mercredi 29 septembre 2010

de Millau à Sainte Affrique avec Nico, Manu et Maryline

Les photos sont de jean-michel et isabelle Lorant et du site courir-avec.fr prises par serge, domino et léa.
De nombreuses autres seront visibles bientôt car il y avait aussi Marie-O, hervé, jean-marc, sylvie, noëlle, serge ... j'en oublie qui ont accompagné toute l'équipe ce Week End.

ci dessous, j'ai commencé un papier, je le complèterai dès que possible.

lundi 27 septembre, 21h20, le tgv a quitté la gare de Rennes il y a un quart d'heure, combien de fois ai-je fait ce trajet vers la capitale ? Quelle capitale ? ah oui, celle de la France, celle qui concentre tant de choses, tant d'énergie, celle qui consomme ou consume tant de reste d'humanité qui reste en chacun de nous. La force de l'habitude aura t'elle le dessus sur ce que j'aime avant tout ?

Non, car j'ai la chance de vivre des aventures extraordinaires.

La capitale de l'endurance était hier et avant-hier Millau. Une deuxième fois, je suis venu humblement courir le mythique 100km. Cette fois-ci, cela a été un défi fou, ce n'était pas le rêve d'un seul coureur qui espère devenir cent-bornard c'était un défi en groupe, toute une équipe d'amis qui ont décidé de vivre ensemble une expérience inédite et "folle".

Etait-ce la capitale des coureurs fous ? peut-être l'espace de presque quinze heures.

Est-ce que L'ile de La Réunion est la capitale des fous ? peut-être le temps d'une diagonale, oui mais c'est fin octobre.

En tous cas, pour nous qui étions à Millau ce samedi matin, qui avons parcouru une partie des gorges du Tarn, qui avons quitté Sainte Affrique dans la nuit et sommes revenu au parc des Victoires à la première heure ce dimanche, c'était bien la capitale de l'émotion.

Nous avons cotoyé, des enfants et des parents qui oeuvrent pour un jeune garçon, jean-baptiste qui est né sans fémur, une belle solidarité l'entoure; Régis Lacombe un champion qui a gagné l'édition de 2006 est parrain de l'association.

L'organisation du 100km de Millau nous a permis de partir devant la course et l'espace de quelques minutes, nous savourons le fait d'être en tête de cette course mythique.
Les premiers coureurs nous dépassent, nous nous sommes mis en file indienne pour ne pas géner et comme d'habitude tout le monde nous encourage, Nicolas dans la joëlette est ravi, c'est lui le champion, il adore ces moments où il est avec nous, c'est ça "courir avec" c'est partager le bonheur de courir ensemble.



































Ce qui est superbe avec le 100km, cela fait réviser l'arithmétique, tous les 5 kms sont indiqués et un rapide calcul mental nous dit qu'au km 5 nous avons fait 5%. Très rapidement, nous arrivons au ravitaillement car il y en a un à peu près tous les 5km, comme nous sommes tous très forts nous savons qu'il y en aura ... 20. En fait, on s'en fout, à Aguessac, les accompagnateurs vélo sont là. Sur leur dossard, c'est marqué suiveur. Domino est mon suiveur atitré puisqu'il a pris mon numéro. C'est le hasard, mais ça nous permet de blaguer de façon différencié. Léa est sur un autre vélo, je crois qu'elle appréhende de faire toute la course car la distance fait peur, même à pédaler et surtout sur une selle. Il y a aussi Marie-O qui roule et Isabelle, plus tard nous serons accompagné d'Hervé. Nous sommes très bien entourés et supportés, Isabelle a une cariole attachée à son vélo et tout un tas de bazar laissé par les cent-bornards expérimentés ou bien novices sur la distance, en effet quatre d'entre nous sont à la veille d'un passage "initiatique".
Vers le 20ème kilomètre, nous changeons de rive du Tarn, c'est Le Rozier, serge s'apelle Rodier alors pour moi ce sera le village "Le Rodier". Il y a quatre ans, la météo était totalement différente, le départ avait été donné sous un temps lourd et j'avais de très mauvaises sensations au moment de passer le Tarn, je me sentais déjà fatigué. Là, c'est différent, le temps est frais, légèrement couvert, de temps en temps nous avons de très belles lumières qui mettent en valeur de très belles vues, un pont, un château, des rochers qui semblent s'évader, se séparer du causse, des chapelles, des hameaux accrochés sur des côteaux. Mais je me sens fatigué, je me dis que c'est dans la tête et puis il y a quatre ans nous avons eu 7 heures de pluie terrible, cette année, je ne crois même pas que je serai mouillé.
Dans le 9 places entre Basse Goulaine et Millau, nous avons bien papoté, serge m'a rappelé qu'aux marathons avec la joëlette, au passage de la ligne d'arrivée, il ne voulait pas me regarder car je pleurais "énormément". Oui c'est comme ça, je pleure quand je suis triste et je pleure quand je suis très heureux, je ne changerai pas car je n'en ai pas envie.
Ces derniers temps quand je suis seul à faire ma sortie le matin de bonne heure, mon papa m'accompagne en pensée, je ris, je pleure, je cours, je vis, il est mon soutien quand je sens que je manque de courage. Papa ne courait pas, il jouait trop rarement du piano, Mozart est remplacé en ce moment par Papa.
Tout à l'heure, j'étais à table avec babeth et les enfants, j'ai encore pleuré car je les ai remerciés de me comprendre et de me permettre de vivre des moments si forts, je suis tellement heureux grace à eux. Souvent je culpabilisais car j'étais souvent absent à cause des courses, de l'entraînement, du travail. Ils m'ont encore dit combien ils sont fiers d'avoir un papa comme moi.
Pourtant je ne suis qu'un simple membre d'une association "courir avec", il y a mes autres amis avec qui nous vivons des moments énormes et il y a ceux qui organisent, qui ont les idées, qui vont voir les enfants et leurs parents. Moi j'ai la partie la plus facile, il faut juste que je m'entraîne pour ne pas être un boulet le jour de la course et je ne participe qu'au meilleur, c'est à dire le plaisir de voir les enfants heureux le temps de la course. Les parents nous remercient toujours chaleureusement et toujours nous sommes heureux qu'ils soient là, eux qui font des efforts, chaque jour, chaque heure, ils font une course sans jamais s'arrêter, ce sont eux les plus endurants.
En effet, l'endurance, l'ultra-endurance c'est de l'entraînement mais c'est aussi et surtout de la volonté ou bien dit autrement c'est refuser l'abandon.
Quand on est obligé, on ne se pose pas la question est-ce que j'y vais ou non, quand on est un parent, responsable, conscient, on élève ses enfants, on ne se pose pas la question est-ce que je dois le nourrir, l'habiller, l'aider à apprendre, on l'aide à se construire. Quand on a un enfant, qu'il soit doué, qu'il ait des difficultés, qu'il ait un handicap, on a des moments de fatigue mais on se doit d'endurer et on endure.




Nous avons laissé Nicolas et c'est Maryline qui l'a remplacé dans la joëlette. Eric et Bruno sont avec moi, les deux autres cent-bornards qui avons subi les pluies torrentielles de l'édition de 2006. Entre Le Rozier et Millau nous avons cherché le ravitaillement où il était tellement diffcile de ressortir tellement il pleuvait. Cette partie du parcours est plus vallonnée que le premier semi mais nous savons que c'est très roulant comparé à ce qui suivra quand on quittera les rives du Tarn.
Des bénévoles déguisés viennent embrasser maryline, c'est super sympathique et ils posent pour une photo colorée.
Nous avons fait la première boucle de Millau à Millau avec de l'avance par rapport au plan de course prévu. L'avance est d'une demi-heure.
Le relais des enfants au 44ème est le bienvenu, nous en profitons pour aller chercher dans les sacs, crême anti-frottement pour en remettre une couche là où je sais que cela ne pardonne pas dans l'ultra, philippe qui est kiné, nous sort sa fiole d'huile de massage à l'arnica, c'est en prévention des crampes, donc application sur les quadris, les mollets et les ischios derrière les genoux. La fiole passe des mains de philippe à nanou et par moi. Je me masse, elle se masse, il se masse ... les jambes.

Emmanuelle est fin prête, joëlle, nanou et moi nous partons un peu avant l'équipe cela permet de trottiner lentement jusqu'à ce que toute la troupe se regroupe et se met en vitesse de croisière. Nous abordons la première vraie difficulté, la côte de Creissels jusqu'en dessous du viaduc. Rares sont ceux qui courent, de toutes façons avec la joëlette, ce serait l'assurance de nous cramer. Une fois le sommet de la côte franchie, nous avons le panneau "dossard visible" cela veut dire qu'il y aura le photographe officiel. Bien entendu, nous avons le sourire puisque c'est le symbole "borne 50km et viaduc derrrière", c'est vrai que ça fait de très belles photos souvenir.

Viennent ensuite, les ravitaillements que je connais par coeur, ils sont bien nets dans mémoire, ce sont dans les bourgs et ce sont ceux que j'ai évités il y a 4 ans sur le retour car il faisait nuit et je ne voulais pas me faire piéger par leur trop grande hospitalité. On entre dans la salle et on n'arrive difficilement à en sortir.
A l'aller, ce n'est que du bonheur car on a déjà passé la moitié du cent-bornes et on est toujours frais; les gens sont souriants, les coureurs le sont aussi.
St Georges, la soupe n'est pas encore prête, pas grave, pour ma part, ce sera jambon et pâté sans cornichon ... pas prêt non plus, pas grave, coca et perrier pour arroser ça, je n'ose pas la bière et ça me fera deux jours sans une goutte d'alcool. Les copains savent ce que je pense de nos après entraînements à Melesse.

Nous nous servons des ravitaillements comme objectifs intermédiaires, cela fait longtemps que nous avons oublié l'arithmétique. Le truc, c'est : "bientôt le ravito", en effet ils reviennent assez vite. A chaque fois la stratégie de Nanou et Joëlle est de partir dès que possible en marchant ou trottinant, de temps en temps je les accompagne, quelquefois c'est serge. Quand la joëlette arrive à nous rattrapper, les filles prennent un relais, cela permet de réguler l'allure et de ne perdre personne. C'est vrai que le petit jeune de la bande, le prénommé Simon, sans le faire exprès, à chaque fois qu'il prend une canne pour tirer, accélère et tout le monde de dire: "attention simon, pas trop vite!". Moi qui me suis bien entraîné, j'ai quand même pas mal de moments de moins bien. Ce qui est magique, c'est que dès que je prend un relais, j'oublie ma fatigue et je me met au rythme de toute l'équipe.
On a tendance à le dire, la joëlette c'est de la triche car ça nous fait avancer. Quelquefois on blague en disant que Nico, Manu ou Maryline nous demandent d'accélerer. D'ailleurs dans les trails cela nous arrivent de le faire pour rigoler. Là ce serait "risqué", nous devons être réguliers, l'objectif est d'aller au bout ensemble.

Gaëtan pour une très grande partie de la course a pris le guidon et a poussé, devant c'était presque toujours deux à tirer et derrière c'est obligatoirement un seul qui assure l'équilibre et qui pousse s'il le peut. Gaëtan a fait partie de l'équipe de France de 100km, il prend les relais sans rien demander et celui qui est en place n'oppose aucune résistance.

Un moment j'ai eu du mal à suivre la troupe, gaëtan était là pour m'encourager à revenir au train. C'est là encore l'illustration de la force d'une équipe. Seul j'aurais sombré.

A ste Rome, nous laissons emmanuelle pour reprendre nicolas, nous avons déjà fait un bon bout de chemin, nous croisons des connaissances qui sont dans l'autre sens, d'ailleurs à Millau c'est sympa car nous voyons beaucoup de coureurs rapides quand on va vers ste Affrique et ensuite dans la nuit ça s'inverse on voit ceux qui sont plus lents que nous et égocentriquement on se dit qu'on est mieux à notre place car on ira se coucher bien avant eux.

Au ravitaillement de Tiergues vers le 74ème, j'ai croisé philippe Lorent un camarade de mon club, il est très très bien, il fait la course avec son beau-frère et pour un premier cent bornes ce sera une très belle performance pour tous les deux. En descendant sur ste Affrique, j'avais froid, le temps de chercher mon coupe vent dans les sacoches et dans la cariole, le groupe s'était envolé. J'ai peiné pendant toute la descente pour revenir, j'avais mal aux jambes et je pestais, seul j'étais grognon, bougon quand j'ai recollé, j'ai snobé les copains et j'ai râlé. Le plus bête dans cette affaire c'est que les copains croyaient que j'étais devant. Ma sale tête de cochon n'a duré que quelques secondes et tout est rentré dans l'ordre.

D.. que cette descente fait mal.

A ste Affrique il y a un maximum d'abandons, pour nous c'est facile, une seule idée en tête, nous devons faire en gros un kilomètre après la salle de ravitaillement pour rejoindre le relais. Nicolas cède sa place à Maryline. Moi, je me retartine avec de la crème anti-frottement là où le shorty commence à m'irriter très sérieusement les coucou....es. Tous les signaux sont au vert à part ça. Il n'y a plus qu'à rentrer. Le temps que les parents et les copains ajustent la coque de maryline, j'ai le temps de passer un coup de fil à babeth pour la rassurer.

Dans la remontée vers Tiergues, nous croisons notre ami jean-marie, cela nous fait plaisir de le savoir là, il devra sans doute passer une bonne partie de la nuit dehors.

... à suivre

3 commentaires:

BrunoR a dit…

Oh que c'est beau ! Ca prend aux tripes, j'ai presque envie de m'inscrire pour l'année prochaine.
Bon, ce serait un peu prématuré, mais je remettrais le couvert avec "Courir Avec" prochainement.

Tes enfants sont fiers de leur Papa, ben moi je suis fier de mon ami !

S. Jaubert a dit…

Vous avez fait vivre à ces enfants une très belle aventure. J’ai été heureux de croiser ton équipe et toi, Charlie bien sûr. Ce n’est sans doute pas par hasard que vos tee-shirt sont de couleur orange, couleur de joie et d’énergie. Il se dégageait de votre équipe un rayonnement, une force immense ! Je me souviendrai longtemps de ton visage si calme et serein alors que beaucoup, dont moi, ne pensaient qu’à leurs petites douleurs… Bravo à vous d’apporter autant pour ces enfants.

Coach a dit…

Bravo pour cette belle performance!
Bonne saison 2010/2011.