samedi 4 juillet 2009

grand raid 56 la grosse journée de samedi

Samedi 27 juin, sur le tour du Golfe du Morbihan, ce sera 24 heures, mais pas avec jack Bauer, pas 24 heures chrono mais 24 heures sano, lentano,

Une semaine après le départ du tour du Golfe du Morbihan, faisons un point, un blog est un journal qui est publié sur Internet, c’est sans doute intéressant de savoir qu’il y a des millions de bloggers qui racontent leur quotidien, c’est sans doute important pour eux d’écrire, en tous cas, c’est presque futile pour moi car pour me répéter, cela contribue à donner un sens à ma vie. Le presque vient du fait que certes, si je ne pondais plus de papier sur mon blog, ce ne serait pas important mais cela enlèverait mon plaisir de « parader » et parmi mes moyens d’expression c’est quand même celui qui touchent peut-être des centaines de lecteurs ; c’est l’outil google analytics qui me dit qu’il y a des centaines de visiteurs alors, allons y gaiement continuons à nous faire plaisir.

Le mois de juin est fini. La période des examens est passée pour ceux qui n'ont pas d'oral de rattrapage. C'est le cas de mes enfants.

Mes trois premiers enfants Camille, Julien et Pierre ont passé leur bac (Marie, la quatrième et dernière est encore trop jeune), chacun se différencie sur sa capacité à produire un texte « philosophique » . Ce n’est pas celui qui fait des études supérieures qui semble aimer le plus la philosophie, la recherche de la compréhension des écrits des philosophes allemands, français , chinois; c'est Julien mon menuisier de fils qui m'interpelle le plus question "sagesse".

Mes enfants et moi, étant d’origine vietnamienne donc asiatique, ne devons-nous pas approfondir les messages laissés par Confucius, Bouddha et autres penseurs orientaux? Dans mon enfance, paradoxalement, j’ai été abondamment baigné dans la Bible, j’ai eu une période de rejet, aujourd’hui je ne me positionne pas aussi franchement anti-clérical sauf quand il me revient des sursauts des réactions viscérales d’étudiant d’extrème gauche.

Que les modérés se rassurent, je n’en suis plus, l’age, le recul me portent vers le confort de l’équilibre, d'une « voie du milieu »

La culture occidentale est empreinte de la notion de souffrance, de sacrifice, certains y voient un chemin pour « communier » avec … je ne sais quel être vivant, mythique, mystique ou mort. Dans d'autres civilisations, on brûle des monnaies factices pour les envoyer vers les ancêtres. De temps en temps, on apporte des repas qu'on laisse devant l'autel pour un partage virtuel.

En tant qu’asiatique j’essaie de comprendre comment est perçue la vie par d’autres cultures où visiblement la philosophie dominante a imposé au peuple une énorme dose de résignation ou tout du moins véhiculait l’idée que le bonheur résidait dans le respect des anciens et sournoisement dans le respect de l’ordre établi.

Des idées faisant croire que l’individu était important devaient sans doute apporter le chaos si chacun de ses êtres importants devenaient des millions.

Cette introduction semble déplacée dans un papier sur la course à pied, cependant quand je me rappelle les points importants de ravitaillement et de secours, tels Larmor baden, Vannes, Sarzeau, je ne peux oublier des pieds en très mauvais états et les coureurs avec des visages marqués par la souffrance et cela me pousse à chercher un sens à tout cela. Sur l'ultra, l'endurance des muscles est certes importante mais l'alimentation est aussi primordiale. Les ampoules, les muscles fracassés peuvent anéantir un long raid et j'ai aussi vu des coureurs sous perfusion car ils n'arrivaient pas à s'alimenter. L'intégrité physique et mentale doit être de mise. N'ai-je pas aussi une responsabilité morale et ne dois-je pas encourager les apprentis raideurs à rester raisonnable, à quand même rester "sage".

Si je devais laisser une trace sur mon passage sur terre, j’aimerais que cela soit plus que des plans d’entraînement pour une quelconque course. Si on devait se souvenir de moi, j’ai la naïveté de croire qu’on se remémorerait de ma quête de sagesse(s), de ma recherche de signification(s) à la vie, de mon envie énorme de partager mes connaissances issues de mes propres expériences et de celles de mes amis coureurs que j’entraîne. Tel robin des bois, je vole l'expérience aux "riches" c'est à dire ceux qui en ont beaucoup pour donner à ceux qui sont "pauvres".

Si l’on combine des éléments mesurables avec d’autres plus subtils et subjectifs, on obtient de quoi faire progresser soi-même et si possible ceux avec qui on communique, ceux à qui on veut "donner", vous les lecteurs tenaces et endurants tout du moins du point de vue persistance sur mon blog.

Pour le mesurable, regardons ce dont je me souviens ou ce que j'ai dans mes appareils : distance, (kms) durée, (heures) FC, (pulses) tension artérielle (SYS systole et DIA diastole en mmHg millimètres de mercure), température. (°C) La température était tout simplement estivale et je ne l’ai pas retenue, c’est comme si je voulais oublier que j’ai eu chaud, très chaud et puis somme toute, c’est normal fin juin dans ce beau coin de Bretagne Sud.

Pour ce qui a trait au cerveau, là je n’ai pas de capteur, pas de mesure, mais des termes plaisir, euphorie, souffrance, endurance, confort, inconfort, ennui, envie, « le pied », la "cerise" et d’autres.

Le redémarrage de Larmor Baden a été vers 1h30 du matin. Je quittais la salle de repos avec des voisins sous perfusion, des voisins aux pieds bandés, non pas comme dans les vieilles traditions chinoises pour faire joli mais strappés à cause des ampoules. C’était 8 heures après le départ. C’était 51,95 km parcourus. J’avais dormi en tout et pour tout zéro heure zéro minute. La prochaine fois, je ne boirai plus de coca, le soir ça énerve et j'attendrai un peu plus tard pour la pause, j'emporterai un masque pour les yeux et des boules Quiès pour mes oreilles. Ma discussion sur les qualités des artères avec un médecin m’avait bien plu, j’étais content de faire ma petite expérience avec mon tensiomètre à prise au poignet, celui-ci ne me "coûtait" que 200g dans le sac. Au ravitaillement de Mériadec, à la nuit naissante, ma Tension avait grimpé à 211 107 ma FC 107, étonné, je reprenais la tension une deuxième fois et cela donnait 209 99 et FC 139. Ce qu’il faut noter c’est qu’il n’y a pas de rapport entre FC et TA. A l’arrivée à Larmor Baden j’avais 131 103 et ma FC à 107. Alors que je reprenais la route cela donnait 153 99.

La TA Tension Artérielle est un des aspects mesurables. Mon côté "sciences dures" est aux anges et il pourra à la prochaine visite chez le cardiologue discuter de cette expérience. Mais ce qui reste côté mental, c’est surtout qu’en attaquant ma vraie nuit de course, j’étais heureux comme un enfant qui a un nouveau jouet, pas le tensiomètre mais le terrain, la course dans la nuit, l'envie était énorme.

C’était l’euphorie, au début j’étais bien protégé, j’avais enfilé un coupe-vent et mis le sac par dessus. Ensuite, la douceur de la température ajoutée à la chaleur due à la course m’ont fait m’arrêter et je n'ai gardé en haut que le T-shirt technique encore sec, il était venu avec la navette des sacs, j’avais aussi changé de sous-vêtement, mon cuissard shorty ne m’incommodait pas, mes bijoux de famille étaient "intacts" contrairement à Guerlédan, mes sparadraps sur la poitrine tenaient bon. Ma frontale était impeccable, mes lunettes n’avaient pas de buée. Pour résumer, c’était tout sauf l’inconfort de la fin de course à Guerlédan. Les trails se suivent et je gagne en expérience sur le choix des équipements. Grace à des discussions avec des anciens de ce raid, j’ai opté pour des chaussures de route au lieu de mes trails qui certes me protègent mais en même temps n’amortissent pas du tout et cela me fait mal sur le bitume. Ce sera encore un point à peaufiner pour mon prochain gros objectif d’ultra, chaussures de trail ou chaussures de route.

Cette nuit est noire, la lune ne présente qu’un fin croissant, ma lampe est bien fixée au front et en étant vigilant, je regarde à un ou deux mètres devant moi, le faisceau est stable alors que quand je mets la lampe à la ceinture cela n’arrête pas de bouger de droite à gauche, cela révèle que mon bassin bouge et c’est normal car j’ai une foulée qui est à la limite de la marche athlètique, elle est très économique mais je fais bien attention à lever la pointe et à monter le pied en quittant le sol. Cette foulée, je l’ai travaillée sur mes sorties en endurance afin de ne pas taper les racines et les pierres affleurantes, car à Guerlédan, j’avais énormément souffert des multiples chocs qui provoquaient des débuts de contractions-crampes. C'était très désagréable. Là c'est un grand motif de satisfaction.

C’est encore et toujours le plaisir de courir ou trotter en endurance. J’ai beau savoir que je suis très loin dans le peloton, j’ai la sensation d’être tout simplement à ma place. Mes muscles sont comme intacts, mon souffle est bien sûr facile, si il n’y avait pas à rester vigilant, je me mettrais facilement en mode "veille" comme sur cent-bornes. Pour expliquer mon mode veille, c’est comme si le corps continuait à bouger avec ses mouvements renouvelés à l’infini sans intervention de la volonté du cerveau, comme les reflexes en quelque sorte. Il y a longtemps que la course est démarrée alors maintenant, tout baigne dans l’huile, le moteur ronronne, mettons le pilote automatique. Là non, pas le droit au pilote automatique sinon c'est la chûte assurée. La FC est bien basse, enfin c’est ce que je crois car elle est souvent en dessous de 130.

Puis, alors que je ne m’en suis pas aperçu, la fatigue s'est bien réinstallée. Sur des faux plats que je prenais en trottinant, je n’arrive plus à les grimper sauf en marchant, voilà le moment que je redoutais, j’ai sommeil, là plus question de courir ni même de trottiner, cela devient dangereux. Seulement voilà, quand je ne trottine plus, mon corps ne dégage plus autant de chaleur, je remet le coupe-vent par dessus le sac et j’avance comme je peux. Ce n’est pas vraiment l’ennui qui me gagne mais en tous cas il n’y a plus de plaisir, cela devient dans ma tête : « il faut y aller », c’est comme quand on a un job à terminer, il ne faut pas le repousser à plus tard sinon, on se retrouvera coincé par le temps, il y a une "dead line", en course il y a l'élimination pour pointage hors délai. Dans ma tête, c’est maintenant, la question : « puis-je m’arrêter et dormir un peu ? ». Un moment je trouve un banc et une table un peu décalés par rapport au parcours, je peux m’y reposer . Très rapidement le froid me prend et je repars pour ne pas risquer d’attraper quelque chose de grave. L’ultra est formidable, grace à la durée de ses épreuves, on peut passer par plusieurs états, plusieurs fois, l’euphorie est éphémère et précède une dépression, avec de la chance, on connaît le milieu, la sérénité du temps qui passe et c'est précieux. Il y a à peine une heure je me sentais des ailes et maintenant je ne pense qu’à avancer en marchant pour atteindre un futur point où je pourrais me reposer, m’allonger, dormir.

Quand j’étais adolescent il m’arrivait de m’endormir n’importe où, dans n’importe quelle position, couché bien sûr mais aussi assis et même debout calé dans un coin d’un hall de gare.

Là, l’habitude de toujours dormir dans un lit m’a privé de ce luxe, de cette capacité d'adaptation au milieu. La nuit devient très longue, je n’ai plus un cerveau qui se pose des questions existencielles, la métaphysique a disparu, ce serait à la limite du "sauvons notre peau, après on verra". A un moment, deux raideurs me doublent, celui qui est devant donne des consignes pour un rdv à son copain et ce dernier reste marcher à côté de moi. Quelques instants après, rassuré par cette présence amicale, je me met en mode "marche dans les pas de l’autre", ma frontale n’est même plus nécessaire car mon confort réside en la confiance de mon compagnon « d’infortune ». Plus tard alors qu’il reprend du poil de la bête il se met à trottiner et moi, toujours dans le même mode, je trottine. Cependant, après m'avoir laissé passer devant, il finit par me dire : « je reste avec toi, tu ne tiens plus debout, c’est dangereux tu vas tomber » alors je lui fais bien sûr confiance encore plus que jamais et mes seules paroles répétées sont : « quand est-ce qu’il y aura le ravitaillement ?», il me répond quelque chose que je ne comprends pas. A un moment, j’ai peur qu’on se soit perdu alors il me demande de rester là et il va voir plus loin. Ouf il me dit qu’il a repéré une balise alors on continue. Je ne suis plus lucide j’ai l’impression qu’on tourne en rond, en fait c’est presque vrai car à certains endroits on passe d’une rive à l’autre d’une rivière qui fait des méandres …
La nuit s'en va, c’est déjà çà, le soleil n’est pas levé, c’est la fausse aube, c’est le lumière indirecte et tout semble gris.





Nous arrivons à un ravitaillement en effet, mais il n’y a qu’un lit de camp et il est occupé, par un gars qui a abandonné et il attend la navette qui va le rappatrier. Nous sommes plusieurs raideurs à discuter avec les bénévoles et je décide ne de pas m’attarder car je veux trouver un lit !

Quelques centaines de mètres plus loin je trouve un endroit où un lit d’herbes et de fougères me semblent confortable. Je m’installe regarde l’heure et je m’endors ... enfin.
Si j'avais l'humeur massacrante, je dirais que c'est un boucan qui me réveille, or, mes yeux s'ouvrent doucement alors que ce sont les chants des oiseaux qui me disent, "il est temps" En effet, il est temps, une voix intérieure m'invite à me lever et trottiner, je regarde ma montre, cela ne fait que 5 minutes de sommeil mais cela m'a revigoré.

Alors que sur les bords de l'eau ça tourne, ça vire, les racines et les pierres menacent, je lève la tête et j'aperçois le soleil, la surface de l'eau est complètement sans ride, il n'y a pas de vent et on entend bien les oiseaux chanter, il y a toutes sortes de mélodies ce qui montre la variété des espèces. C'est un instant d'éternité. Il n'y a pas âme qui vive alentour, je suis serein, j'aime tout simplement.

Par moment le chemin nous éloigne du bord de l'eau, nous longeons des zones avec des maisons magnifiques, des châteaux, qu'on devine derrière des grilles, leurs habitants sont encore dans leur grasse matinée, la mienne n'a pas duré longtemps. Le chemin me ramène au bord de l'eau, et c'est un paysage enrobé par la brume que je découvre.
Pendant que je prend des clichés, une coureure me dépasse, sans bruit, elle m'adresse juste un regard avec des yeux fatigués qui restera gravé dans ma mémoire, je reverrai ce visage plus tard au prochain ravitaillement, c'est vrai qu'à nos allures, nous restons quelques minutes sans nous pénaliser au chrono qui ne veut rien dire et cela permet aux bénévoles d'avoir un peu de conversation avec les raideurs.

On me demande si Conleau est proche, je n'en sais rien. Plus tard, je rencontre des joggeurs matinaux sur les berges du Vincin, ils me confirment que Conleau est à 3 km. Pour avoir fait le marathon de Vannes, je sais que c'est un passage magnifique et qu'il n'est pas très loin du port donc dans ma tête cela signifie que je suis proche de la grande pause du milieu du raid.

La tête va bien alors les jambes tournent bien, mon allure est maintenant décente, c'est la promesse d'une très prochaine récompense ... je vais dormir dans un lit de camp à Vannes Chorus.

Passé le pointage de Conleau, j'accélère encore, sur la partie avant que je ne me booste, j'étais à une moyenne de 107 pulses et quand j'attaquais je grimpais à 120, là je fractionne à cause de passages piégeux avec racines et en FC haute je grimpe à 130 même à 139 quand j'atteinds Chorus, c'est un véritable sprint aux environs de 10km/h. En effet, il faut se donner quelques repères, la nuit j'ai tourné à une moyenne de 5 km/h en comptant les arrêts. Ma FC de croisière est à 107, cela paraît incroyable quand je pense qu'en étant à fond je suis en séance VMA à 175 environ, dans les cross et les 10 bornes j'arrive quelquefois à grimper vers le 183 et là une approche des 140 et c'est le max.

Enfin je suis à l'hébergement, je prends soin de manger pour avoir le ventre plein et cela m'aidera à m'endormir. Une bénévole me propose le plat désormais connu de coquillettes, jambon, gruyère (même si c'est de l'emmenthal) , c'est Byzance! elle m'offre une bière, ... sans alcool, sa fraîcheur (celle de la bière) me fait énormément de bien, je ne traîne pas à table sauf à discuter un peu avec un coureur belge, je récupère mon deuxième sac et je fonce chercher un lit de camp. Je déballe mes "cadeaux", il y a un sous vêtement , un T-shirt, des pansements au cas où ceux que j'avais depuis le début n'adhéreraient plus, des lingettes, que je vais mettre dans mon sac à dos, mes prunes vietnamiennes salées-sucrées, c'est ma confiserie très personnelle. Ces prunes sont d'un goût inimitable, celui qui me reste de mon enfance quand les parents revenaient du Viêtnam. Je fourre aussi des barres de pâte d'amande, de pâte de fruit, des barres de céréales au cas où j'aurais une envie entre deux ravitos. En fait je n'en aurai pas. Je reprends ma tension artérielle. Ma TA est basse comme un jour "normal", sans raid.

Mes chaussures, mes chaussettes, mes booster enlevés, je m'endors la couverture sur la tête pour m'isoler de la lumière et un peu du bruit. Comme j'ai enregistré ma courbe de FC, aujourd'hui, je constate qu'à la fin du sprint pour atteindre chorus, j'étais monté à la FC 140, à table j'étais descendu à 90 et lors de mon sommeil c'était descendu à 75. Ce n'est quand même pas les FC basses constatées au repos lors de mon sommeil à la maison où je descends à 40 au creux de la nuit et me réveille à 60.

Une demi-heure après, je me réveille avec l'envie d'y aller, je me suis refait la "cerise" TA 127 76 FC 81 alors, je fais l'inverse de tout à l'heure (booster, chaussettes, chaussures remis, la prochaine fois je mettrais un paire de chaussette en plus), je passe au ravito remplir ma poche à eau, je sais qu'il fera chaud, voire très chaud et je la remplis intégralement avec de l'eau gazeuse en me disant je n'aurais peut-être pas besoin de sucer mes prunes "spéces" car la Badoit est bien chargée en sels.

En quittant Chorus je constate qu'il fait vraiment chaud, le parcours est en sens inverse du marathon, je dois passer sur l'autre côté du bassin des voiliers et je serai pointé à la capitainerie un peu avant midi. Maintenant je m'aperçoie que cela fait 18h30 depuis le départ. Avec un raisonnement simpliste cela donne 37 heures au total, oui mais ... la deuxième partie ne sera pas équivalente à la première. Quand je dépasse la capitaineire, je vois d'autres raideurs en face, je me rend compte que je ne suis pas dernier, pourtant il ne restait pas beaucoup de sacs à Chorus.

Direction Séné, encore une petite dose d'euphorie, j'ai l'impression de courir et même courir vite, sur les sentiers, je n'arrête pas de doubler , j'alterne du trot où je grimpe à une FC de 125 et je marche pour redescendre en dessous de 110 ... Bientôt c'est quelque chose d'autre qui va me rattrapper ! Les chemins sans ombre sont terribles, ça y est, mon corps réclame la sieste, c'est quand même trop tôt mais toujours à marcher au soleil cela commence à attaquer ma motivation, je pense déjà à m'allonger. Un coin ombragé m'attire irrésistiblement et j'y vais m'affaler, je ne parviens pas à dormir et je regarde passer un à un des coureurs, c'est quand même très très calme, ils ne me voient même pas, je prends une photo et je suis bien! La paresse m'a ratrapé.


Un groupe passe, alors je décide repartir, je vais m'accrocher et je n'aurais plus à gérer mon allure. Il me semble que le prochain ravitaillement est loin car cela fait des heures que je tourne dans Séné, cela fait longtemps que je suis passé dans le bourg. Un moment j'en ai vraiment marre et je vois un autre coureur allongé sur un banc à l'ombre, je lui dis qu'il a bien raison, je continue mon chemin en marchant, cela fait longtemps que les alternances de trot et de marche ont cessé, il n'y a plus que la succession d'un pied lent devant l'autre lent, ce n'est plus du fractionné, c'est ... la galère ... "rame, rame rameurs ramez ". Deux fois je me couche à à peine un demi mètre du chemin. Tant pis, je n'en veux plus, j'apprécie les lingettes pour m'essuyer d'abord le visage puis, des endroits qui lors de Guerlédan m'avait forcé à marcher en canard. C'est déjà un inconfort de moins ou bien si on est optimiste un petit bonheur en plus.

Port Anna, cela ressemble à un ravitaillement; eh bien non ! ce n'est qu'un pointage, mais on me dit que Séné, est proche, en fait c'est l'école de voile de Séné qui sera le point de halte. Là de toutes façons, c'est juste boire du coca qui me redonnera un peu de pêche. Le chemin le long des plages sera assez agréable, sauf que je jalouse les vacanciers en train de se dorer la pilule, enfin quand même la chaleur paraît plus supportable.

En fait Séné - Noyalo, ce n'est que 15 kms alors comme le soleil va être moins fort, cela sera plus facile et puis je me dis que mes copains qui participent au semi-tour me rattraperont et ce sera un grand moment à plaisanter à se traiter de tous les noms, je vais les traiter de petits joueurs et ils me diront que je suis un grand taré. En fait plus le temps passe et plus je redeviens un peu plus lucide, je crois que je fais une moyenne de 5km/h et je réalise que je vais mettre trois heures pour atteindre Noyalo. Mon moral en prend un coup. Plusieurs fois je me dis que je vais arrêter. Plusieurs fois je me répète qu'en fait je suis venu affronter la deuxième nuit. Donc je repars à trottiner d'autant plus que je compte me faire rattrapper pas trop tôt, dans la nuit vers 23 heures avant d'arriver à Sarzeau.

A Noyalo, c'est fantastique! après avoir longé la route sur les bas côtés dans l'herbe toujours en devers, très désagréable pour mes chevilles, j'arrive au lieu du départ du trail 56. Là de nombreux spectateurs m'applaudissent parce que j'ai un dossard jaune et que cela signifie que je suis dans le grand raid: respect disent certains ! des spectateurs-supporteurs que je ne connais pas m'encouragent et puis soudain il y a de nombreux coureurs qui disent: "allez charlie" çà ils ne peuvent pas le lire sur mon dossard car c'est marqué georges-charles. Je reconnais un visage très sympathique, c'est en fait un groupe de coureurs de St James le club de mes amis johnny Delépine et bruno Charles, cela me fait un bien fou, et j'entends d'autres "allez charlie" j'ai la fatigue qui se mèle à un sentiment de fierté, après tout je dois avoir couru-marché environ 125 kilomètres, j'ai la larme à l'oeil, la gorge serrée, c'est une grande émotion. En plus Joëlle m'a appelé et m'a conseillé de dormir un peu à Noyalo, elle même a sommeillé une dizaine de minutes et elle a énormément apprécié.

C'est un passage vraiment bizarre que je vis, je crois que c'est là le ravitaillement où il y a foule mais une bénévole me dit que c'est plus loin, alors je suis une pancarte qui m'envoie sur un sentier, au bout de plusieurs centaines de mètres je me dis que je me suis encore perdu car j'ai l'impression d'être sur un chemin et je me demande si je n'ai pas raté l'endroit de la pause, je demande à des gens qui me rassurent en me disant que c'est un peu plus haut à droite, je continue et j'ai toujours un doute, en fait c'est en haut de Noyalo et j'arrive enfin au pointage.

Direction, le repos, je m'assoie à une table et une charmante femme me demande: "que puis-je vous servir, qu'est-ce qui vous ferait plaisir ? des pâtes, du jambon, une soupe ?" . Quelle amabilité, mon agressivité aux dossards a été remplacée par mon admiration des bénévoles. De plus, je discute avec Hervé Bec, un copain connu sur le forum ADDM et rencontré à Cheverny et avec qui nous avons échangé quelques mots sur Internet. Il passe en presque voisin, il est originaire de Bretagne, fait la navette entre Auxerre et Vannes, il est souvent là le WE dans le pays de Vannes. Bon après les coquillettes, jambon, emmenthal arrosé de bière sans alcool, direction le lit de camp dans la salle à côté, je dors 45 minutes exactement. Ma FC redescend à 80 juste avant que je me réveille. Je ne prends pas ma tension car mon appareil fait trop de bips sonores et je ne veux pas ennuyer mes voisins qui roupillent.

Au redémarrage, je constate que le peloton du semi-raid est là, il y a de nombreux coureurs à me doubler sur bitume et ensuite sur les chemins, c'est disons la galère. Ils arrivent à me faire perdre ma sérénité, certains me doublent et me disent bravo, respect, d'autres sont presque à me bousculer car ils sont dans leur trip, leur course, leur compétition, je passe mon temps à leur montrer de quel côté me doubler quand je les entends arriver. Franchement, çà me gave ! Je téléphone à mon ami jeanlou pour lui signaler que j'ai quitté Noyalo et que je m'apprête à les voir venir m'enrhumer. Par moment j'alterne trot et marche et dans ma phase lente, on m'encourage avec des allez. Je suis de mauvaise composition, je devrais prendre çà avec plaisir car c'est la manifestation d'une camaraderie dans le sport, je devrais être content puisque la chaleur a largement diminué car nous sommes déjà dans le début de soirée, la lumière devient orangée. Non, je ne suis pas dans un mode plaisir, aimable, ça ne va pas, je n'ai pas la pêche pourtant j'ai dormi. Les semi-raideurs m'incommodent, ils m'enlèvent du confort.

La vue de l'eau me calme, ça y est, je retrouve un rythme correct, quelquefois je suis à la même vitesse que des demi-raideurs. Plusieurs fois je me fait rattraper par des connaissances et on bavarde un peu. J'entends des copains discuter je crois que ça va être jeanlou et patrice qui me rattrapent, je les attends. Babeth m'appelle avant la tombée de la nuit, elle ne veut pas me déconcentrer au moment où je devrais être vigilant la nuit. Cela me fait du bien de penser à la maison.

Bon maintenant quoiqu'il arrive, je sais que de toutes façons je ne dormirai pas chez moi alors continuons.

D'autres m'appellent, ils sentent bien que j'en ai marre, que j'ai l'idée en tête d'arrêter.

Oliv, Franki, Momo, Benoît, Patrick B, Mounir, Bruno C, Bruno R et Thierry, me disent que ça va le faire, mais ils me connaissent et sentent que j'en ai raz la patate. Plus de plaisir, je suis ronchon, je ne trottine que parce que c'est la garantie que j'y passerais moins de temps. Une fois la nuit complète, je passe un coup de fil à Jeanlou pour savoir où ils sont, ils croient que soit ils m'ont doublé dans le noir soit j'ai une sacré pêche et je suis loin devant. En fait nous devons être à quelques centaines de mètres sur la même portion de route bitumée. Je me retrouve à discuter avec un jeune raideur dont je retrouverai le nom sur le classement, c'est Sébastien Pioche, plusieurs fois nous nous sommes mutuellement passés et repassés. Il me confie qu'il m'a vu cet après midi couché sur le bord du chemin.

Enfin c'est la jonction, je vois passer une flèche que j'interpelle, c'est patrice, puis quelques temps après j'entends jeanlou : " ah que je suis content de retrouver le boss". Nous allons faire la route ensemble jusqu'à Sarzeau. Jeanlou dit que c'est un truc de malade, il n'a pas de plaisir, seul il aurait abandonné, je le traite de tite b... car moi j'en suis à environ 140 bornes et je ne veux pas abandonner. Je veux seulement arriver à Sarzeau, dormir et au réveil voir si je peux terminer.
J'ai connu un deuxième coucher de soleil sur ce tour du golfe, je voudrais connaître aussi un deuxième lever de soleil.
Cela me semble interminable, sébastien me demande si on est proche du ravito, lui aussi dormirait bien. Je me dit qu'il doit rester en gros une bonne heure. Quand on arrive sur le bord de l'eau il y a des signaleurs pour nous envoyer sur le chemin côtier. Nous faisons l'erreur de demander si c'est encore loin, ils répondent 3 km. Je me programme trois quarts d'heure en me disant qu'on fait du quatre à l'heure. Plusieurs indications erronées vont me mettre hors service.

Il me semble que cela fait plusieurs heures que nous tournons, à droite, puis à gauche puis, je suis perdu. Je n'ai envie que de m'allonger n'importe où et dormir là, même si je suis à 1km ou à 500m du point d'hébergement. Quand définitivement, je n'ai plus aucune envie et que mécaniquement mes pas suivent ceux des copains, quand un autre raideur avec ses batons titube sur le goudron d'un faux plat, étant en ville, je me dis que c'est bon, on y est. J'ai un sursaut d'énergie, j'accélère, je cours, ou du moins je crois courir et ... arrivée encore sur le bord de l'eau, là il n'y a plus de lumière, je n'y crois pas il n'y a plus d'habitation donc c'est encore sans doute loin. Je me mets définitivement en mode zombie, je déconnecte, je dois réagir seulement quand un de mes copains me parle. Enfin, arrivée dans un endroit avec des éclairages, une signaleure dit plus que 600 mètres, je me dis je m'en fous je dors là, bon c'est une chemin entre des maisons et pas de place pour se coucher, je continue machinalement mes pas doivent faire 1 cm ça se trouve. Tout le monde en a marre. Nous arrivons ur une placette, là un signaleur nous dit un truc incompréhensible du style, il reste 800m, donc après avoir déjà fait les 600m restant il en reste encore 800m, j'hallucine, et il rajoute "mais en fait ce n'est pas 800 car il y a encore le complexe sportif de 300m"alors je ne sais plus s'il faut comprendre qu'il faut rajouter ou soustraire 300m.
C'en est trop, je cherche à me coucher là, pareil, pas d'endroit convenable, je continue à 0,5km/h peut-être ou bien 1cm par 10 secondes, je suis incapable de calculer. jeanlou me dit que nus allons arriver et que franchement ce serait bein que j'arrête là car je suis .... je ne veux rien entendre.

Nous arrivons sur un parking, je ne sais pas où me diriger, je suis les copains qui me semblent être loin, inatteignables, ils sont à 3 mètres, que c'est loin. Nous longeons un terrain de foot, il y a une rembarde je m'y repose, je ne veux plus avancer. Les copains m'attendent. Il doit rester 40m pour atteindre la salle, pourquoi faire ces derniers mètres ?
Ca y est j'ai un éclair de lucidité, je reprends ma marche, j'arrive au pointage, et je dis que j'arrête là, j'enlève mon bracelet puce, j'enlève mon dossard et le dépose dans une boite où il est loin d'être seul parmi des bleus et des jaunes. Je ne dis même pas au revoir au copains, je vais me coucher.

Sébastien arrive juste après, il se couche.

Il est environ 1heure du matin, Noyalo-Sarzeau m'a demandé 4h12 de trot-marche, cela fait en gros 5km/h. Mon raid est fini, plutôt avorté 145km en 31h37 moyenne générale 4,59 km/h. Je n'aurai pas la boîte de gateaux, je n'aurai pas le T-shirt de finisher. je ne paraîtrai pas dans le classement, c'est comme si je n'étais pas venu. Je suis fatigué et le lit de camp est un vrai bonheur, il n'y a que ça qui compte et accessoirement j'ai beaucoup appris, j'ai encore grandi, je suis toujours petit, je n'ai pas souffert, je n'ai pas pris mon pied, je ne retire aucune fierté ni honte d'avoir fait un trois-quart de tour de Golfe, j'ai l'impression d'avoir fait mon job: bizarre comme conclusion !

épilogue, à mon réveil j'étais "frais" et j'avais des regrets, quand lundi après ma journée de travail j'ai consulté les résultats, j'ai constaté que sébastien a bouclé son raid, il a mis 12 heures pour faire Sarzeau-Le Crouesty. Il se peut que moi-même j'aurais été encore plus lent, donc j'aurais été limite élimination. Merci mon ami Jeanlou de m'avoir convaincu de ne pas m'entêter.

Ami coureur, ami lecteur, respecte le mode de pensée de chacun, cela peut être : " j'aide donc je suis", merci les bénévoles "je blogue donc je suis" merci Internet "je pense donc je suis" merci la philosophie "je me surpasse donc je suis" merci la compétition "j'endure donc je suis" merci l'ultra "je travaille donc je suis" merci le goût de l'effort "je prends du plaisir donc je suis" merci les copains "j'aime donc je suis" merci la vie !

Je suis maintenant en partance pour ... un autre grand raid ! c'est étonnant après avoir tant enduré, j'aime ce que je vais vivre.

11 commentaires:

Sadok a dit…

Je me suis permis de copier-coller, ci-après, ce que j’avais écrit sur un forum consacré à la course à pied pour relater mon vécu et sans prétendre réinventer la poudre :

Le fait de se dire en pleine course : « bon sang mais qu’est ce que je suis venu faire dans cette galère, je serais bien mieux à la maison devant la télé » je l’avais connu à mes débuts dans la CAP, surtout en compétition lorsqu’il fallait s’arracher pour tout donner.

Depuis ces débuts de capeur, j’ai connu des galères encore pire, notamment lors de raids et triathlons de longue durée, mais j’ai ressenti de moins en moins ce sentiment de galère et cette envie d’arrêter.

Je pense que cela est dû à plusieurs facteurs :

- le corps s’est habitué à endurer les efforts ;

- le mental s’est forgé et renforcé à force d’endurer les efforts ;

- l’on a acquis une meilleure capacité à accepter et gérer l’effort et la souffrance ;

- l’on a acquis un meilleur physique et un meilleur mental abstraction faite de toute notion d’orgueil ou de honte face à la perspective d’abandonner.

Mais il ne faut pas que le mental vire à l’obsessionnel et au masochisme.

Tout est dans l’écoute et dans l’harmonie entre la tête et les jambes.

Il faut savoir distinguer souffrance et douleur durant l’effort, la souffrance devant être quelque chose de normal contrairement à la douleur.

Il faut aussi accepter et gérer la souffrance comme une donnée normale et naturelle pour qu’elle ne se transforme pas en abattement physique et psychique.

Tout est dans la nuance et dans la connaissance de soi.

Courir dans la fatigue, voire dans la souffrance, se travaille aussi à l’entraînement (comme tu nous l’as enseigné Charlie). C’est au cours de l’entraînement intense, sur de la fatigue, que l’on va éduquer petit à petit le corps et l’esprit à encaisser le volume et l’intensité.

Cela demande beaucoup de conviction et de persévérance surtout. En persévérant, le mental va tendre à devenir un mental d’acier capable de faire toute la différence.

Pour ceux qui ont une certaine expérience, comme toi, on a une sorte d’instinct pour courir en deçà, pour bien gérer l’effort quand on est dans le dur, sans se mettre dans le rouge, pour ne pas exploser. Tu as su alterner CAP, petit trot, marche, phases de repos, de contemplation et de méditation.

Cela s’acquière avec le temps et avec beaucoup d’humilité, pour ne par se cramer comme un feu de paille, car on ne peut exiger de son corps plus que ce qu’il peut donner, à un instant T, compte tenu du temps qu’on lui a octroyé et de la préparation qui a été faite.

Donc, point de souffrance subie, mais une souffrance contrôlée avec des moments durs à passer, en toute maîtrise, pour autant de bonheur et de satisfaction à l’arrivée et l’envie de remettre les couverts (peut-être à la diagonale des oufs ?).

Enfin, l’abandon constitue pour moi une modalité et 1 joker que je n’hésite pas à utiliser en tant que de besoin et sans éprouver la moindre honte. Je me dis qu’il vaut mieux abandonner une course avec un petit bobo, qui sera vite guéri, plutôt que de ne pas abandonner ou de le faire tardivement avec une plus grande blessure.

Ce qui t’a le plus manqué c’est le sommeil, après une semaine de boulot harassante, car le physique a répondu présent.

Encore chapeau pour ta prestation dont tu dois sortir enrichi et grandi pour mieux envisager et aborder les prochains défis.

Chi va piano, va sano e va lontano.

Anonyme a dit…

Remarquables la série de photos. On souffre avec toi à lire ce récit. On attend impatiemment le CR de ton prochain défi.

Sportivement,

Cyril

rhum_u a dit…

Le raid est peut être avorté mais l'expérience semble entière. C'est l'essentiel.
En tous cas bravo et merci pour ce récit.

Laurent A a dit…

Merci pour cette leçon de courage, de persévérance et de philosophie de la vie.

Anonyme a dit…

J'essai de m'imaginer tout ce qui a pû te passer par la tête , de m'imaginer ton état physique . J'essai de m'imaginer quel effet ça doit faire de ne plus trop savoir ou on est , d'avoir envie de se coucher par terre parcequ'on en peut plus et de se reveiller 3/4 d'heure plus tard regonflé à bloc avec l'envie d'en découdre à nouveau et de se dire que tout est possible. Tu dis que tu as des regrets , tu ne dois pas , tu es allé au bout de toi même et même au dela , tu en ressorts avec pleins d'enseignements pour ton prochain défi , tu as encore franchis une étape et tu sais que tu peux aller encore plus loin ! Ton raid et tout sauf un échec , tu as fais vibrer tes amis et en nous racontant toutes tes émotions , le plaisir , l'euphorie , la galére , on sait vraiment ce que tu as enduré ,on est tous très fier de toi et de ce que tu as fais.
"je t'admire donc je suis" merci charlie

bruno c

Karim a dit…

C'est une course de fou !
Je n'ai jamais fait de trails, encore moins de Raid, et là je suis partagé entre envie et crainte.

A te lire, j'avais l'impression de ressentir la fatigue dans les jambes, la chaleur quand on court sous le soleil...la tête dans le sac des nuits d'insomnie...et en plus faut courir après tout ça.

J'ai même imaginé ton énervement des semi-raiders qui te doublent à coup de "courage", "allez ! respect !"
Fichtre ce que ça me saoulerait !
Je comprends alors aisément que tu sentes sortir "grandi" d'une telle épreuve.
Et dire que ce n'est rien par rapport à ce qui t'attend à la Réunion.

Momo a dit…

Un peu comme Karim, entre craintes et envies.

Envie parce que ce que tu décris,j'irai le voir un jour ; crainte parce que le défi n'est pas gagné d'avance : la chaleur, la distance, la solitude ......

Je me rappelle comme hier de Chavagne et de ses 100kms. C'était grand mais si petit par rapport au raid, si petit par rapport à la Diagonale à venir.

Il en faut des tripes pour ne serait ce que se présenter sur la ligne de départ . Mais je vais quand même rester sur l'envie...

Merci pour le CR et les photos .

Oliv a dit…

Tu me donnes l'envie de faire un raid. Tes récits sont très agréables à vivre, tellement sincères. Encore merci pour cette belle leçon.

Anonyme a dit…

Un grand bravo Charlie, alors La Reunion c'est pour quand ????
Chjou2.

cedric a dit…

bravo pour ce courage dont tu as fait preuve
tu nous fait tres bien vivre les differentes emotions par lesquelles tu es passe
tu as acquis une grande experience sur ce raid et pour la reunion,je suis convaincu que tu vas remedier a ce probleme de sommeil
felicitation encore pour ce beau parcour effectue et ce recit qui me fait vibrer

Alain47 a dit…

Jolie, Tu nous donne une belle leçon et en plus de l'envie.

Au plaisir