasse des petits footings en papotant.
Après quand le athlètes de très haut niveay font des chronos ils sont quand même respectés.
Alors s'il vous plait les marathoniens qui ne font que du tourisme respectez les amateurs qui après l'usine s'entrainent dur pour gagner quelques secondes au kilo pour par exemple descendre sous les 2h35, 2h40 ou 3h30.
Et vous mes athlètes qui avez fait pour certains, 5 à 6 séances par semaine pour une durée de 8 heures et 120 kms, respectez ce que vous avaez fait en préparation, retrouvez en course cette harmonie qui est celle où on court vite et longtemps longtemps mais vite ce n'est pas à la hâte, c'est la vitesse juste.
Le travail bien fait est sérieux, le travail fait à la hâte est souvent de moindre qualité.
Faisons qu'à Berlin la semaine prochaine, qu'à La Baule la semaine d'après, ce ne soit pas une pléthore de tentatives tant hâtives mais que chacun se rappelle que le coach a déliré quand c'était le temps des tifs ... coupés.
J'ai confiance en vous

4 commentaires:

S. Jaubert a dit…

Charlie, tu parais un peu remonté dans ce billet. Il me semble qu’il y a nuance entre, faire les choses sérieusement et se prendre au sérieux… faire une activité quelle qu’elle soit en intelligence et raison me semble très respectable et mérite toujours le respect !

Je ne perçois pas les choses comme toi, je ne connais pas de coureurs qui affirment que ceux qui s’entrainent sérieusement se prennent la tête…
Ceci dit je n’aime pas beaucoup cette expression « se prendre la tête »…

Chacun est libre de pratiquer comme bon lui semble son loisir, son sport, sa passion. J’en connais qui s’entrainent sérieusement mais qui font les marathons en touristes. Pourquoi pas ?! Fin juin, j’ai fait un maratrail, je n’avais aucune envie de me faire mal, je suis parti très tranquille, j’ai y pris un immense plaisir de bout en bout en terminant avec seulement 15 minutes de plus par rapport à mes marathons habituels que je termine complètement vidé…

S’entraîner avec suffisamment d’intelligence pour éviter blessure et lassitude c’est la seul chose qui m’intéresse à mon âge. Cet été j’ai vu à la course de Salernes un V4 de 76 ans, heureux comme un gamin, bel exemple !

La passion voilà ce qui compte !

Bonne semaine à toi et à tous tes athlètes avant Berlin !

charlie le hoangan a dit…

stéphane a écrit:
Charlie, tu parais un peu remonté dans ce billet.

oui, stéphane, je suis remonté mais pas dans le sens où tu l'entends.
remonté car il ne me reste qu'une semaine à attendre et avec la baisse de volume d'entrainement, je fais du jus, je recharge les batteries et ... je suis impatient d'en découdre.
pas remonté dans le sens "gros sur la patate" contre quelqu'un ou quelque groupe de personnes ayant un avis différent.

sur mes différents terrains d'entraînement je rencontre pas mal de coureurs. en semaine c'est au stade que je discute avec des gars très sympathiques qui soit font de la qualité sur le tartan, soit vont faire tourner les jambes autour des étangs qui jouxtent le stade.
Il y a bien sûr des profils très différents de coureur et j'en connais pas mal car certains sont dans le club local et d'autres que j'ai rencontrés dans des tests vameval que j'encadrais et qui aboutissaient à des plans d'entrainement. Et il y a mes copains ceux qui sont entrainés par mes amis bruno, thierry et ceux que j'entraine. Les autres jours, je vais courir sur le canal, là où nous avions fait un footing à ton dernier passage à Rennes et je rencontre aussi pas mal de joggers et des compétiteurs.

voilà pour placer le contexte qui a servi d'ambiance à mon dernier billet.

pour désigner honnêtement les gens que je considère hypocrites, j'ai en ligne de mire ceux qui prétendent qu'ils ne s'entrainent pas et qui finissent par avouer qu'ils ont l'objectif de battre leur record personnel.

donner le meilleur de soi, est-ce possible sans se préparer un tant soit peu; on rencontre des gars qui disent ne pas s'entrainer et qui en fait se "tuent" sur des plans faits pour d'autres.

je te rejoins quand tu écris qu'on a du plaisir sur les trails, c'est tout simplement ce rapport au chrono qui disparaît et c'est évident qu'il faut écouter son corps, regarder autour de soi, estimer la difficulté d'un parcours, jauger son état de forme pour en garder suffisamment et terminer le trail, bien. Si tu as l'opportunité, les capacités de jouer la gagne alors c'est le mental associé à la stratégie, la tactique de course et d'autres détails qui font la différence.

Cela ne transparaît pas beaucoup dans mes écrits mais c'est de vive voix ou même sans parler en utilisant d'autres canaux de communication ni oraux, ni écrits que j'essaie de faire passer cette recherche d'harmonie qui pour moi est une des clés du succès lors d'une course.

On peut donner toutes sortes de nom à cette sensation, mais tant qu'on ne l'a pas rencontrée, en parler ou disserter dessus ne sert à rien et c'est en courant "juste" à l'entraînement et "sereinement" en compétition qu'on l'approche.

Stéphane, je ne peux pas demander à des athlètes qui progressent à l'entrainement qui sont proche de 2h32 de juste participer à un marathon prestigieux et juste terminer "pas cassé".Ils doivent rester sage 30 km et ensuite il vont tout mettre ce qu'il leur reste d'énergie et termineront vidés. Je ne peux pas demander à un jeune marathonien qui a aligné 6 semaines avec des séances très sérieuses respectées à une pulsation près, une seconde près de juste être content de ne pas être blessé.
par contre, je fais partie de ces vétérans qui sont très loin des séniors, les jeunes V2, oui en effet nous sommes plus souvent confrontés aux bobos et même aux blessures, j'ai des amis qui ne font pratiquement plus de courses sur route, ils foulent le bitume une ou deux fois l'an pour accompagner un copain mais ils font du trail, voire de l'ultra-trail.

C'est une transition très fréquente car comme tu l'as déjà vécu, on en sort "bien".

tu as écrit:
La passion voilà ce qui compte !

Bonne semaine à toi et à tous tes athlètes avant Berlin !


Merci stéphane, si au printemps je le peux je passerais voir nos amis du marathon à Cheverny et on aura la possibilité de continuer à ... échanger en intelligence

Sadok a dit…

Je vois que le plaisir est revenu et c'est bien ça l'essentiel. Bon marathon Charlie et à toute ton équipe.

Alain a dit…

J'aime te lire Charlie et çà me fais plaisir.
Je pense que dans la course à pied il faut trouver le juste milieu, quelques petits objectifs dans l'année bien préparé pour le plaisir de se dépasser et d'autres courses intermédiaires histoire de se faire plaisir autrement par des découverte de différentes régions, rencontrer des coureurs et le plaisir de rester en dedans sur des courses pour papauter ou découvrir une course différente que l'on ne peut pas se rendre compte quand on est a fond.
En attendant çà me fais plaisir de voir que tu as toujours autant de "hargne" a l'approche de la compet. C'est bon signe.
Bonne course