lundi 10 mai 2010

benoît au marathon de Marseille devenu le Mont St Michel

lien vers ouest-france
cliquez sur le lien pour voir l'arrivée de benoît avec son copain de club andré Sicot qu'on ne présente plus en Bretagne ni dans le milieu des marathoniens de niveau national.

benoît m'a écrit une lettre, je vous la met telle quelle, peut-être arriverez vous à imaginer mon émotion quand je l'ai reçue ce matin:

Bonjour Charlie,

J’ai été pris dans l’enchaînement des événements hier, je n’ai pas eu le temps de t’appeler. Voici avec un léger décalage un rapide résumé de ma course :


Après avoir pris le petit déjeuner avec Thierry Collet, et après avoir échangé nos stratégies respectives, je me suis retrouvé sur la ligne de départ du marathon très serein. Pour la première fois, au départ d’un marathon couru « en perf », le cœur était à 85 à l’arrêt, alors que d’habitude, c’est plutôt 120-130… Bon signe. D’ailleurs, tous les signaux sont au vert, la gestion d’avant course a été, une fois n’est pas coutume, parfaite.


Je pars tranquille, la côte de départ est assez sensible, je fais en sorte de contenir la montée des pulses. Je suis rapidement agréablement surpris par la FC, elle reste à 160-161 pour une allure plus que correcte, voire un peu rapide (mais le vent était favorable en tout début de course). A compter du 8ème, je commence à sentir le vent, je suis bien, je surveille la FC, tout est OK. J’accroche un petit groupe, ça va un poil vite pour moi, je finis par raisonner les deux gars qui se relayaient devant, je suis à 161-162 quand je suis abrité, et la FC monte à 164-165 quand je relaie. Il faut en permanence rester vigilant, car le cardio monte vite si on relâche l’attention. Nous nous relaierons efficacement jusqu’au 16ème à 4 coureurs. Un des membres du groupe décroche à ce moment alors que c’est lui qui prenait les relais les plus longs et les plus vigoureux (je l’avais mis en garde deux fois…). Il finira en 2h59’. Nous sommes 3, on se relaie bien, je vois la FC qui commence à dériver légèrement, rien de grave, mais il faut bien se battre contre le vent (je suis maintenant à 166-167 quand je relaie, et à 161 quand je me cache, avec l’impression de piétiner…). Nous passons le semi en 1h23’40’’ (de mémoire, je n’ai pas les temps sous les yeux), étonnant vues les conditions… Nous continuons notre ballet de relais, mais vers le 24ème, l’élastique casse, et mes deux camarades lâchent, ils finiront en 2h52. Je suis désormais tout seul, et je vais alors progresser de groupe en groupe, le vent est usant et ne me laisse aucun répit. Le temps au kilo devient forcément moins bon, puisque je ne peux plus jamais m’abriter, et les groupes que je rattrape vont beaucoup moins vite que moi… Je me sens vraiment fort, et une pointe de frustration apparaît quand je vois les secondes concédées au vent alors que je suis bien. J’arrive au 32ème, cela devient plus dur, je me souviens de tes mots, qu’il faut surveiller l’allure, et ne pas céder, relancer, maintenir le rythme autant que possible. J’y suis. Le marathon commence. Un début de crampe au mollet gauche au 34ème : un cachet de sporténine règle le problème sans même avoir à ralentir. Même scénario au 36ème, je ne serai ensuite plus embêté par les crampes. Un peu avant le 37ème, je rattrape Dédé Sicot, il marche au bord de la route, je lui hurle (et encore le mot est faible) : « mais bordel Dédé, qu’est-ce que tu fous ? Allez Dédé !!! ». Et je vois qu’il se remet difficilement à courir, mais je le dépose. Et puis, un peu plus loin, j’entends les « Allez Dédé ! » juste derrière moi, il fait la jonction juste au niveau du virage à Beauvoir, nous sommes ensemble pour les 4 derniers kilomètres. Dédé va m’être d’un soutien inestimable, il m’engueulera à son tour, en me disant : « arrête de regarder ta montre, maintenant tu t’en fous, tu cours et c’est tout ! ». Il m’abrite du vent de côté, maintenant moins pénible toutefois, il me force à maintenir l’allure, je constaterai après l’arrivée que la FC est montée jusqu’à 173, signe que j’ai bien géré ma course. Les deux maillots de la JA Melesse unis dans l’effort attirent les encouragements qui me portent, le 41ème km est interminable, alors que le dernier kilo est un véritable bonheur, je parviens enfin à relancer, à monter à la hauteur de Dédé, à lui passer devant, il s’efface, mais je l’attends pour que l’on franchisse la ligne ensemble la main dans la main. Merci Dédé !!! Il me remerciera de son côté de l’avoir bousculé quand il avait lâché dans la tête, on s’est soutenu mutuellement. C’est à ce jour mon plus beau souvenir sur marathon, j’ai vraiment le sentiment d’avoir franchi un gros palier, dommage que le vent se soit invité : je bats mon record d’une minute (je dois être le seul à battre son record dans les 100 premiers…) mais je pense que j’avais les cannes pour aller chercher 2h46 – 2h47, quand je vois les perfs des gars devant. A part Dédé, personne (mais vraiment personne !!) ne m’a doublé pendant la course…

Je t’appellerai cette semaine pour encore approfondir le sujet, mais sache que je suis très fier de ma perf. Merci pour cette préparation, je pense que notre relation entraîneur/entraîné arrive à une certaine forme de maturité, malgré les signaux parfois négatifs, je n’ai jamais douté, et le résultat est là. Je pense que je pourrai maintenant raisonnablement viser les 2h45 lors d’une prochaine échéance.

Bonne journée !!!
Benoît BLANCHARD

9 commentaires:

BrunoR a dit…

Bravo Benoit. Pour savoir comme tu as souffert avant de faire 2 beaux marathons au Mont St Michel, je me doute que tu dois apprécier ta performance à sa juste valeur. Tu as superbement géré ta course et, surtout le vent qui était l'ennemi principal hier.
C'est tout ce que j'aime dans le marathon retracé dans tes mots. Le doute avant, l'aisance au départ, la crainte de voir les secondes s'envoler. Ce n'est pas une petite victoire d'avoir relancé Dédé, il était en piteux état au 35ème km.
La fin en apothéose, encore une belle image de la JA qui fait écho à Lolo Cédric et déjà Dédé l'an passé. Magnifique !

cedric a dit…

bravo benoit,
une superbe course avec en prime ton meilleur chrono ,c'est un exploit vu les conditions meteo.
tu as raison ,les 2h45 sont plus qu'envisageable.
une belle image de te voir avec dede au 38 eme kilo,j'en avais des frissons.
bravo aussi a dede car il est toujours la pour aider les copains,que se soit avec toi ,moi ou thierry.
et enfin bravo a charlie pour avoir trouve l'alchimie

Anonyme a dit…

belle course Benoit , tu as bien géré ton affaire , impossible pour moi de t'accrocher quand tu m'as dépassé , tu étais trop bien , trop vite , tu a du me mettre 8' en 10 km , ça se passe de commentaire...

Bonne récup , les 2h45 n'ont qu'à bien se tenir !

bruno c

Sadok a dit…

Très heureux pour toi Benoît. Tu étais dans un grand jour. Dommage pour le vent mais tu as franchi un grand pas pour plus tard. En plus, tu as cette chance d’être jeune. Donc, tous les voyants sont au vert. Chapeau aussi au coach.

Momo a dit…

Un chrono amélioré face au vent et bien moi je dis : respect.
Une grande connaissance de soi, une énorme confiance, une belle prépa sans aucun doute t'amènent à espérer encore mieux.

Ce n'est que du bonheur de voir que l'on progresse ainsi, malgré les conditions.
Bravo à toi et au coach.

Benoit a dit…

Merci pour vos réactions sympathiques. Il faut cependant que je corrige ce compte-rendu de course : nous sommes au moins deux à avoir battu notre record parmi les 100 premiers... Anthony pourrait en témoigner ! (la modestie de Charlie va encore souffrir ;-))

Oliv a dit…

Magnifique, tu l'as eu ta revanche sur marathon, c'est vraiment beau de persister, de performer dans des conditions suréalistes.

Mounir a dit…

Bravo Benoit,
J'ai la chance d'être entrainé à distance par Coach Charlie. Sa planification et préparation ont été tellement bien faites (pour moi) que je lui ai dit qu'il avait frôlé la perfection. (le résultat se faisant sentir au niveau de la course)

Jérôme a dit…

Au final, il finit avec quel temps ?