samedi 18 décembre 2010

Le temps est passé si vite dans ce TGV


C’est devenu une habitude, lors d’un voyage, alors que le temps semble s’allonger ou bien que l’esprit se met à vagabonder, là je suis dans le TGV, je me mets à écrire.

Le TGV a du bon (en plus deux heures pour moi! )

Lors du WE du 25 et 26 juin, il devrait y avoir pas mal de marathoniens à l’emprunter car l’organisation du marathon Vert Cap Malo Rennes va tout mettre en œuvre pour que les coureurs pensent « vert ».
Le covoiturage est aussi très bien, mais moins bien pour que je puisse écrire.

Flash Back :
Vendredi 10 décembre, je suis à Toulouse pour mon travail, pas de stress particulier, cela se passe bien et je rentre sur Rennes sans encombre à 18h00 content d’être à la maison pas comme certaines fois où la liaison était annulée ou bien pour cause de surbooking, il me fallait prendre la dernière rotation de 22h. Les vols si courts ne me permettent pas d’écrire.

Samedi 11, j’ai animé une belle séance d’entraînement à Melesse avec les clubs voisins de La Mézière et Guipel. Il y avait beaucoup de monde alors nous avons fait plusieurs groupes. Je remercie les entraîneurs d’être venus pour encadrer. Bruno a pris le groupe adulte, Patricia et Jean-Yves de La Mézière m’ont aidé pour les nombreux enfants, eveil athlétique à Cadets.

Vers 11h30, nous nous sommes retrouvés à boire un coup ensuite avec mon noyau dur, mes copains avec qui j’ai passé le WE au marathon de La Rochelle deux semaines auparavant JeanLou, Patrice, Jilali et Bruno non rochelais mais en guest star.

Après cela, direction Nantes, mon fiston Julien y habite et il a rejoint un groupe de musique, il écrit les textes, il chante. Ce samedi soir, son groupe s’est produit lors de la clôture d’un festival. Cela n’a duré que le temps d’un morceau mais cela montre bien le potentiel du groupe. Avec Babeth et Pierre notre autre garçon, nous avons squatté chez le fiston et sommes rentrés sur Rennes le dimanche midi. C’était très sympathique.

Dimanche après-midi, au cross de Rennes Métropole, (photo d' Yves Mainguy sur son site)j’ai couru, les bons m’ont mis un tour, je suis arrivé dans les derniers et j’étais content car mon club était le plus représenté, plus d’un crossman sur dix. L’ambiance était très sympathique avec gateaux, thé, café, vin chaud, mais pourtant pas ce que cela va être au championnat départemental, où cela va être le grand rassemblement du club du début de l’année, nous serons plusieurs dizaines, c’est certain. voir le blog du club
Après un bon WE, Ce dimanche soir, je prenais le TGV pour Paris.

L’éloignement « forcé » m’est désagréable, à cause d’un déplacement professionnel, je suis obligé de quitter ma famille et je ne suis pas bien surtout quand c’est le dimanche soir. Puis, le Lundi, mes habitudes de « célibataire » nomade reviennent, je m’adapte, je prends philosophiquement cette obligation qui est « alimentaire » et j’en profite pour rencontrer des amis.

Cette semaine est passée en un éclair. Les journées étaient à cent à l’heure, le travail était prenant, mon esprit en ébullition en permanence, j’étais sollicité avec un haut niveau de technicité, il fallait le maximum de ma concentration pour résoudre les problèmes.

Le soir, j’étais fatigué, fracassé; à la sortie du travail, un collègue ami me proposait d’aller boire un coup. Nous ne refaisons plus le monde, c’est ce que je faisais à l’époque où nous étions à la fac, il y a trente ans. Nous constatons que nous avons eu des chemins différents et nous nous croisons quand même pas mal ces dernières années.

Deux soirs, j’ai rencontré des amis, une m’a laissé un message qui m’a fait plaisir et qui m’a donné envie d’écrire ce papier. Nous nous sommes rencontrés dans un lieu pas sympathique mais qu’importe ! ce sont les amis autour de la table qui ont rendu la soirée très agréable, les convives où qu’ils soient, sont sympathiques.
Le message qu’elle m’a envoyé est : « toujours aussi facile de parler avec toi. Dommage que ce soit devenu rare ».
Vous comprenez ce que je recherche le plus souvent possible, je veux prendre le temps d’échanger avec les gens que j’apprécie et c’est en général réciproque. Quand il y a des moments de cafard de blues de tristesse, faisons l’effort d’aller vers l’autre, quand je suis fort même juste un tout petit peu fort, je donne ce que je peux en messages positifs , je tends la main pour que l’autre s’accroche et commence sa remontée. Quelquefois, je ne suis même pas fort du tout, c’est plutôt le contraire et c’est juste en se racontant nos vies en mettant en évidence des motifs de satisfaction comme la fierté de ce que deviennent nos enfants, comment ils se construisent avec notre support que je m’aperçois que la vie m’a gâté.

Punaise, la semaine qui vient, j’ai du travail, ras la cafetière, des réunions pour ma boîte, pour le marathon, des rendez-vous de business, des courses à faire en vue de … Noël en famille, parce que je l’ai voulu ! Maman sera là, Papa est dans nos pensées.

Mon message, en cette période où c’est difficile d’aller s’entraîner car c’est bien l’hiver :
Athlètes vous avez l’entraîneur que vous méritez, entraîneurs c’est vous qui avez le choix de vos athlètes. Il n’y a jamais de hasard, nous méritons nos relations, nos amis, nos enfants , ceux qu’on aime et qui nous aiment ou bien ceux qui sont indifférents voire méprisants.

De mon côté, malgré tout le boulot pro ou bénévole, même si je n'ai pas couru une seule fois cette semaine, qu'est-ce que je suis bien!


mardi 30 novembre 2010

benoît au marathon de La Rochelle

Voici ce que m'a envoyé benoît Blanchard :
la courbe de FC de son marathon et son récit, c'est quand même bien sympathique de revenir de La Rochelle avec une très belle réussite sportive.

Récit:
Cette fois-ci, c’est la bonne : la préparation s’est déroulée sans le moindre accroc, tous les signaux sont au vert, même la météo annoncée pas terrible ne m’inquiète pas. Tant qu’il n’y a pas de vent et pas trop de pluie c’est OK. Le froid, je m’en accommoderai.
Voilà, le mental est au top, y’a plus qu’à… Pour ce marathon de la Rochelle, j’aurai le privilège d’avoir à mes côtés mon pote Manu, spécialiste de tennis de table avant tout, mais que j’ai convaincu il y a maintenant plus de 2 ans d’essayer de courir un marathon. C’était au Mont Saint Michel en 2008, avant la course, il avait décrété qu’il le faisait pour ne pas mourir idiot, mais qu’il n’en ferait qu’un. Il prenait dimanche son 6ème départ de marathon, après un échec 6 semaines auparavant à Vannes, terminé en 2h54’ après être parti sur des bases inférieures à 2h40’… Pas mal pour un pongiste !
Nous rentrons dans le sas moins de 10 minutes avant le départ, nous pensons être bien placés. A l’arrêt, ma FC reste sage, aux alentours de 90, c’est correct compte tenu du contexte. Le départ est donné, finalement nous ne sommes pas si bien placés que ça (tout est relatif, bien sûr…) puisque nous mettrons 20 secondes à franchir la ligne de départ, et encore quelques secondes de plus avant de courir… et encore quelques minutes de plus avant de courir à notre rythme. Quelle densité devant ! Allez, c’est parti, on y est. 1er km : 4’12’’. 20 secondes de perdues d’entrée. Et le cardio qui s’affole, mais ça, c’était prévu, donc pas de panique. Je sais qu’il faudra peut-être un quart d’heure avant que mon bracelet magique ne daigne me donner des données de FC réalistes. Pour le moment, on gère prudemment, le cardio indique 190 pulses/mn… La densité reste très forte, nous sommes pour le moment toujours derrière le ballon des 3 heures, je sais qu’il faut absolument se dégager de cette zone, beaucoup de coureurs visant cette marque au départ. 3’58’’ au 2ème km, toujours pas moyen de courir droit. On arrive au 5ème km, j’ai enfin des données fiables pour la FC : je suis à 161. C’est bien, cela aurait pu être mieux. Cela correspond à mes sensations du matin : je suis dans un bon jour, mais pas dans un grand jour. Je ne suis pas en promenade, j’avance bien, mais je n’ai pas l’impression d’être en roue libre comme c’était le cas le jour de la dernière séance d’allure spé. Bon, les kms commencent à défiler : 3’50’’ par ci 3’58’’ par là… Je regarde le cardio, mais je regarde aussi Manu. On n’échange presque pas, mais on est en permanence en train de s’assurer que l’autre est bien là. La répétition de l’allure cible à l’entraînement me donne une certaine liberté vis-à-vis du cardio : je ne le consulte pas souvent, je sais que je suis dans le tempo. Je lappe tous les kms, mais je ne regarde pas mon temps global : durant toute la course, je n’aurai pour information chronométrique que le temps du dernier km effectué, ainsi que les estimations de temps d’arrivée données par les bénévoles à certains points du parcours.
Le premier ravito me rappelle qu’il fait froid, et qu’il va falloir s’hydrater avec précaution, si je souhaite éviter les nœuds à l’estomac : l’eau est glacée. La constante, c’est que les temps au km sont stables, entre 3’51’’ et 3’58’’ selon le relief, mais que les sensations ne sont pas formidables. Je suis bien pour le moment, mais j’ai l’impression d’avoir déjà des sensations de 25ème km. Près à basculer dans le dur. Pourtant la FC reste sage (entre 161 et 163, parfois 166 quand je ne relâche pas suffisamment dans une portion ascendante un peu longue ou que Manu embraye, et que je ne veux pas le lâcher), mais je suis en état d’alerte maximale. Pour le moment, ça va, nous rattrapons Anthony Davourie de la JA, ainsi qu’un bon petit groupe peu avant le 15ème km. Quelques mots avec Anthony : nous nous sommes fixé tous les deux 2h45’, mais nous sommes d’accord pour dire que ça va être tendu aujourd’hui. Bon, Anthony a envie de discuter, je lui apporte des réponses minimalistes, j’ai envie de me mettre dans ma bulle, mais il est bien mieux que moi… Notre groupe est composé de 6 ou 7 coureurs, et nous avançons désormais comme un seul homme, je suis souvent à l’arrière, mais pas de problème pour suivre l’allure. Pendant la boucle du port des Minimes, Manu et moi, sans nous concerter, prenons la tête du groupe dans la longue montée en ligne droite afin de soutenir l’allure (je n’ose pas regarder le cardio, la courbe consultée après course m’indiquera que la FC n’a pas bronché). Dans le centre de La Rochelle, juste après le passage du semi, je fais le malin, en haranguant le public bien présent pour avoir encore plus d’encouragements… Je ne connais pas mon temps cumulé, je sais juste que je suis toujours très régulier, et je ne me pose aucune question. Mais je sens que les jambes commencent à être dures, rien de méchant pour le moment, mais cette sensation précoce de difficulté est pleine de promesses pour la demi-heure à venir ! Côté FC, RAS : toujours 161-162, je ne regarde presque plus. D’ailleurs, je sais déjà que dans quelque temps, je vais continuer de lapper les kms, mais je ferai en sorte de ne pas voir ce qui s’affiche afin de ne pas me démoraliser en voyant les secondes s’envoler.
Je le sens le coup de moins bien. Manu se sent pousser des ailes, reprend la tête du groupe, et il prend même quelques mètres d’avance. 5 mètres pas plus, mais dans la tête je gamberge. Si le groupe part sans moi, je sais que ce sera très dur. Finalement, ce mauvais moment passe, mais la course a basculé. Je commence à enfiler mon costume de guerrier. Je rejoins Manu au passage du 27ème km (il court avec le dossard d’un gars, blessé pour La Rochelle, qui a abandonné au 27ème km lors du seul marathon qu’il a couru, ce qu’il regrette profondément depuis, car nous sommes assez chambreurs entre nous…), et Manu me dit avec un grand sourire : « contrat rempli ». Moi, je commence à être dans le vrai dur, et lui, il ne pense qu’à ses conneries ! Je me marre quand même. Mais c’était peut-être le chant du cygne pour Manu : il rentre dans le rang. Je ne le vois plus à côté de moi, il est toujours dans le groupe, mais ça se durcit. On arrive au 30ème km, notre fan club est là.

Manu (le maillot jaune derrière le maillot rose) décroche. Chacun sa course maintenant. Pour moi, la stratégie est simple : résiste. Les kms ne sont plus faits en 3’55’’, mais plutôt en 3’59’’. La FC est toujours à 162. C’est la guerre. Mon état est stationnaire jusqu’au 32-33ème, c'est-à-dire que je ne souffre pas plus qu’au 30ème, je réussis un joli 3000 en 11’43’’ (j’ai loupé deux pancartes kilométriques) à ce moment de la course. Puis encore un 7’55’’ sur le 2000 suivant. Encore une pancarte loupée, la lucidité s’en va. Je suis au 34ème ! Finalement, c’est dur, mais j’arrive dans le final… Je ne m’effondre pas ! Et à votre avis la FC ? 162 ! Et là je commence à m’accrocher à tout. Il me reste 8 km. J’ai fait une fois 8000 mètres autour du stade en allure spé. C’était pas très long, et surtout, c’était facile. Allez, en route. 3’54’’ le 35ème. Je serre les dents, ça commence à faire très mal, mais je ne cède toujours pas. Je regarde le Garmin pour savoir quand viendra la prochaine pancarte kilométrique… Déjà 300 mètres de faits, 500 mètres, …, 36 km ! 4’02’’. Ça tombe un peu, mais c’est OK. Je suis au bord des crampes, un cachet de sporténine et ça repart. 37ème : 4’03’’, 38ème : 4’05’’. C’est dur, j’en ch… mais je ne lâche rien. 39ème : 3’55’’ ? Moi, le zombie, j’arrive encore à faire ça ? 40ème : 4’26’’… Ahhhhhhhh, les panneaux étaient mal placés… Ça sent l’arrivée, je donne tout, je n’ai aucune idée du chrono global, dans ma tête, à cet instant, je ne pense qu’au 2 derniers km, et je suis persuadé que ça va être chaud pour faire moins de 2h50’. Tant pis. J’avance, je me bats, on arrive en ville, le public nous pousse, le fan club est là de nouveau :

Je les vois à peine, je suis intégralement tendu vers la ligne d’arrivée… Je ne sais toujours pas où en est le chrono ! Et puis viennent les pavés, le dernier virage vers la ligne d’arrivée, le tapis bleu, et le chrono officiel qui égrène les secondes : 2h47’ ! Je suis fou de joie, et je dois bien admettre que j’ai été très démonstratif dans ces instants… Je hurle, le speaker me demande si j’ai battu mon record : « oui, de plus de 3 minutes », puis il me signale que c’est bon, je peux m’arrêter de courir… Euphorique le bonhomme ! Une vague de sanglots me submerge, il fait un froid de canard, mais je suis sur mon nuage. Manu me rejoint, il a claqué 2h49’, pas mal le pongiste, merci pour les 30 bornes passées ensemble (et le partage muet de la souffrance qui monte) et les quelques entraînements communs ! Mieux qu’un lièvre, Manu c’est un relanceur d’allure ! Impossible de s’endormir dans un faux rythme avec lui.
Merci Charlie, le palier est franchi, on peut viser plus haut maintenant !

lundi 29 novembre 2010

bilan très bref de La Rochelle

Encore une fois, cela a été un WE chaleureux avec mes amis marathoniens. Avec certains d'entre eux, j'ai couru 3 fois La Rochelle et des dizaines de marathons en France et à l'étranger. Nous avions pour objectif de ne pas marcher. A part au ravitaillement où l'eau était glacée et il fallait y aller très doucement, cela a été respecté. Pour ma part, le résultat chronométrique est médiocre et je ne suis allé au bout seulement parce que je pensais à des gens chers, à des amis qui ne peuvent pas courir ni même marcher.
En tant que coureur je termine dernier de mon club en 4h00, en tant que coach, je suis très très content car il y a eu un record personnel et des très grandes satisfactions chez des anciens qui retrouvent des chronos corrects.
Benoît Blanchard a enfin passé un palier après plusieurs tentatives "mitigée". Il nous concocte un compte-rendu.
Quelques chronos du club: patrick Helleux 2H45 éric Demeleumester 2h45 anthony Davourie 2h46 Benoît Blanchard 2h47 Jean-René Vallerie 2h59 ... les autres seront bientôt en ligne sur le site du club
Merci aux bénévoles du marathon de La Rochelle car ils ont dû sérieusement se les geler. Dans mon cas, une fois mes gants trempés, le froid les a "congelés" je ne pouvais plus prendre mes ravitos persos et j'ai profité du thé sur les stands pour me réchauffer un peu les mimines.

mercredi 24 novembre 2010

Courbes de FC marathon et préparation



Une superposition de deux courbes avec deux chronos proches 2h38 2h39 puis



Premier et deuxième semis zoomés
Ensuite, quelques courbes à allure marathon dans la préparation

J-10 J-18 et S - 7

vos commentaires sont les bienvenus

mardi 23 novembre 2010

a relâché versus à relâcher

Non je ne suis pas professeur, oui j'encadre, oui je dirige

Non je ne suis pas doctoral, oui j'aime faire comprendre, oui j'ai du plaisir à progresser et à faire progresser.

Non je n'aime pas l' "à peu près" quand c'est quantifiable, non je n'aime pas la quantité et je préfère la qualité.

Mais quand je fais des calculs pour trouver le bon dosage en volume avec les bonnes allures pour jouer sur l'intensité et la bonne récupération pour rester dans la bonne filière, je ne demande pas d'être précis au dixième de seconde mais l'athlète doit être vigilant pour ne pas faire autre chose que ce qui était demandé.

En informatique, une lettre en moins c'est à coup sûr un bug (anomalie logicielle). Une erreur de limite et ça part dans les décors. Par exemple de zéro à N au lieu de zéro à N-1.

Dans notre cadre, respirer fort pendant 200m c'est de l'aérobie, sprinter en bloquant sa respiration en fin d'intervalle c'est passer en anaérobie.

Dans un plan d'entraînement cela peut être la séance de qualité de trop ou bien la séance de récupération en moins.

De l'inexactitude c'est faire quelque chose qui ressemble mais qui est à côté de la plaque.

Exemple 6x200 en sprint récupération passive n'a rien à voir avec 15x200 en VMA récupération trottée.

Autre exemple 12x500 en 1'38 récup 45 sec au trot ce n'est pas 8 x 500 en 1'32 récup 1' puis 1'5 puis …. 1'30 et les 4 derniers zappés parce que le gars est fracassé.

Petite séance de VMA à volume réduit où le gars n'a pas eu l'impression d'avoir couru assez et séance allongée parce que le gars a trop l'habitude d'être rincé le mercredi jour de la séance en groupe "compétition"


C'est amusant car dans d'autre sports, il y a les mêmes cas de figure. Au judo c'est aussi le mercredi soir qu'on ressort très très fatigué.

Revenons à nos préparations marathon, quand on n'est pas attentif, quand on n'est pas vigilant des choses qui semblent être des détails peuvent mener à l'échec. Or, le succès sur un marathon nécessite, la conjonction de beaucoup de petits détails.

Un athlète s'est entraîné 2 mois, 2 lunes, ou plutôt 8 semaines, ou en étant plus précis 6 semaines dures, une semaine progressivement facile et il lui reste quelques jours à recharger les muscles, le foie en glycogène tout en restant serein. Ce n'est pas le plus facile que de rester calme les derniers jours avant l'épreuve car on n'a plus l'habitude de ne pas être fatigué et le cerveau se met à tourner en boucle. Pour certains, c'est le sommeil qui pose problème. Pourquoi ne pas lire, méditer ... pour retrouver le sommeil.

Là, le marathonien doit être attentif, par exemple, il ne doit pas se promener en pleine nuit, pied nus dans le noir parce qu'il pourrait taper son gros orteil contre une porte.

Il doit faire attention à bien se couvrir pour ne pas attraper froid quand il fait ses étirements après le retour au calme.

Il doit veiller à bien s'hydrater les derniers jours avant le jour J.

Imaginons que je reçoive des courriels succincts de trois coureurs, avec peu de mots :

Coureur A – 2x3000 12' r2' Sensations Moyennes – récupéré

Coureur B, 2x4000 FC pas top > samedi – bonhomme récupérer

Coureur C, 4K+3K rappel allure FC marathon 162 puis 165, séance de régénération 45' à faire en dessous de FC 145

Si le coach ne connaît pas les habitudes en orthographe des gars, il va être obligé de vérifier.

Quand on doit récupérer c'est qu'on n'a pas récupéré.

Le bonhomme B doit sans doute se reposer

Le bonhomme A a partiellement récupéré

Le bonhomme C a l'air d'être serein et il connaît même là où il ne "travaille" pas c'est à dire en dessous de la FC 145.

Quand on dit qu'il faut relâcher, c'est que le travail a été fait, il ne faut plus s'entraîner mais juste aller faire quelques footings pour être bien, prendre le soleil si possible, bien s'oxygéner.

Le coach a médité, il a lu, il n'avait pas écrit depuis quelques temps, il a regardé les courbes de FC des quelques athlètes de son club (entraînements et compétitions, bruno, alain, cédric, olivierx2,thierry), c'est instructif, il lui reste à :

  • dimanche matin, courir pour lui même, pour son plaisir

  • dimanche après-midi, se congratuler avec les copains marathoniens avec leur médaille autour du cou

  • éventuellement se chambrer, car c'est une partie très sympathique des déplacements en groupe

  • ensuite, à la maison, sur l'ordinateur, il faudra analyser

  • les jours suivants avec les autres entraîneurs et les autres membres du club, il y aura discussion, quelquefois ça paraît ch... pour les non-initiés mais l'essentiel c'est que nous avons plaisir à progresser entraîneurs et athlètes, certains y voient du formalisme, du pinaillage, de la forme, venez boire un coup et vous trouverez peut-être du sens à tout cela.

  • …



mardi 9 novembre 2010

le plaisir de ne pas faire semblant

Quand on me rencontre, qu'on me connaît comme entraîneur ou bien comme athlète qui fait pas mal de sorties par semaine,
on me dit trop souvent: "oui mais moi je cours pour le plaisir!"

Cela me fait mal et à chaque fois, je ressens un mélange de tristesse et de colère contenue;
Ce que je sous-entends: "toi charlie tu cours ou tu fais courir comme d'autres vont à l'usine".
C'est biaisé parce que je ne suis pas content mais c'est ce que je ressens, ce que je ressasse et ça me fait ch... .

Ce que ne savent pas toutes ces personnes qui croient être dans un autre monde,
je me nourris de plaisir, de bonheur, de successions de gourmandises diverses et variées.

Le WE dernier j'étais à Morlaix, deux semaines avant à Vannes et j'ai rencontré des coureurs qui m'apportent des motifs de satisfaction, de plaisir du travail bien fait.
On peut aussi avoir du plaisir à travailler.

Dans mon monde de passionnés, il y a toutes sortes de personnes impliquées dans la course à pied.
Il y a des organisateurs de courses, mes amis du marathon de Vannes par exemple, ils courent quand ils peuvent mais oeuvrent beaucoup pour les autres coureurs.

A Vannes, il y avait des marathoniens de divers horizons et nous nous sommes salués, il y avait les meneurs d'allure u service des marathoniens,
il y avait bien sûr des athlètes de mon club qui ont couru et très bien couru.
Deux d'entre eux ont amélioré leur record personnel sur la distance mythique, je vous assure qu'ils ne courent pas pour de l'argent mais bien pour le plaisir.
Quitte à courir un marathon, ils donnent tout ce qu'ils peuvent et ne veulent pas de regret, pour cela ils s'entraînent du mieux possible et en général 5 fois par semaine.
Pour certains c'est beaucoup pour d'autres c'est un peu juste.
Pour que ces deux garçons aient pu courir leur marathon, il a fallu que les bénévoles de Vannes travaillent une année complète.

Sur Morlaix, un coureur que je croise dans mon activité professionnelle une fois par an peut-être m'a ensuite laissé un message: "content, de t'avoir vu même très peu de temps alors qu'il est un lecteur régulier de mon blog"
Cela m'a en quelque sorte inspiré ce papier.

Merci olivier H.
nous nous reverrons à La Rochelle.

D'autres m'ont dit de vive voix qu'ils se demandaient ce qui se passait parce qu'ils visitaient régulièrement le blog et que mes papiers devenaient rares.

En effet, il y eut des périodes avec un papier par semaine et depuis cet été, la fréquence est plutôt passée à un par mois.

Dois-je écrire un papier très fréquemment comme si j'étais rédacteur dans un hebdomadaire ou bien me laisser guider par mes envies?
"Oui mais moi j'écris pour le plaisir" est-ce pour cela que les autres écrivent sans plaisir ?
C'est comme pour la photographie, il y a des photographes amateurs et il y a les professionnels cela ne donne pas le même résultat mais je suis sûr que les pros ont énormément de plaisir dans leur art.
Tout à l'heure je vais aller encadrer l'entraînement à Melesse avec plaisir.
Là j'écris avec plaisir.

Le plaisir de vous retrouver, le plaisir de me retrouver, le plaisir de mettre du sens dans ce que je fait dans ce que je transmet.

A mon retour du vietnam, j'ai été pris dans un tourbillon, entre mes obligations professionnelles, mes engagements comme responsable dans la course à pied, je n'ai presque pas eu de WE de repos en Famille.
Au summum de mes déplacements s'est aussi greffé mon engagement à courir le 100km de Millau. Ensuite, je me suis aperçu que je n'ai tenu aucun entraînement à Melesse pour cause de déplacement en 4 semaines.
Au Bilan, des Week Ends, Millau, Paris, Pointe à Pitre, Paris, Vannes. Ma famille m'a manqué et j'ai eu un grand coup de cafard.

Quand je me mets à écrire en utilisant la première personne du pluriel, il y a suspicion de schyzophrénie.

Nous avons des personnalités multiples, nous avons des rôles multiples, jouons nous la comédie ou sommes nous sincères ?

Nous arrivons au pourquoi de tout ce charabia qui paraît sans queue ni tête et pourtant c'est pour vous rassurer que loin est la folie et presque loin est le pétage de plomb.

Nous y sommes, faisons une liste des différents rôles qui rythment, nourissent, agrémetent nos vies.
Devons nous les prioriser, les classer ?

Nous n'y arrivons pas.

Si quand même,
dans le temps passé,
- c'est la famille qui en a le moins mais c'est le plus important,
- le travail est important, car nécessaire et
- le reste est accessoire.
la course à pied qui est accessoire prends quand même énormément de temps.

Dans toutes ces facettes, recherchons du sens.

Pour boucler ce papier, nous allons faire le chemin à l'envers entre ce vendredi 5 novembre et le dimanche 31 octobre de St Pol Morlaix

Ce vendredi matin, se tenait une réunion d'organisation du marathon de Rennes, nous avons finalisé le parcours du 26 juin 2011.
Nous avons discuté sur les demandes des marathoniens.
Quel est le point de vue des coureurs, qu'est-ce qu'ils recherchent.
Un parcours, des animations, du public, un chrono, pas de chrono, un TS, une médaille ... un sourire , de la reconnaissance?

Nous travaillerons plusieurs années pour que ce soit un succès à toujours renouveler et améliorer.
Nous allons commencer par une première édition, les critiques nous permettront de nous faire progresser.

Dans l'équipe, il y a des non-coureurs, le maître mot :"donner du sens".
Nous nous sommes engagés pour un marathon avec
- une charte pour un eco coureur,
- avec un engagement de soutenir, financer un orphelinat et un stade en Ethiopie avec Mama Ethiopia.

Encore une fois, croyez vous qu'il n'y a pas de plaisir quand on s'engage, quand on se mobilise, qu'on est bénévole ?
Nous avions autour de la table le charlie marathonien, le charlie entraîneur pour parler de ses athlètes et le charlie organisateur de course.

Les rencontres et les personnages rencontrées sont multiples et de tous horizons, c'est une vraie richesse.

Jeudi
journée de travail au bureau, il y a le charlie chef d'entreprise, il faut aussi la facette professionnelle, pour équilibrer une vie normale et gagner sa vie.

Jeudi midi, entraînement au stade à Cesson-Sévigné à 500m du bureau, c'est tellement pratique et tellement bien de pouvoir s'entraîner quand il fait jour.
C'est mieux pour le moral et c'est tellement agréable de voir les copains sur le stade et autour des étangs pour l'échauffement.
Nous étions plusieurs entraîneurs Bruno, Thierry, Alain de Cesson. Pendant l'échauffement nous échangeons, nous partageons des points de vue et nous profitons de la présence de quelques coureurs que nous suivons pour donner des consignes ou bien affiner une séance de qualité.
Affiner c'est par exemple, changer la quantité des intervalles ou bien changer les temps de récupération ou bien simplement annuler une séance, la transformer en footing plus étirements.
Nous avons l'impression de toujours dire les mêmes choses mais il y a toujours des "débutants" qui ne comprennent pas qu'un plan doit être adapté à notre rythme de vie à
des obligations familiales ou professionnelles.

En terme de planification d'entraînement, il y a même des coureurs avec 15 ans de CAP qui sont encore débutants.

illustration: Une réunion nous empêche de faire la séance prévue alors le coach propose une réorganisation de la semaine.
Le boulot va nous bloquer jusque très tard alors pas de piste disponible nous changerons la séance de temps de controle sur distance, nous passerons en intervalles temps de course temps de récupération "dans le noir".

Des coureurs s'entêtent à vouloir rattraper la séance, c'est malheureusement souvent la cause de blessures petites ou graves.

Sincèrement, la séance de jeudi midi a été très très agréable, Thierry encore sur un nuage après sa course de 10km Taulé-Morlaix a fait sa dernière séance de rappel d'allure marathon à J-10.
Sur une base de 3'55, il est calé pour 2h45 au marathon Nice-Cannes. C'est tellement imprimé, que sa Fréquence cardiaque est extraordinairement basse dans son 2x4000.
Alors que certains sont à FC 168, lui est en dessous de 150 et dérive jusqu'à 152 au bout des 8000m. Olivier LM qui a fait le même chrono à Taulé avec la même FC sur 10K avait une FC à 154, à Berlin cela a donné 2h46. C'est super pour le moral d'Olivier et pour le mental de Thierry
Le cardio-fréquence-mètre servira surtout à enegistrer la courbe pour analyse ultérieure car sur la course, nous savons que thierry ne sera pas à 152 mais il devra quand même ne pas aller se cramer à des FC hautes trop tôt.
Pendant que thierry tournait, d'autres faisaient footing de récupération et ceux en préparation de La Rochelle avaient encore le semi st pol morlaix dans les pattes les premiers jours de la semaine et n'ont fait de la qualité que mercredi ou ce jeudi.
Au bilan de ce jeudi, charlie chef d'entreprise, charlie coach, charlie coureur, le soir quand même charlie en famille.

Mercredi
journée au bureau, pas de séance au stade le midi pour cause de réunion de préparation du marathon de Rennes.
Les fidèles gentils organisateurs du club JA Melesse sont de la partie, Bruno et Thierry. Nous sommes très satisfaits de cette rencontre à 8 mois d'un événement où nous ne courrons pas mais nous allons faire de nombreux heureux.
Courir un marathon c'est fabuleux permettre à des centaines de réaliser leur rêve c'est magnifique.

Cela tombe bien de ne pas courir, les quadris sont encore un peu douloureux à cause des bosses de St Pol Morlaix.
charlie coureur en récupération

Mardi,
qu'est-ce qu'ont fait tous les multiples Charlie ? en cette seule journée vous avez un panorama de ce qui se passe presque tous les jours de la semaine.

Le charlie matinal, ouvre l'oeil à 5h, c'est tôt, mais il n'arrive pas à rester au lit, alors avant d'aller faire un footing à la frontale il se met à l'ordinateur.
P... de nombreux courriels sont dans sa boîte, il y a de tout, des messages pro, des interrogations d'athlètes en pleine préparation, des questions de coureurs divers même pas dans son club ni même des amis qu'il suit.
Il y a des mails liés à des obligations administratives, cela concerne le charlie président de l"association multisport de Melesse au dessus du club d'athlé.
Il y a des messages concernant le charlie directeur technique du marathon.
Il y a des messages concernant les mutations ou bien les invitations aux divers cross officels ou non.
Le président du club d'athlé doit gérer sa présence ou non aux différentes instances dont la future AG de la LBA.
Le soleil se lève et le charlie internaute n'a pas fini de regarder les différents comptes web qu'il gère (charlie perso, charlie boulot, marathon rennes).
Tant pis, trop tard, pas de footing, il faut aller au bureau après plusieurs heures de traitement informatique. Un courriel peut "couter" 1/2 seconde c'est à dire envoi dans la corbeille, comme plusieurs dizaines de minutes comme par exemple la réception d'une courbe de FC qui montre qu'il faut modifier les séances à venir.

La matinée passe très vite le charlie informaticien quitte son bureau, 12h c'est déjà l'heure d'aller retrouver les copains au stade.
Quel bonheur de retrouver l'ambiance course. Dès le vestiaire ça parle des performances de chacun, qui sur Taulé, qui sur St Pol.
La compétition est encore présente dans les mollets, les ischios et les quadris, donc pas de séance dure, seulement un footing.
Avec les sensations comme cela, ça encourage le charlie entraîneur à demander à tous ses athlètes à vérifier qu'ils ont un peu récupéré avant de reprendre les séances dures.
En terme de volume, on pourra diminuer d'un tiers les séances classiques.
En fait certains ne préparent rien de bien précis, ils sont en préparation générale alors nous appliquons le standard, 10km à fond 72h de récup, semi à fond 5 jours de récup.
Si par contre, comme c'est le cas de pas de gars de Melesse, nous somme en préparation spécifique marathon de la Rochelle en l'occurence, nous devons reprendre l'entraînement avant d'avoir complètement récupéré.
Les préparations marathons ont toujours des semaines chargées avec des séances qui s'enchainent et certaines se font sur fond de fatigue.
Le charlie marathonien sent bien qu'un semi dans une préparation spécifique doit être bien géré car la fatigue n'est pas anodine.

Lundi 1er novembre
C'est un jour férié, cela faisait des lustres que le charlie matinal se levait entre 5 et 6 heures WE compris, là, lever 8h c'est une méga grasse mat'
Il est clair que le corps se souvient des efforts fournis la veille, pas de footing à la fraîche et par contre début d'analyse des courbes de FC des copains.
Comme la plupart n'ont pas encore envoyé leurs fichiers polar ou garmin, c'est "analyse comparée" de celle de patrick qui portait mon polar et la mienne que j'ai récupéré de ma montre garmin, via le logiciel GTC, Sportracks puisle convertisseur fitlog/hrm-pdd.
La courbe de patrick n'est exploitable que sur la fin du semi. La mienne montre les dénivelées ... pfff... c'est vrai que c'était dur.
Tous les copains m'ont rappelé que leur plans d'entraînement s'arrête le 31 octobre. En effet, j'ai besoin de voir dans quelles conditions ils ont couru le dimanche pour peaufiner la suite.
Pour La Rochelle nous entrons dans les deux dernières semaines les plus chargées. C'est souvent là qu'interviennent les blessures si nous n'écoutons pas notre corps.
Nous avons en général suivi une progression dans le volume et le corps a bien été sollicité.
Le semi à 4 semaines n'était pas obligatoire mais c'est le seul que nous avions, je préfère celui à 3 semaines quand c'est possible mais avec La Rochelle ça a toujours été St PolMorlaix à 4 semaines.
Il y a plusieurs stratégies et plusieurs conséquences sur le coureur.
Certains font un relâchement relatif avant le semi et courent le semi à fond et arrivent à faire un super chrono voire battent leur record.
Ils sont euphoriques ensuite, continuent un plan qui tient compte ou non de la récupération, se blessent ou non et 4 semaines après, ils font un chrono ou non.
Certains sont en plein dans les semaines de montées en volume, ne relâchent pas et courent le semi sur fond de fatigue.
Ils ne font pas un beau chrono, certains font une mini-déprime, le coach doit les engueuler et leur rappeler que c'était une compétition intermédiaire en pleine prépa.
Parmi ces coureurs, il y a des habitués aux semis de prépa et constatent qu'ils ne sont même pas fatigués après.
En terme de FC, nous avons de tout.
Le parcours st Pol Morlaix ne se prête pas du tout à travailler un rythme régulier avec des allures calibrées et des FC correspondantes.
Le seul travail contrôlé ne peut se faire que par la FC ou bien comme font les anciens hostiles au CFM en course, ils font à la sensation.
Pour ma part, utilisant la FC depuis de nombreuses années, je demande à mes gars de le mettre, d'enregistrer et soit de ne pas le regarder soit de fixer des valeurs à ne pas dépasser jusqu'au 7, puis jusqu'au 15 et plus rien jusqu'à la fin.
Dans les semaines qui entourent le semi il y a des séances avec de l'allure spécifique marathon, les FC vont sans doute évoluer, elles sont un très bon indicateur de l'efficacité de l'entraînement.
Même avec des gars connus depuis plusieurs années, la courbe de chûte de FC à allure spécifique marathon n'est pas la même à chaque préparation.
Nous constatons des chûtes de 5 pulsations en 5 ou 6 semaines et quelquefois cela va même au delà de 10 puls.
Attention, je dirais "au pif" que cela représente 90% du résultat final.
Le coach est désappointé quand il est sûr archi-sûr que son gars va faire une perf à la vue de la fin de préparation et que le jour J, cela ne se fait pas.

Dans l'après midi, je me suis reposé, j'ai fait une sieste, ensuite je suis allé au crépuscule faire un petit footing. De m'habiller, de mettre les chassures de course, cela ne me faisait pas vraiment plaisir.
Un lundi normal, c'est l'heure où je me dis :" une journée de travail, je ne suis pas en forme mais je ne dois pas me poser de question, j'y vais" et je vais au Dojo, je monte sur le Tatami, dès l'échauffement je suis fatigué et n'arrive pas à tenir le rythme des jeunes mais je suis bien au fur et à mesure que le temps passe.
Là ce n'est pas un lundi normal, je ne fais pas de judo et au fur et à mesure des kms courus, je me sens de mieux en mieux.
Le plaisir est là. Oui je cours pour le plaisir et Oui je vais me faire plaisir dans 4 semaines à La Rochelle, je n'y vais pas comme professionnel, je n'y vais pas contraint et forcé, j'y vais parce que j'ai retrouvé l'envie de tout donner, de ne pas faire semblant, je n'irai pas faire une grosse randonnée urbaine, "être marathonien c'est courir un marathon, donc c'est courir 42,195km".

Dimanche 31 octobre
Nous avons reculé l'aiguille de nos montres d'une heure.
Après mon voyage aux caraïbes, mon horloge biologique s'était un peu décalée, avant je me levais à 5h après c'était 6h.
Avec le passage à l'heure d'hiver, rebelote, tous les matins, ce sera 5h, là, c'est pire, je retrouve ce que je n'avais pas connu depuis très très longtemps.
Avant les compétitions, je dormais très mal, je me levais très tôt voire je ne dormais pas du tout.
Plusieurs fois pour La Rochelle couru je crois 4 fois, j'ai fait nuit blanche.
En ce jour de St Pol Morlaix, cela me fait drole de retrouver le stress du compétiteur.
Mon sac est prêt depuis samedi soir.
Ma décision avait été déjà prise, tout le semi sera couru à l'eau.
Si je tape dedans, je devrais connaître une hypoglycémie vers la fin.
Les dernières fois où j'ai fait cela, c'était au 18ème donc 3 kilos dans le dur, très dur comparable à une fin de marathon.
Le plan est de constater sur le plat le mauvais rendement FC/allure en étant archi-cuit.

rdv 8h15 pour prendre le car direction Morlaix, le club a réservé le dernier disponible et c'est un 50 places. Nous somme dix-huit, je trouve débile que des dizaines de voitures feront le trajet aller retour Rennes Morlaix alors que nous avons de la place.
la prochaine fois nous communiquerons mieux et ceux qui aiement ces déplacements en car feront de la promotion.

Le trajet aller est très sympathique et calme.
Nous discutons et constatons que même si nous nous voyons aux entraînements et aux courses, c'est rare d'avoir autant de temps pour discuter et partager.
Je décide de ne pas perturber la concentration des coureurs et moi-même constate que le stress continue à grimper.
Les compétiteurs connaissent cela, le goût dans la gorge comme si "l'acide" remontait. D'autres disent avoir "le coeur au bord des lèvres".

Dans le car du retour, chaque coureur a pris le micro et a raconté sa course. Il y a eu de très belles expériences avec pour la plupart la fierté d'avoir battu son record personnel sur 10k ou sur semi et pour d'autres d'avoir vécu un bon moment.

Ma course en elle-même ... c'était pour moi un grand moment de retrouvailles avec la pugnacité du compétiteur. L'hypo prévue a bien été là juste dans la descente après taulaix donc elle a été vers le 17ème, la fin sur le plat a été dans le dur. Tout le monde me doublait. L'envie d'abandonner était là comme sur la fin d'un marathon. L'allure était pitoyable.
Un kilo avant la fin mon amid dédé Sicot s'est mis à courir à côté de moi, il m'encourageait, je le voyais bien regarder ma foulée alors je m'appliquais à ne pas être "moche".
Il ne m'a fait de reflexion alors aux prochains entraînements je pourrais encore montrer les éducatifs et répéter que sur la fin, le travail de PPG et PPS permet de ne pas se ratatiner.
Certes je suis loin des chronos d'il y a cinq ans (13 minutes de plus au semi), c'est comme ça, c'est la vie, mais en tous cas, mon moral est excellent j'ai envie d'en découdre j'ai envie d'aller au maximum de mes capacités actuelles.
Si j'avais un entraîneur il accepterait de prendre du temps à regarder comment me faire faire le maximum et nous aurions sans doute ensemble plaisir à performer.


samedi 2 octobre 2010

Le voyage de Millau

Il y a des voyages et des voyages.
Des voyages pour fuir, des voyages pour former la jeunesse et pour moi, des voyages pour forger ma sagesse. Mon voyage au Vietnam, cet été, me fait encore venir la larme à l’œil, ma poitrine se met à se serrer, c’est un mélange de sensation de nostalgie et de bonheur d’avoir voyagé si loin et si près de ce que je suis, un bout d’éternité de mon papa. Il n’est plus là mais il est souvent avec moi quand j’ai besoin de son soutien dans les coups de moins bien. Là, je suis dans un autre voyage, il est transatlantique alors il me permet de ne pas être happé par la continuelle connectivité à l’Internet et au réseau du téléphone mobile. C’est un moment de sérénité, le moment d’avoir l’esprit qui s’évade et le moment privilégié où je communique avec vous mes lecteurs mais aussi et surtout avec moi-même.
Des voyages m’ont fait grandir, il y a pile une semaine j’étais avec mes amis de courir-avec sur les routes de Millau à Millau via Le Rozier et via Saint Affrique. Grandir ce serait peut-être passer de celui qui ne fait que recevoir à celui qui reçoit et redonne, partage la chance d’avoir connu des êtres humains qui ont donné. Recevoir, donner, partager. Le voyage pour grandir ; comme vous tous j’ai été un bébé, je criais parce que j’avais faim, maman m’offrait la tétée, une maman ne se pose pas la question : « est-ce qu’il faut ou non donner à son bébé ». Tant que j’étais un enfant je recevais, on me donnait une friandise, c’était dans l’ordre des choses, j’ai été un peu capricieux mais une famille nombreuses m’a vite cadré car on doit savoir ne pas demander quand c’est tout juste que le budget est bouclé, papa et maman devaient toujours faire attention. Ce qui m’a inspiré ce papier n’est rien d’autre que le plaisir de lire un bon roman. Ce roman est comme une friandise que je savoure un peu hors du temps et j’ai eu l’envie d’écrire car c’est bien là où j’ai réalisé que j’ai grandi … un peu. J’aime lire, c’est bien un cadeau que je reçois quand je lis ; j’aime écrire, c’est un cadeau que je crois donner à ceux qui apprécient. C’est grâce à cela que je savoure ces moments d’introspection où je laisse glisser ma plume sur le papier, c’est une image car en fait c’est sur un clavier que je m’exprime. Tout se mélange, car en effet, samedi dernier c’était un formidable voyage, j’ai déjà un peu relaté la partie jusqu’à Saint Affrique et en guise de récit pour atteindre Millau, je vous sers un voyage certes qui est au dessus de l’atlantique mais surtout c’est un voyage intérieur et, ma foi, ce voyage me plait. Je revois les instants magiques sur le bitûme en pleine nuit et cela me procure du bonheur jusqu’à en pleurer.

L’autre soir, je dinais avec un ami qui me disait, j’ai mal mais à mon age, c’est normal et cela prouve que je suis toujours vivant. Moi je suis beaucoup plus jeune que lui et j’ai aussi mal de temps en temps, quand de vieilles blessures dues au sport reviennent à la surface.

A Millau, nous étions une équipe pleine d’enthousiasme. Des cents-bornards, des ultra-trailers, des ultra-raideurs et des marathoniens inquiets de la distance jamais à ce jour parcourue. Dans la catégorie ultra-raideurs, Bruno, Eric et Joelle, la diagonale des fous ou bien le grand raid du golfe du Morbihan, cela vous situe le niveau d’endurance, de plus, eux trois ont déjà fait Millau. Dans la catégorie superbe cent-bornard, il y a Gaëtan avec un passé dans l’équipe de France de 100km. Dans la catégorie, novices, Simon, Serge, Philippe et Nanou. Pour accompagner ce beau monde, des enfants en joëlette, Nicolas avec qui j’ai déjà couru le marathon de Nantes, le marathon de La Baule et celui de Paris, Maryline et Emmanuelle avec qui j’ai couru des trails comme Arzon ou le Glazig, le bout du monde.

Nous avons fait un très très beau voyage. Il m’arrive encore de courir pour moi, c’est un cadeau que de se faire dorloter par des bénévoles qui nous offrent de leur temps ; je sais ce que c’est que d’être organisateur, c’est du temps, de l’énergie qu’on donne. Il m’arrive de « courir avec » et ne croyez pas que c’est moi qui donne, ce sont les enfants qui nous offrent toute leur énergie, ils sont dans la joëlette et ils nous font un cadeau immense, le plaisir de voir leur bonheur. Au début c’est difficile car nous n’avons pas les mêmes moyens de communiquer, moi je parle, peut-être trop, eux, leur plus belle façon de s’exprimer ce n’est pas avec des mots mais en montrant qu’ils aiment, qu’ils apprécient le temps passé dans la joëlette à parcourir des endroits qui leur sont en temps normal interdits.
L’espace d’une course, ces enfants sont le centre de toutes les attentions. Des bénévoles viennent leur dire bonjour aux ravitaillements, certains les embrassent, cela me fait énormément plaisir et pourtant ça devrait être tous les jours comme ça.
Tous les jours, leurs parents sont des héros, tous les jours ils donnent, fatigués ou pas et je crois qu’ils sont souvent limite épuisés, ils donnent de leur temps de leur personne.

Pensez à ceci, ce qui est précieux c’est le temps qu’on donne aux autres ce n’est pas matériel.

Quand il a fait nuit, ce samedi après avoir quitté Saint Affrique, nous avons allumé nos lampes frontales, la montée de Tiergues est longue mais comme à chaque fois, l’arrivée au ravitaillement a été un moment de repos, de répit et de sourires échangés. A ce moment, il ne reste que 24 kilomètres environ, c’est déjà la fin en quelque sorte. C’est facile mentalement et de toutes façons, on ne peut que réussir et ce qui compte c’est terminer ensemble. Un photographe « officiel » du 100km essaie de trouver les meilleurs angles pour photographier notre équipe. Un caméramen de France 2 semble aussi enregistrer ces moments où nous sommes arrêtés. Le photographe nous demande de nous rassembler pour une photo et bien sûr nous nous exécutons car c’est toujours bien de la pub pour notre association. Ce n’est pas si simple d’amener les enfants à des centaines de kilomètres car il y a des contraintes d’horaire pour certains enfants. Les parents font aussi la course même s’ils ne mettent pas des chaussures de sport. Nous avons besoin quand même de partenaires.

Nanou et Joëlle ont pris le coup de repartir dès que possible du ravitaillement, moi-même au même endroit à l’aller j’avais perdu du temps et avait mis quasiment toute la descente pour recoller au groupe et j’en avais plus que de l’amertume. Sur ce coup, je décide de repartir avec les filles. Pendant tout l’entraînement, lors de mes séances seul, papa m’aidait mentalement, ce samedi soir dans la nuit, j’ai une pensée pour lui et je lui dit que je suis bien dans ma tête et c’est facile, j’ai mes amies les filles pour m’accompagner ; papa sera là plus longtemps une autre fois.

Quand dans la descente vers sainte rome nous entendons un groupe arriver, nous pensons bien que c’est l’équipe avec la joëlette. Maryline est dedans depuis la sortie de Saint Affrique. La descente est moins difficile, moins cassante car la pente est moins forte. Alors que les lumières de la ville sont bien visibles, nous rattrapons Mario, cette fois il n’a pas son petit vélo, des ampoules l’empêchent d’être bien et il a moins la verve. Je lui propose de prendre un relais, de prendre une canne de la joëlette, il me répond qu’il n’a pas le niveau. Tant pis, il ne sait pas qu’en fait, la joëlette est magique car en la tenant, on n’a plus à gérer ses inquiétudes, ses incertitudes, ses envies de lâcher, de ralentir voire d’arrêter un peu, de marcher, pire d’abandonner. Pour les enfants, un quelconque coureur autour de la joëlette, s’il est bien entraîné n’a plus à se poser de question sur l’allure, le rythme, les temps de passage, que sais-je, il ne pense à rien ou presque rien, il pense que l’équipe est un tout et que l’enfant passera la ligne quoiqu’il arrive.

Adieu Mario et en avant pour atteindre le ravitaillement. Là nous devions faire un relais, Maryline devait céder sa place à Emmanuelle. Nous apprenons qu’Isabelle et manu sont bloquées à Creissels, un gentil organisateur fait du zèle et ne laisse pas passer le véhicule. Un moment il est proposé qu’on reparte sans enfant car ce serait difficile en cas de relais en plein parcours de récupérer Maryline. La petite qu’on croyait fatiguée grogne et montre qu’elle ne veut pas descendre. Son papa la réprimande, il ne s’agit pas d’en faire une capricieuse. Jean-marc le papa de Nicolas propose de suivre avec son camping car, même si ce sera difficile cela nous permettra de garder Maryline jusqu’au relais envisagée dès que la route sera réouverte.

A ce ravitaillement de Sainte Rome, je revoie stéphane, un ami croisé aux dossards. Stéphane, est un exemple d’humilité, c’est son premier cent-bornes, il a des chronos très corrects sur 10km et semi. Il a même gagné une course dans son coin pas loin d’Orléans, là il terminera sans doute pas très loin de nous, un peu avant ou un peu derrière. Il y a comme de l’admiration dans son regard, il me connaît un peu, sait que je ne suis pas très performant et comme pour beaucoup de monde les gars et les filles en maillot orange de « courir avec » sont un peu des « extra-terrestres »

Non, nous ne sommes pas extra, ultra, héros ou surhumains, juste des hommes et des femmes qui avons pris l’engagement d’être là quand il le faut, pour cela nous mettons de côté notre égo, nous nous entraînons pour être à la hauteur et être au service de l’équipe.

Les kilomètres s’enfilent, je ne vois plus le temps passer, de temps en temps quand la joëlette me rejoint je tends ma main pour montrer que je suis disponible pour un relais, celui qui tient la canne peut me le refuser en me disant : « je viens juste de prendre le relais ». Le rythme devient difficile à tenir alors dans la nuit, il nous arrive à chacun de partir devant pour courir à une allure plus naturelle et puis on se dit qu’il faut arriver ensemble, on ralentit et re … on propose de prendre un relais. C’est chouette quand on prend la canne, on fait « corps » avec la joëlette.

Les lumières de St Georges sont proches, ah comme j’aime courir dans la nuit. Plus de repère visuel alors on a l’impression de voler quand on se met à son rythme naturel. Tout d’un coup la déripette menace, c’est très clair dans ma tête, j’accélère le maximum, je rejoins la salle de ravito, que je connais bien, je vais au petit coin et cela me permettra de repartir avec le groupe, ce serait ballot de se séparer si près du but.

Sitôt pensé, sitôt je me met à fond, à fond.

J’arrive dans la salle, les néons ne sont pas si sympas, je plisse des yeux, pas grave même les yeux fermés je sais où sont les toilettes, j’y vais, j’y cours et c’est limite catastrophe.

Ouf, c’est la délivrance. Premier constat, il n’y a plus de papier, je descends mon TS au plus bas et passe de toilette en toilette : « pas de papier, nulle part ». Je vais dans la salle principale les mains tirant sur le TS et le froc baissé, demande du sopalin et termine la chose la plus passionnante que vous ayez lue.

Dans la salle les copains qui ont vu ça rigolent un peu, pas trop parce que la fatigue les a quand même entamés.

La sortie de la salle se fait dans le désordre. Notre groupe qui était soudé, n’est plus que l’ombre de lui-même. Maryline est toujours dans la joëlette et du coup, nous devrons faire le relais à Creissels au niveau du centre commercial. Les départs de la salle sont complètement désynchronisés, il y a éric, simon et joelle, puis nanou et phlippe, je les rejoint. Dans la montée au viaduc, je vois la joelette à quelques dizaines de mètres, nanou et philippe accélèrent pour la rattraper, le regroupement ne se fait pas, je pense qu’ils veulent prendre de l’avance et attendre tout le monde au relais. Je décroche, mon moral est dans les chaussettes. Nanou et Philippe s’éloignent petit à petit, je suis seul et je me fais doubler car ma marche est très lente. Philippe me demande d’accrocher, je n’y arrive pas. Plus de joëlette en vue, je suis fracassé moralement. Serge a dû me doubler et rejoindre Philippe et Nanou.
Soudain, Bruno arrive et me réconforte, je ne suis pas le dernier, il me dit que Gaëtan est avec lui. Je n’arrive pas à tenir un rythme de marche correct. Bruno me soutient, me met juste la paume dans mon dos et c’est comme si je sentais une poussée … morale, mentale psy, bref ça me requinque et je me met au rythme de notre petit groupe de trois.

Nous arrivons au plateau en dessous du viaduc, j’avais espéré que la joelette s’arrête quand même pour que nous arrivions ensemble au relais.

Bruno dit : « cela ne va pas le faire » alors il pique une accélération pour aller chercher la joëlette qui est dans la descente. D’où je suis je ne peux pas voir. Plus tard, je constate que Bruno a ralenti tout le monde et nous sommes à nouveau tous ensemble.

De peur de ne pas être à la hauteur, je pars avec Nanou et Joëlle, cette dernière a les mots juste pour encourager Nanou qui est bien fatiguée, elle va devenir cent-bornarde et ce n’est pas si facile.

Il y a un dernier ravitaillement, nous somme peut-être déjà dimanche matin, je dis à mes petites camarades que c’est bien de s’arrêter même si ça ne sert à rien pour nous requinquer puisque c’est la fin mais déjà c’est respecter les bénévoles qui sont là depuis 14 heures et qui resteront jusqu’à l’aube, les derniers passeront là vers 9 heures du matin. Ils nous offriront des boissons et des sourires. Nous les remercierons.

Nous passons le 95ème, bizarrement, alors que je croyais que c’était « descente depuis le viaduc jusqu’à Millau », il y a des faux plats montants. Pas grave, c’est presque fini. A partir de maintenant les indications de kilomètrage ne seront plus tous les 5kms mais bien tous les kilomètres.

Enfin, je reconnais le pont où il y a 4 ans, je voulais abandonner car pour moi, « ils avaient oublié de marquer le 98ème , cela faisait une éternité que j’avais passé le 97ème. Nonil n’avait pas oublié mais ce 98ème kilo j’avais du le faire complètement occis.

Il est clair que je savoure déjà, je ne suis même pas fatigué, cela sent l’avoine, j’en hennis de joie.

Le 99ème est juste après le rond-point dans la dernière ligne droite où se trouve l’entrée du parc. L bonheur est proche

Puis, ca y est, à l’entrée du parc des victoires, Emmanuelle est dans la joëlette, Maryline et Nicolas dans leur chaises, ils seront poussés par Léa et Domino qui ont fait toute la course à vélo pour nous accompagner nous soutenir, ils ne méritent pas l’étiquette de suiveur inscrite sur leur dossard.

Nous courons les derniers mètres.

La rampe, extérieure nous amènent sur le podium. Le speaker nous annoncent. Beaucoup croyaient qu’on ne faisait que le marathon, et bien non, nous avons tout bouclé, les cent bornes! La salle entière nous offre une ovation. Merci pour les enfants merci pour leurs parents qui en pleurent de joie.

Merci à tous mes amis de « courir avec » de m’avoir offert ce merveilleux voyage dans l’Aveyron et aussi ce voyage intérieur qui me fait grandir encore et qui me dit, bébé tu réclamais la tétée, maman te la donnait, papa t’a offert ton éducation sa sagesse, son sens de l’art, son humanité, maman l’a aimé, l’aime toujours, cela fait 60 ans d’amour, moi aujourd’hui j’ai le bonheur de donner , de recevoir de partager avec mes amis et surtout avec mes très proches qui me donnent toute leur affection et m’encouragent dans ce que je fais, je partage mon bonheur avec ceux qui le méritent et avant tout celle qui est toujours à mes côtés … même en ce moment, nous sommes séparés par l’océan mais unis.

Chez moi il n’y a aucun conflit ni dans ma tête ni dans mon foyer, je suis soutenu et cela me donne la sérénité, un brin d’éternité.