dimanche 23 septembre 2007

Grosses séances à 3 semaines du marathon

Nous sommes dimanche 23 septembre, pour bruno qui s'est engagé au marathon de la côte d'amour, Pornichet-La baule, est-ce le plus dur ou le plus facile qui commence ? Son entrainement marathon est terminé, cette dernière semaine il a fait la dernière séance spécifique marathon, ce samedi il a fait une dernière sortie longue, il ne lui reste que 2 semaines à se refaire une santé, c'est à dire à recharger les batteries pour être en pleine forme dans quinze jours. Cela paraît simple mais souvent c'est difficile de ne faire que des footings, c'est comme un grand vide qui se crée et on a envie d'y retourner ... Donc ce n'est pas le plus usant physiquement mais c'est dur mentalement. On a envie d'en découdre, on est impatient de voir si l'entrainement a payé.
Pour ceux qui iront au marathon de Dunkerque, cette fin de semaine a été l'occasion de faire un bloc :spécifique marathon et sortie longue sur la fatigue. Certains ont fait une séance qui faisait peur: footing puis 8000 et 6000 allure marathon. Ces mêmes ont déjà peur de la grosse sortie longue de ce dimanche matin, ce sera la plus longue du plan. Ensuite ce sera la dernière semaine avec en point d'orgue la plus volumineuse des spécifiques marathon. Quand on considère ces sacrées séances d'allure spécifique, on pourrait croire que les marathoniens qui courent ainsi sans changer de rythme sont cinglés. Le pire c'est qu'il y en a à faire ces nombreux kilomètres en nature ou sur les chemins et d'autres, et j'en fais partie, sont encore plus "dérangés" de la carafe car ils font ça sur un stade. Et bien oui, hier nous étions un petit paquet à faire la même séance. L'avantage pour l'entraineur c'est qu'il a de précieux points de comparaison. Pour effrayer encore plus ceux qui ne supportent pas de tourner en rond: en clair cela veut dire 20 tours de stade puis récupération et ensuite on remet ça pour seulement 15 tours. Pour moi en tant que coureur, j'aime tourner sur le beau tartan de Courtemanche et au début je regarde les repères au sol pour voir les temps de passage tous les 100m. A trois semaines du marathon, j'en connais qui sont très bien réglés, ils sont dans le tempo et ils ont trouvé l'allure et la FC qui correspond. Pour d'autres c'est plus difficile, il y a encore un doute sur l'allure, est-ce que celle de l'entrainement est trop basse ou trop forte? en regardant la FC, on voit bien que ça ne passera pas le jour J, prendra t-on on ne prendra t-on pas de risque ? Pour ma part, le semi m'a bien montré à quelle fréquence, j'étais limite donc je n'irais pas chatouiller cette limite. Pour illustrer les différentes manières de courir cette séance, je vous présente plusieurs courbes de FC. La note qui paraît en biais donne la FC au moment de la marque et la FC moyenne. Au début, la courbe montre bien une augmentation de la FC, elle est plus ou moins rapide en fonction du coureur et elle est différente pour le 8000 et le 6000. Sur la deuxième fraction cela monte plus rapidement. Autre remarque, certains font une marque tous les 1000m et d'autres tous les 400m.
(rappel d'un détail: cliquez sur l'image pour l'afficher en grand, ce sera plus simple pour lire les informations chiffrées)
Cette première courbe montre 8000 et 6000 à la suite, la deuxième fraction est plus maitrisée, il n'y a pas beaucoup de différence en terme d'allure, cela se joue à quelques secondes et pourtant, la FC est plus stable alors qu'il n'y a encore tout au plus 2 pulsations d'écart. Le marathonien a bien senti qu'il tournait mieux sur le 6000. Une remarque de taille: à Dunkerque si le vent est de la partie, il faudra oublier les repères au chrono car maintenir une allure contre le vent conduit à la catastrophe alors qu'accepter une baisse d'allure en maintenant le même effort, c'est à dire en gardant stable la FC est une condition nécessaire et pas obligatoirement suffisante pour aller au bout. La tactique la plus payante est toujours de s'abriter.

Dans cette courbe, mon départ prudent montre qu'il me faut presque 2000m pour atteindre la FC "de croisière". Les 18 et 19èmes 400m ont été plus lents, la lassitude s'est installée et c'est là que je vois que c'est long comme séance, pourtant après la récupération il faut repartir ! Et dire que c'est moi-même qui m'inflige ce genre de séance! au moins quand je lis leurs compte-rendus, je ressens ce qu'ils ont vécu.
Sur cette fraction, jeanlou qui a des soucis avec une cheville décide de partir dans l'autre sens pour éviter la tendinite. En effet faites 35 tours dans le même sens et de fait, il y a un côté qui travaille plus que l'autre. Donc, je pars aussi en sens contraire. Comme il y a une école d'athlé sur la piste et qu'il y a du monde à tourner, le responsable du stade me signifie au deuxième tour qu'il me faut tourner dans le couloir 2 si je reste à contre-sens. En fait comme mon objectif est de trouver une allure à la sensation, il me faut repartir dans l'autre sens. Une fois stabilisée mon allure "naturelle", je ne regarde plus ma montre et je me mets dans ma bulle. Les psychologues du sport appelle ça la stratégie associative, c'est à dire celle qui demande à l'athlète à bien associer ses sensations avec la course qu'il est en train de courir, il guette les signes de souffrance, de faiblesse, les signes que lui donnent son corps, il est donc concentré sur son objectif et peut-être que sur marathon cela évite à certains de se mettre au dessus de leur niveau. Dans ma séance d'entrainement, je recherche, le souffle, la foulée, la pose de pied, la position des épaules et des bras qui va bien et ensuite, c'est comme de la musique, les tours s'enchainent, comme s'enchaineront plus tard les kilomètres, il n'y a pas de souffrance, juste on dira ... de l'impatience. Les derniers tours sont bien là et comme à chaque fois, c'est la joie de passer la ligne, comme dans une course, je lève un doigt comme pour me signifier que j'ai gagné! quel plaisir. Accessoirement quand je regarde ma courbe, je me dis, j'étais un poil trop haut, sur la fin car bien sûr je voulais en finir !

Bon, la dernière courbe de FC, avant d'aller me préparer pour la sortie longue ! Ce n'est que le 6000 car la partie avant est "moche", l'enregistrement a été raté, tant pis.
Pas grand chose à dire sinon que l'athlète est sortie de sa séance avec un sourire immense. Cela fait plaisir à voir. Si vous regardez de près, vous constaterez la régularité de l'allure et de la FC. Peut-être voit-on une légère dérive de la FC, il faudra juste se rappeler que les ravitaillements sont tous les 5km et il ne faut pas oublier de boire même s'il ne fait pas chaud, le corps chauffe et la deshydratation force le coeur à battre plus fort. Voilà, je signale que je pars pour plus de 2 heures avec les copains et j'ai déjà préparé mon camel-bag, il contient une solution d'eau+jus d'orange+miel.

mercredi 19 septembre 2007

le manque de disponibilité, le stress, le plaisir ...

ces derniers temps, à cause de mon activité professionnelle, je n'avais plus beaucoup de disponibilité pour encadrer, lire et analiser les séances. Cela m'a engendré du stress pas très positif et cela m'a réellement usé, fatigué nerveusement et physiquement. Mon entrainement personnel a dû être diminué et pendant 2 semaines cela a été zéro séance de judo qui me fait tellement de bien à la tête et m'apporte un peu de maintien de souplesse. Le stress est souvent amplifié par le manque d'organisation, la non classification des tâches et cela aboutit à "tout faire dans le désordre" voire faire des choses non-urgentes. Pour un athlète qui attend son plan d'entrainement c'est urgent. Avec l'habitude, les coureurs expérimentés savent qu'il vaut mieux après une compétition récupérer, et ne faire que des footings pendant une semaine cela ne peut faire de mal après un semi-marathon. En prépa marathon, cependant, on ne peut pas juste trottiner, très vite on reprend les séances "dures"
Manquant de temps, je termine cet article par une simple photo de mon arrivée au semi de Ducey ce dimanche 16 septembre. Je suis content car je viens de m'arrêter pour prendre des nouvelles de johnny: il est déjà rhabillé en jogging et sweat et il trottine (à gauche sur la photo avec son fils). Je viens d'apprendre que malgré son départ "lent" 3'30 au kilo, il a laissé filé le peloton de tête, ensuite il s'est mis à son allure semi et il est revenu pour terminer très fort, juste deuxième de cette course, le premier l'a attendu. Non seulement il a fait une belle course avec la manière, mais il y avait aussi Jilali dans le peloton des anonymes qui m'a fait l'immense plaisir de faire un très beau semi de prépa et en plus il est venu me doubler sur le dernier kilomètre. Pour conclure, ce dimanche, mes amis (d'autres étaient là et étaient de la "fête") m'ont apporté beaucoup de plaisir. Le plaisir de courir est toujours là, mais le plaisir de l'entraineur est quelquefois plus grand.

dimanche 9 septembre 2007

profiter de l'expérience d'un groupe

Cette semaine, la troisième du plan pour Dunkerque et la quatrième pour celui de La Baule a été assez chargée pour ceux qui n'avaient pas de course de préparation, ils l'avaient eu le WE dernier et Serge qui est en Alsace a eu la chance de courir son 10km qui lui a tenu lieu de séance de "vma longue".
En Bretagne, en Normandie, en Belgique, vendredi ou samedi, nous avons couru à allure spécifique marathon pour mémoriser cette fameuse sensation qui est entre l'endurance "facile" et celle qui est la limite du supportable sur un peu plus d'une heure. Si on se trompe d'allure, c'est l'abandon au 25ème km en gros ou bien c'est la fin du marathon dans la galère; si on finit par trouver là où on peut courir vite longtemps c'est à dire pendant environ 3h, un peu moins un peu plus, c'est le bonheur d'une course réussie, aboutie, du bon boulot quoi et la satisfaction ou la fierté qui va avec. Certains se suffisent à juste participer à la course mythique, d'autres comme nous les compétiteurs, nous allons chercher le meilleur de nous mêmes et j'avoue que je suis fier de mes amis marathoniens car sur 42,195 kms, ils sont ... à fond.
Quelquefois on pourrait se demander si tous ces blogs, ces forums, ces échanges sur Internet servent à flatter l'égo de chacun ou de certains. Des témoignages que je reçoie me rassurent et me montre que le partage du savoir, la vulgarisation de la technique, la diffusion de la connaissance ne peut que faire grandir chacun séparément et tous solidairement.
Quand j'ai connaissance d'expérience qui m'enrichit car elle me permet de m'améliorer j'essaie de l'analyser et puis je la rajoute quelque part dans ma mémoire. Depuis Juillet, je mets un article sur ce blog. Le corps est une machine formidable, plus on s'en sert plus il s'adapte et s'améliore, le cerveau est aussi fantastique, plus tu réfléchis plus il est performant, plus tu stockes d'expériences plus il a matière pour comparer puis extraire ce qu'il y a de mieux.
Avec la modestie qui est un de ses traits de caractère, Serge m'a envoyé un Compte Rendu que je vous recopie, c'est l'illustration du mental qu'il se forge, tout seul dans son coin en profitant de l'expérience de notre groupe. C'est une banalité mais je la répète, vous prenez une cellule isolée, elle est déjà surprenante, elle respire, elle fait entrer le glucose et l'oxygène, transfère l'énergie de la combustion et rejette de l'eau et du gaz carbonique, (il se passe d'autres choses mais déjà la respiration c'est la vie). Donc une cellule isolée, c'est bien mais plusieurs cellules, cela donnent tellement de combinaisons avec des spécialisations et cela donne des systèmes. Pour conclure des systèmes sont toujours plus forts que la simple addition de chacun de ses composants.

Serge a écrit: "
CR : 10 km de Hoenheim
météo : couvert avec quelques apparitions du soleil ( 18° env. )
sensations : Pas trop mal sur l'ensemble. mes jambes un peu lourdes par moment ( certainement dû aux kms de la préparation marathon ) Mais je me suis fait plaisir sur cette course. Je ne me suis pas trop pris la tête je n'étais là que pour une séance d'entrainement. Je suis parti sur cette course pour m'appliquer sur ma foulée sans trop penser au chrono. J'ai eu l'impression sur cette course de ne pas avancer, mais au final je fais mon meilleur chrono sur cette course. les puls sont restées assez basses pendant une bonne partie de la course. c'est bon signe pour la suite de la préparation je pense ?
Voila ce que j'ai ressenti, j'ai pris du plaisir sans être vraiment dans le dur, à part dans les derniers kms bien sûr.
chrono : 38'55"; 3.53 / km; 15.42 km/h de moy. ( en 2006 40'40" mais j'avais des problème de diarrhée )
( en 2005 40'01")
1'06" de pris par rapport à 2005 je suis plus que satisfait.
30 ieme au scratch sur 175 participants
8 iemes VM1
20' de RAC + étirements.
Voila Charlie je suis content que notre collaboration fonctionne bien et que le boulot fourni ensemble, paye"


J'ai le privilège du premier commentaire: "cela me fait plaisir, tout simplement"
des copains sont presque une minute plus lents que sur leur meilleur 10km, pas de quoi se mettre martel en tête.


jeudi 6 septembre 2007

un simple footing de regénération

cela peut avoir plusieurs noms, footing de récupération, d'assimilation; j'aime bien footing de régénération car comme le nom l'indique, on se refait une santé. Pourquoi en mettre des tartines, un de mes amis me dit souvent: "cela m'a fait un bien fou!". Un autre m'écrit:"je suis allé courir tout nu, sans cardio quoi !" c'est comme moi, j'étais vidé, j'ai enlevé mes habits de "travailleur", j'y suis allé (pas tout nu) et me voilà pas tout à fait en super forme mais dans ma tête, je sais que j'ai bien jeté toutes mes sales impressions qui s'étaient imprimées en moi à cause de tracas générés par mon travail. C'est la vie, c'est ma vie, c'est vrai qu'un simple footing ça me répare bien mentalement.

mercredi 5 septembre 2007

vivre un 10km

Quand j'écris vivre, c'est essentiellement comment ressentir, considérer psychologiquement un 10km.
D'abord, il faut replacer un 10km dans son contexte.
Si vous prenez ce 10km comme objectif principal, que vous visez soit une place au scratch, un podium, un titre ou une performance, c'est à dire un record personnel, vous avez tout fait pour:
- diététique
- préparation spécifique de 4 semaines par exemple avec de belles séances à allure de compétition
- une dernière semaine comprenant un peu de rappel de vma courte dans une séance allégée à J-5 et des footings légers pour arriver frais à la compétition, c'est ce qu'on appelle communément faire du jus.
Vous abordez la compétition avec les batteries rechargées à bloc, les batteries ce sont à la fois l'énergie des muscles mais surtout un mental préparé pour "péter le chrono".
Vous courez au maximum de vos possibilités et le résultat, c'est la sanction du chrono ou la place, le titre de champion ou rien du tout, pas de record, une place quelconque.
C'est le succès, ça a couronné votre travail, c'est l'échec, vous devez faire un bilan critique et trouver le point faible, le détail qui a fait basculer le résultat du mauvais côté. Ceci doit vous motiver pour rebondir, pour être meilleur une prochaine fois.
Maintenant, considérons ensemble ce que j'ai vécu et ce qu'ont vécu ce week-end mes athlètes. L'objectif de ce journal n'est-il pas la mise en commun d'expériences de plusieurs coureurs qui s'entrainent et qui vivent des hauts et des bas et qui savent ou non relativiser des contreperformances.
Le décor: un 10km couru en pleine préparation d'un marathon d'automne, c'était donc un 10km à 5 ou 6 semaines de l'objectif PRINCIPAL. Voilà ce qu'il faut retenir, cette course est une compétition certes, mais sans réel objectif sinon d'agrémenter un plan qui sans course intermédiaire de préparation pourrait être vécu comme de la répétition de séances connues, archi-connues: vma, spécifique, allures variées, footing de régénération, sortie longue.
Dans 2 semaines nous aurons pour la plupart une autre compétition intermédiaire, ce sera un semi ... d'entrainement.
Pour donc resituer le 10km, pour moi, c'est le remplacement d'une séance de vma longue que je trouve toujours dure à vivre alors que quand on court avec un dossard, on ne se pose pas de question, on essaie d'aller le plus vite possible avec ses capacités du moment.
Si je tenais à faire lire cet article c'est parce que les marathoniens qui ont couru ce week-end, ont eu des réactions diverses en fonction de résultats variés. Je n'avais pas donné de consigne car ce n'était pas pour faire un chrono ou une place qu'on courait mais bien pour S'ENTRAINER.
Pour ma part, mon chrono a été un des plus mauvais depuis des années, en fait à cause du profil du parcours, je n'ai même pas tenu une allure que je tiens à l'entrainement en séance spécifique marathon. Peut-être ai-je aussi une autre excuse, j'avais dans les pattes une semaine d'entrainement marathon très dure; je ne m'en plains pas, d'ailleurs tous les marathoniens, dix-bornards d'un jour étaient au même régime. Un copain a fait sa sortie longue la veille et devait se faire plaisir sur la course, il a battu au sprint un très bon marathonien breton, lui aussi en prépa, le copain termine deuxième avec un chrono modeste, largement une minute de plus que son record personnel. Mais quelle plaisir il a eu ! Un autre qui a vu tout le début de l'année 2006 lui priver de compétition a donc couru ce 10km avec une appréhension car pendant des mois il a souffert de ne pouvoir courir puis il a douté lors de sa reprise; pareil, chrono 1 minute moins bon que son record personnel, mais il a eu un grand bonheur à retrouver ses sensations de compétiteur. D'autres copains ont été déçus, car ils pensaient être "mieux", plus proches de leur anciens "beaux" chronos. Voilà sur quoi, il ne faut pas s'apesantir. C'est dans le même ordre d'idée que l'enquête sur "le ratage de séance". Autant je suis pour bien analyser une course importante"ratée" pour en tirer des enseignements pour progresser, autant je suis pour effacer les pseudo-résultats moyens sur des courses intermédiaires de préparation sur fond de fatigue.
En guise de conclusion, dans 2 semaines nous allons faire un semi, la consigne c'est :
5km de répétition générale du marathon, donc nous partirons à allure marathon et tiendrons le tempo 5 kilomètres et après le ravitaillement, nous nous lacherons pour atteindre notre vitesse de semi-marathon, nous aurons encore pas mal de kilomètres dans les pattes, alors un résultat moyen ne signifirait ... rien!
Désolé si cet article a été pensé, rédigé pour un public très ciblé, des compétiteurs en préparation sont actuellement ma source d'inspiration.

petit rappel: un bilan pour savoir à quelles allures s'entrainer

avec la rentrée, les jours passent à une vitesse affreusement culpabilisante; je m'étais dit que je mettrais un article très souvent, l'activité professionnelle et l'activité sportive m'ont débordé. Puisque ce soir, j'ai fait de nouvelles connaissances bien sympathiques, j'ai papoté à l'échauffement et je me suis aperçu que des choses qui me sont tellement évidentes ne sont pas réellement intégrées par les coureurs "isolés". Ils ont beau être des lecteurs de magazines "spécialisés" de jogging, ils n'ont pas forcément les outils pour s'entrainer aux bonnes vitesses.
Pour planifier des séances et pour doser l'intensité de celle-ci souvent on se réfère à la VMA et/ou la FCM dans les magazines. Le gros problème est que si on veut courir une séance de VMA courte avec des intervalles de 30 secondes par exemple, il faut déterminer la distance exacte si on veut courir à 100% de VMA (exemple 16km/h= 133m en 30 secondes). Avant de faire le moindre calcul, il faut bien sûr déterminer cette fameuse VMA, il y a de nombreux tests de terrain et je recommande encore une fois un test que je fais passer plusieurs fois par an et ce jusqu'à plusieurs fois par mois, c'est le test VamEval. Ceci n'est pas un réquisitoire contre l'entrainement au cardiofréquencemètre puisque je fais plus de 80% de mes séances avec, mais je le répète, sur une séance de vma courte, les intervalles étant très courts, la FC n'a pas le temps de monter pour atteindre des valeurs proches de 100% de FCM. Donc il n'y a pas d'équivalence entre pourcentage de FCM et pourcentage de VMA.
Pour conclure, quand j'entends des coureurs qui me disent qu'ils font des séances à 95-100% de FCM, quand en plus la détermination de leur FCM (Fréquence Cardiaque Maximale) a été faite "approximativement" je ne peux que recommander de passer un test "valide" qui déterminera la VMA et la FCM. Sur le court, on se base sur chrono-distance et pas la FC. L'entrainement au cardio est adapté pour des allures stabilisées pendant des durées assez longues (plusieurs minutes). Pour toute rentrée sportive, en tant qu'entraineur, j'ai besoin d'un bilan de l'athlète avant de pouvoir établir un plan d'entrainement. Je ne peux que recommander: les tests de terrain (test de paliers de FC, Vameval, Gacon ...), les visites chez le médecin, le dentiste et autres spécialistes si nécessaire (médecin du sport, cardiologue, podologue, ostéopathe).

mercredi 29 août 2007

de l'intensité à mettre suivant les séances et suivant les périodes

quelquefois, on peut lire il faut faire la séance de vma courte entre 100 et 105% de vma.
désolé si pour certains cela ressemble à des gros mots, donc clarifions encore une fois ces termes barbares.
la vma c'est la vitesse maximale aérobie qui est mesurée de plusieurs façons en laboratoire ou sur le terrain. (par exemple vameval sur le terrain). Une fois mesurée, exprimée en kilomètre/heure ou en mètre/seconde, la vma sert de base pour les calculs d'intensité des séances.
Prenons un exemple simple pour les calculs, soit une vma de 20km/h qui n'est pas celle du jogger moyen. Mais 20km/h c'est tout rond cela donne 3 minutes au kilo ou 180 secondes au kilo ou 18 secondes au 100m.
Si le coureur fait un 200m à 100% de vma cela fait 36".
s'il fait 200m à 105% de vma cela fait 36"/1,05 = 34,28".
Si vous êtes géné par ces chronos parce que vous n'avez jamais osé imaginer de telles vitesses à l'entrainement je vous fais un autre exemple: cela devient pour un coureur à 16km/h de vma, 3'45 au kilo soit 225", ses 200m à 100% 45" à 105% 42,85"

C'était juste une introduction pour illustrer les chronos. Un gars à 20km/h de vma s'il fait 20 fois 200m en 34,3" avec 30" de récup sera très fatigué, un gars à 16km/h de vma qui fera 20 fois 200m en 43" avec 30" de récup sera quasiment épuisé, c'est là qu'on voit des séances à 105% ne sont pas du tout les mêmes pour des vma différentes si on garde les mêmes fractions; si on modifie l'intensité et qu'on redescend à 100%, on aura des séances du genre
15x200 36" r30" + 5 x100 18" r20" pour l'un et
17x150 33,5" r30" pour l'autre
qui seront ressenties "faciles", d'ailleurs j'aime bien car c'est bon pour le moral.

Un autre élément qu'il faut tenir compte c'est la période dans laquelle se trouve l'athlète.
S'il est en période de préparation générale, autrement dit, il n'a pas d'objectif ciblé à court terme, alors dans une semaine type, il n'aura pas de séance à allure spécifique 10km, semi ou marathon, il n'aura pas à mobiliser de l'énergie et de la motivation à bien faire une telle séance (ressentie dure, exemple 4x1500 allure 10km). On peut dire qu'une fois dans la semaine il peut supporter de se concentrer sur une séance à intensité importante.
Là je pourrais être d'accord pour coller de la vma courte à 105%. Notez bien le "pourrais" car encore une fois cela dépend de l'athlète, certains ont besoin de chrono toute l'année, d'autres peuvent ressentir un raz le bol à aller tout le temps à l'entrainement avec une idée de "contrat" à remplir, donc tout est envisageable et modulable.
S'il est en période de préparation spécifique, prenons l'exemple de beaucoup de mes amis en ce moment qui préparent un marathon. Les séances importantes sont la spécifique marathon où on mémorise l'allure qu'on devra tenir le jour de la compétition et la sortie longue pour préparer le corps à endurer, à tenir à une intensité relativement haute pendant longtemps.
Dans ce cas, j'aime à dire et redire, les autres séances sont là, d'abord pour la récupération et ensuite pour maintenir les qualités de l'athlète; il faut donc voir les séances de vma courtes, moyennes ou longues comme du maintien de la vma et non pas du travail d'amélioration de celle-ci.
D'où ma position: "pourquoi dépenser trop d'énergie, de mental dans les séances de maintien ?".
La conclusion de cet article:
"marathoniens qui êtes en train de vous préparer pour Dunkerque ou La baule, ne cherchez pas à vomir vos tripes sur les séances de vma, assurez, recherchez le plaisir d'une séance relâchée, avec des beaux gestes, une belle posture, pensez positif faites vous plaisir à courir vite sans aller trop vite. Les chiffres, les calculs à 100% de vma sont indicatifs alors si vous allez plus vite et que vous êtes faciles en respirant bien, continuez mais si vous êtes trop vite parce que vous croyez qu'aller à fond et se faire mal ça sera toujours bénéfique, vous avez peut-être raison mais moi, j'en doute et je vois des très bons marathoniens qui ne s'arrachent pas sur la vma mais qui lors de la compétition s'arracheront et c'est aussi une des clés du succès: le bon dosage de l'intensité de l'effort au moment qu'il faut, à la fois sur les bonnes séances d'entrainement et sur les bons moments de la course.

nb: c'est incroyable de constater qu'après un superbe entrainement de judo où j'ai eu de belles sensations, j'ai la pêche et toujours la même envie de bien courir et de bien faire courir.