lundi 22 avril 2013

Dans mon car il y avait

Mon car est parti de Rennes un vendredi après midi, j'étais au travail sur Paris alors nous nous sommes donné rendez vous à Lille, nous y avons diné et nous avons embarqué pour Rotterdam.
A un moment donné, les inscriptions sur les panneaux n'étaient plus compréhensible par nous autres, simples francophones. Nous avons longé des villes qui méritent des détours comme par exemple Bruges, ce sera une autre fois,  nous sommes arrivés à notre auberge tard dans la nuit ou bien trop tôt le matin, dans le foyer, il y avait du monde et la pompe était encore en action, il fallait même changer un fût.
Après une nuit où ceux qui n'avaient pas de boule Quiès ont été gênés, nous avons déjeûné et dirigés vers le village marathon. Nous avons traîné un peu aux divers stands du salon exposition où nous avons récupéré nos dossards et posé pour une photo de groupe.

L'après midi, certains ont fait la sieste et à leur réveil, les camarades de chambrée avaient été très discrets, très silencieux et étaient partis, qui pour une promenade en bateau sur la Meuse, qui pour une escapade dans un parc, dans les rues et le long des quais. 

Chacun s'est choisi un restaurant de pâtes ou bien des habitués des courses se sont préparé eux même leur pasta-party avec la cuisson bien maîtrisée Al Dente.

Le marathon n'a été une formalité pour personne même s'il y a eu différentes réactions à la montée subite de température. Nous nous étions tous entraînés plusieurs semaines en hiver, le printemps n'avait pas voulu pointé le bout de son nez avant … le matin même de la course.

Nous étions plusieurs dizaines à courir le marathon et une dizaine sur le 10km.
De toute la troupe de marathoniens, je suis arrivé le premier à l'auberge et j'ai eu le plaisir a être le premier servi en boisson pétillante de récupération et directement au format "pinte". Les autres étaient étonnés de me voir si tôt, je leur disais que j'ai couru en 2h25 avec précision que mon marathon ne faisait que 26 km et non pas 26 miles ou 42 kms.
Quand tout le monde a pris sa douche, ingurgité des pintes, nous avons rejoint notre car.
Nous avons entamé notre retour vers Rennes, chacun a pris le micro pour raconter sa longue histoire d'une très longue course d'endurance.

Il y avait
le plus jeune du groupe, pas encore 15 ans, qui a couru son premier 10 kms,
Il y avait
le plus agé qui a largement dépassé la soixantaine, les initiés à la course à pied en France parle de V3 et bientôt V4, notre vétéran a couru son premier marathon, qu' importe son temps, c'est une performance qu'il n'oubliera jamais,
Il y avait
un autre jeune vétéran, jeune coureur de quelques années, qui a couru son premier marathon et a doublé des anciens qui ont eu leurs heures de gloire il y a quelques années.

Dans mon car il y avait ainsi deux néo-marathoniens.

En plus de ceux-ci, il y avait des néo-dixbornards, des jeunes venus avec leurs papas qui étaient si fiers, presque aussi fiers que l'entraîneure de ces jeunes. Il y avait une nouvelle qui s'est essayée à courir comme son copain.

Dans mon car,
il y avait
des visages béats,
des visages de marathoniens qui se croyaient quelques temps déçus par leur performance.

Il y avait des garçons qui ont été plusieurs fois champions de France par équipe.

Il y avait des vétérans qui ne vont plus aussi vite qu'avant,
qu'importe la vitesse indiquée par un GPS, ou calculée en divisant son chrono final par 42,195.

Certains allaient vite, idont un avec un chrono à Rotterdam en 2h21 et maintenant, s'ils regardent la montre sont déçus, pas tous.

Il y avait un gars qui était dans le car à l'aller, il a couru en 2h35'52 son nouveau record personnel, donc très content, derrière lui, il y avait notre copain qui a fait 6 minutes de plus que son record personnel à Paris, autre lieu, autre temps. 
Il y avait à la fin du peloton, une fille qui avait couru en 3h46 et là en 4h07 heureuse, une autre en 3h08 et là en 3h17, déçue, des arc-boutés juste au dessus des 3 heures et là au delà des 4h15 satisfait d'avoir accompagné; 
à la finale, on ne sait jamais quelle est sa plus belle course car on se dit que la prochaine peut être encore plus belle. Il y avait des chercheurs de chrono et il y avait ceux qui sont heureux de courir tout simplement parce qu'ils ne peuvent plus performer.

Il y avait dans mon car,
des visages heureux parce que si eux-mêmes n'avaient pas ressenti la merveilleuse sensation d'être au dessus du bitûme, d'avoir un pied qui touche à peine le sol, de trouver des moments de plénitude où le temps n'existe plus, les adversaires ne sont plus que des partenaires pour accomplir sa plus belle course en se surpassant, ces visages heureux étaient magnifiques parce qu'ils partageaient le bonheur des autres.

Dans mon car, il y avait,
une, deux ou trois personnes qui avaient eu des coups durs ces derniers temps, soit l'expérience d'une perte d'emploi, soit celle de la perte d'un parent, d'un ami, d'un mari, d'un amant et le passé n'était pas assez loin pour atténuer les peines, les soucis matériels, la souffrance des moments de manque, mais dans le car il y avait suffisamment de simplicité pour savourer notre bonheur, que le temps s'était suspendu.

Dans mon car il y avait,
des marathoniens qui s'en voulaient de ne pas avoir réalisé le chrono préparé avec leur coach et alors, … leurs coaches eux-mêmes avaient été en deça de ce que promettaient leurs propres préparations.

Dans mon car, le coaches s'en fichaient des chronos.
Dans mon car il y avait tellement de bonheur.

C'était le temps d'un week-end, le car a déposé tout ce petit monde le lundi matin avant l'aube.
Nous avons pour certains repris le travail quelques heures après.

Je me souviens de ce temps suspendu, comme j'aimerais me retrouver dans mon car de Rotterdam !

ah oui ! j'avais oublié ...
Dans mon car, il y avait des buveurs de bière des buveurs d'eau, des omnivores, des adeptes de régimes bizarres, des ouvriers, des manuels, des intellectuels, des chefs d'entreprise, des chefs, des sous-fifres, des agnostiques, des athées, des croyants, des sensibles du côté du coeur, des attachés du côté du foie et je suis sûr que chacun a envie de retourner dans mon car.
 

mercredi 17 avril 2013

Stratosphère, julien mon fils cet autre moi, rêve de marathon

Dans la stratosphère,
le poète dit qu'il n'a plus les pieds sur terre, qu'il s'éloigne car il est léger il est aérien il vole au dessus de tout il a une vision magnifique, il est dans les nuages; le jeune qui veut comprendre et appréhender la "vraie" vie, celle qui est faite d'eau des rivières et des océans, de terre avec ses minéraux, le feu des volcans, l'air du vent, et qui veut classer, mesurer, peut dire que c'est haut c'est entre 8,5 et 20 kms d'altitude.

Moi je suis tantôt un scientifique et tantôt un amoureux de l'art alors j'aime parler de nuages, de rêve, de survol de lieux tellement beaux qu'ils doivent être imaginaires.

Sur terre, nous sommes le 17 avril 2013, mon fils Julien est né il y a juste 25 ans, il aurait pu être mathématicien plutôt tourné vers la géométrie puisque tout petit, il "voyait", l'arithmétique, les additions et les multiplications n'étaient que  des symboles et il "voyait le résultat dans ses yeux", par exemple, à peine connaissait-il les chiffres qu'il avait dans ses yeux des dés à jouer et il voyait trois dés avec sur la face 3 points et savait que cela faisait 9.

Mon fils julien a ce prénom car Babeth sa maman l'avait en quelque sorte choisi dès son enfance, elle avait un "baigneur" qu'elle avait prénommé ainsi; de mon côté quand j'ai été convaincu à la lecture du monde selon Garp de john Irving qu'un jour je devrais écrire, j'ai commencé un roman dont le personnage essentiel vivait dans son appartement envahi par des livres et lui aussi s'appelait Julien.
Julien, c'est moi il y a longtemps, être sensible, chercheur, exigeant, plein de contradictions et voulant changer le monde.

Aujourd'hui mon fils, sans le savoir m'a fait lire beaucoup d'auteurs et m'a indirectement offert de nombreux moments de plaisir à découvrir des textes précieux issus de l'antiquité et aussi des plus récents, des penseurs du siècle des lumières et des contemporains.

Le temps est tellement élastique, Julien a un quart de siècle, moi j'en ai plus du double mais j'ai la possibilité de voyager dans le temps. Il y a des livres fantastiques qui nous replongent dans l'histoire et nous montre qu'aujourd'hui nous devons nous nourrir de gens formidables qui ont agi il y a longtemps et qui ont laissé leur trace parce que nous pouvons vivre avec des valeurs éternelles et pourtant fragiles.

Le dernier roman qui m'a fait pleurer de bonheur est le troisième volet de la trilogie d'Eytan de David S. Khara, il y a le projet Bleiberg, le projet Shiro et le dernier le projet Morgenstern. C'est tout simplement, une mise en place des personnages   (bleiberg, pourtant captivant), puis ceux-ci sont en action (shiro) et enfin, sans commune mesure avec les deux premières histoires, une montée surprenante vers un pur plaisir de retrouver des valeurs de l'humain, de la famille (un père adoptif, un fils adoptif, et d'autres oncles ou neveux ou fils adoptifs ou père adoptifs, pour comprendre lisez le projet Morgentern et les deux autres livres (hi hi hi)).

Si stratosphère a été le mot que m'a inspiré mon dernier week-end de course à pied, je ferais une parenthèse pour aider à comprendre comment je suis arrivé dans les nuages, le film de Christopher Nolan est aussi une de mes inspirations, quand David S. Khara déclare qu'il écrit des livres à l'image des livres qu'il aime ou aurait aimé lire, je dis que le scénario d'Inception, j'aurais aimé l'écrire, c'est ce que je pensais à sa sortie en salle et encore quand il a été diffusé à la télévision.

Ceux qui ont vu le film me comprendront et pour ceux qui sont obligé de le voir après avoir lu ce papier, voici le principe: Grâce à un produit chimique plusieurs personnes partagent un même rêve, la réalité c'est qu'il y a des rêves imbriqués, nous rêvons et dans notre rêve nous sommes dans un autre rêve, le temps est exponentiel, par exemple dans un rêve imbriqué il se passe plusieurs heures alors que dans le rêve au niveau inférieur, il ne s'est passé que quelques minutes, pour illustrer cela, une fois à moto, je me suis endormi à l'entrée d'un virage au moment où je penchais, à la sortie je me suis réveillé et dans mon rêve il s'était passé toute une histoire abracadabrante; une autre fois je rêvais que je fumais et j'étais furieux car ce n'est pas bon pour la santé et pas bon pour la course à pied que je pratique, dans un soulagement qui se concrétisait dans ma poitrine un poil douloureuse, je me réveillais et me disais que c'était un cauchemar et que j'étais heureux au réveil de constater que je ne fumais pas, il faisait beau, il y avait une belle lumière plutôt bleue dans la cuisine, le plus drôle c'est que je commençais ma journée et j'étais très bien dans ma peau jusqu'à ce que tout s'arrête puisque je me réveillais dans ma vraie chambre et que j'étais dans le noir car babeth est réveillée par la lumière du jour, et je me disais que la cuisine dans laquelle j'étais ne ressemblait en rien à la mienne à Rennes qui est toujours à l'ombre côté nord.

Avec David S. Khara, je voyage dans le temps entre la deuxième guerre mondiale et aujourd'hui, avec Christopher Nolan, je voyage dans des rêves imbriqués, avec mon club d'athlétisme j'ai voyagé géographiquement entre Lille, Rotterdam et Rennes. Après une semaine de travail à Paris, vendredi, j'ai pris le TGV et j'ai rejoint mes amis à Villeneuve d'Ascq car le car faisait une pause et ensemble nous sommes allés à Rotterdam et sommes revenus à Rennes Lundi matin.

En ce moment, je dois être dans un premier niveau de rêve, tout est idyllique. Dans mon rêve, il y a Babeth qui tous les jours m'apporte du bonheur, de la complicité, de la sérénité, en toute simplicité, je suis bien. Dans notre rêve commun, nous sommes d'abord tous les deux et puis nous fondons une famille très soudée, il y a nos deux filles et nos deux garçons, Camille l'ainée, dont je suis fier parce qu'elle pense aux autres elle est médecin pour la santé de ceux qui croisent sa route, elle n'est pas chirurgien esthétique ou négociateur pour produit pharmaceutique, elle soigne le corps et sans doute quelquefois elle soigne les bobos de la tête, mon garçon Pierre est l'exemple même de celui qui ne se prend pas la tête, on lui demande quelque chose, souvent cela n'a aucune incidence désagréable ou tout du moins il ne voit rien de négatif alors il dit:"d'accord", il y a Marie qui dès qu'elle le peut, cherche à faire un petit truc qui nous fera plaisir et puis il y a Julien, le philosophe, celui qui aime la sagesse et pourtant il sait, nous savons, qu'il n'est pas sage. Aimer la sagesse n'est pas la garantie qu'on soit sage. Aimer l'art ne veut pas dire que l'on soit artiste. Aimer les livres ne veut pas dire qu'on soit écrivain. Comme David S. Khara, j'aimerai écrire un livre que j'aimerais lire. Il y a du futur et du futur conditionnel. Il y a un présent qui paradoxalement n'est un cadeau que pour peu de personne à tel point que quand je ressens de la joie comme un immense cadeau, je me dis que c'est irréel que c'est un rêve, ne me pincez pas svp.

Dans mon rêve il y a babeth, les enfants et les amis; certains amis sont des coureurs, d'autres des philosophes qui s'ignorent.

Il y a eu un rêve imbriqué, dans ce rêve à Rotterdam, il paraît que ça n'a duré qu'un Week-End, Dans mon sommeil de moto qui n'a duré qu'un seconde, le rêve semblait durer longtemps. Dans inception, il y a un rapport de 20 entre les niveaux, une seconde dans la vie cela donne 160 000 secondes au niveau 4 en gros 2 jours. autrement dit, une année c'est quelques minutes.

A me remémorer Rotterdam, il y a eu tellement de joie que certains croient avoir vécu une éternité.

Pourtant, nous nous sommes déplacés pour un marathon ou un 10km. En athlétisme, la mesure est plus que symbolique, on parle de record en terme de temps couru, de record en terme de distance sautée ou de distance parcourue par un engin, ou de hauteur atteinte avec ou sans perche, dans notre spécialité la course de fond, nous enregistrons, donc "we record in english" un temps pour le marathon, en heures minutes et secondes. Le marathon c'est officiellement 42,195 kms ou 26,224 miles. Pour chacun des marathoniens du club, l'objectif n'est pas le record du monde en 2h03'38 de pascal Makau à Berlin, c'est de faire un marathon de rêve. Le rêve de chacun est différent, nous partageons quand nous faisons ce genre de déplacement de club l'espace, le lieu, le temps mais n'avons pas le même rêve.

Un athlète qui n'a jamais parcouru la distance mythique ne veut que terminer et si possible dans un bon état. 

Un jeune marathonien qui s'est entraîné dur veut performer et sans doute battre son record personnel. Un vieux marathonien se motive pour faire le mieux possible. Un marathonien philosophe, veut enlever pour un temps son côté rationnel, il ne veut pas dissocier l'esprit et le corps, il veut ressentir la course parfaite et sans doute pleurer à l'arrivée comme lors de la première fois.

Un marathonien qui a déjà couru des dizaines et des dizaines de marathons, sait qu'il ne sait pas s'il a déjà couru son plus beau marathon ou s'il peut encore vivre un marathon de rêve, son rêve de marathon.

Nous sommes 3 jours après ce marathon de Rotterdam, il y avait un car rempli de coureurs de mon club, il y avait ceux qui constituent le bureau, c'est à dire ceux qui sont plus souvent à réfléchir, à travailler pour que vive notre association, il y avait ceux qui entraînent les jeunes et les moins jeunes, il y avait des accompagnateurs, la famille de coureurs. Mon pur bonheur est de les avoir tous vus heureux, heureux du travail bien fait que ce soit en organisation comme dans la course elle même.

Tous souriants voire béats, c'est sans doute que nous étions dans la stratosphère ou au moins dans un de mes rêves imbriqués et partagés.

Des après marathons, j'en ai vécus plusieurs dizaines, je n'ai jamais été seul, quelquefois nous étions deux, par exemple avec dédé, le monsieur de la JA Melesse qui a encore le record du club 2h20 à Nantes et quinze jours après 2h21 à Rotterdam, il a le droit d'en être fier et cela ne l'empêche pas d'être un des plus travailleurs et bénévole dès que l'occasion se présente. Quelquefois nous étions une petite poignée comme à Berlin ou les costauds ont fait un tir groupé franki en 2h36, lolo en 2h37 et Karim en 2h38. Une fois, j'ai accompagné Nadine qui arrivée au club faisait 4h13 et avec de la patience et l'entraînement a réussi 3h46 au marathon de Vannes. 
Bon, comme il y en a eu des dizaines je pourrais citer en m'excusant pour les autres les marathons courus avec les enfants dans la joëlette et là le chrono n'avait aucune importance.
Il y a des bonheurs qui n'ont pas besoin de chiffre, de mesures, c'est de l'athlètisme, de la course et ce sont surtout des rêves partagés.

Le marathon fait officiellement 26 miles, pour ma part, je n'ai trottiné que 26 kms, il y a donc erreur sur la distance mais ce que je retiens c'est que toute la préparation m'a permis d'aller à l'entraînement avec moi comme centre d'intérêt, je me suis astreint à des séances semblables à mes athlètes. pour plagier je ne sais qui, qu'importe la destination, vive le chemin. Une préparation peut durer toute une année, ou bien 8 semaines, en tous cas, chaque sortie est un moment de bonheur.

A chaque départ de course je redeviens un débutant, il faut garder un peu de peur de l'inconnu, une part de surprise, il faut sourire ou rire des imprévus et j'aime à constater qu'à Rotterdam, j'ai fait une erreur de débutant, j'aurais dû mettre une casquette pour me protéger du soleil, ce sacré soleil qui a fait tellement défaut pendant tous ces longs mois d'hiver.

Donc je n'ai parcouru que la première boucle à Rotterdam, et j'entendais souvent charlie Hop, qui veut sans doute dire vas y charlie, ou go go charlie go. Mais j'avais la sensation que ma tête était dans une bouilloire.

Cette fois ce n'était pas de la musique tranquille dans ma tête comme Mozart aux 100kms de Chavagne en 2007, mais c'était bien sympathique malgré le fait que je me sentais fiévreux.

Passé au vestiaires, je suis allé aux douches et ce n'était pas comme en 2001 des douches collectives et mixtes, c'était un bloc avec plein de douches individuelles, c'était la solitude du coureur de fond. 
Je me suis empressé de rentrer à l'auberge et j'ai, dès mon arrivée, commandé une première pinte. Au fur et à mesure de l'arrivée des copains étonnés de me voir là avant eux, je disais que j'avais fait 2h25 en précisant que mon marathon n'avait fait que 26kms.
Chacun a raconté rapidement son histoire autour d'un verre. Ca n'a pas été un rêve pour beaucoup le temps de la course puisqu'il y a eu de la chaleur subite et du vent fort par moment.
Le public a été pour beaucoup pour le sourire arboré par les coureurs malgré quelques déceptions.
Nous avons embarqué dans le car en fin d'après midi, une fois réhydratés, douchés et très rapidement, chacun a pris le micro pour raconter et donner ses impressions, comme j'étais à l'avant je voyais les mines réjouies.
L'émotion était grande et continue, j'ai savouré pendant des heures les différentes discussions qui parlaient de ce beau voyage en commun.
Par moment, je repense à Inception, pour descendre d'un niveau, il y a une chute d'ascenseur, une explosion, un véhicule qui tombe dans une rivière, pour ma part, je sais qu'au premier niveau il y a le bonheur avec ma famille, l'anniversaire de julien qui est le moi d'il y a longtemps et il y a mes amis mais dans une fraction de seconde, je pourrais rester au rêve du niveau du dessus parce que c'est incontestablement la stratosphère.
Qu'on se rassure, je ne me drogue pas avec la chimie présente dans Inception, je cours et c'est du bonheur.

vendredi 22 février 2013

heureux

Tout simplement heureux, rien à ajouter à part aller voir courir-avec.fr



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Merci à tous les membres parents et coureurs pour les photos qui sont sur courir-avec.fr !

vendredi 15 février 2013

Aujourd'hui je n'ai pas couru

Vendredi 15 février, c’est le soir et j’ai envie d’écrire, d’écrire pour moi et pour qui voudra passer un moment à voyager avec moi. C’est confus, par moment, j’ai des grandes émotions et écrire me permet de baisser la pression en moi et par moment cela vole dans tous les sens.
Vendredi, fin de semaine, je voulais courir encore, comme tous le jours et aujourd’hui exceptionnellement je me suis mis à méditer au lever et je n’avais plus le temps, il me fallait me préparer, je devais rejoindre des amies pour aller soutenir une amie qui elle aussi courait beaucoup dans un passé récent. Avec ses enfants, sa famille et des proches elle a dit adieu à celui qui encore peu, alors qu’il souffrait, lui disait : « tu es belle, je t’aime ». Il est parti. Sans être réellement là, il lui dira encore ses mots d’amour. 

Aujourd’hui je n’ai pas couru et ce soir je n’irai pas. Il y a quelques jours j’écrivais à un de mes athlètes qui démarre un plan marathon, il redoutait une séance ce week end qu’il n’avait pas encore vue en début de plan, je lui écrivais : «  chaque jour, je suis heureux, chaque jour est un cadeau, chaque jour je cours sans me projeter au lendemain ou au sur lendemain ou plus tard . Si après la séance du jour je suis trop fatigué alors je me reposerais, je ne redoute pas les séances à venir». 

Oui, chaque jour est un cadeau et les raisons petites ou grandes d’être heureux sont multiples, variées, de tous ordres. 

Le WE dernier j’ai vécu des moments indescriptibles de bonheur, il y avait la rudesse du trail dans la boue et la difficulté d’avancer avec la joëlette dans les montées, les descentes les passages au-dessus et en dessous des troncs d’arbres couchés ou cassés. Pendant l’effort, seule la coordination, la motivation la solidarité des coureurs de l’association permettait d’avancer. Seul pendant le Noz Trail c’est à dire la course de nuit, un esprit faible dans un corps moyen aurait complètement craqué et sombré dans le découragement, les glissades, les chûtes étaient nombreuses. En équipe avec comme force mentale l’enfant dans la joëlette, et là c’était noëmie, nous étions très lents, certes, mais nous avancions sans nous poser de questions. Quand je "traile" seul je gamberge, quand je suis autour de la joëlette je n'ai plus aucun état d'âme. 

Le lendemain, malgré des jambes lourdes et des bras bien fatigués car peu entraînés à travailler en force longtemps, nous n’avons pas rechigné à nous remettre sur les sentiers, c’était beaucoup moins difficile et nous voyions sur quoi nous patinions. Cela a duré le double de temps, c’est sûr qu’après plusieurs heures de course et de portage les organismes étaient marqués et les relais se faisaient de plus en plus rares. Comme cela fait plusieurs années maintenant que l’équipage dont je faisais partie a roulé poussé tiré dans le sable, la boue, les escaliers du côté de Plourhan, Binic, St Quay Portrieux, nous étions quelques vieux et fiers de l’être à temporiser en début de course pour assurer sur la fin quand beaucoup de coureurs sont usés. Parmi les vieux de "courir avec" il y a le jeune Simon qui, à n’en point douter est très endurant et est capable de « rouler » vite des heures, sur la fin, il avançait bien en tirant la joëlette.
Manu, notre force mentale ce dimanche est une locale, Jean-michel et Isabelle son papa et sa maman nous ont concocté ce rassemblement, enfants parents et coureurs. Isabelle qui était interrogée lors du repas d’après course, alors que tous nous étions heureux, béats d’être ensemble après l’effort, a dit tout simplement:" nous sommes une famille." J’étais à côté et je me disais: "oui je suis heureux de faire partie de cette famille", nous sommes heureux de nous retrouver. Manu, Noëmie, Maryline, Louis et d’autres ont l’espace d’un WE plus de tontons et tatas. Quand je retrouve cette famille j’ai la larme à l’œil, tant pis si on me dit que j’ai la larme facile, mais c’est le plein d’émotion qui fait cela. Dans cette famille qui s’appelle "Courir avec", je m’aperçois que c’est la sérénité qui règne surtout après les courses quand les papas et les mamans voient leurs enfants heureux d’avoir « couru », ces mêmes parents savent maintenant contrairement à la première fois que c’est nous les coureurs qui remercions les enfants pour le bonheur qu’ils nous ont donné alors maintenant nous savourons ensemble ce que Comte Sponville appelle la communion, c'est un partage, c'est une union. Tout le monde a besoin de donner et recevoir l’amour. Quand c’est avec nos frères et sœurs c’est la fratrie une partie de la famille et pourtant il peut y avoir rivalité et jalousie entre frères et sœurs. Dans notre famille « courir avec » quand j’ai couru samedi et dimanche j’étais très très fatigué et je n’enviais personne et je me sentais dans une famille sereine avec chacun et tous sur la même longueur d’onde, l’envie d’être simplement heureux ensemble.
Toute la semaine a été pour moi sur un nuage, dès lundi soir, je suis allé au judo et j’ai pratiqué sereinement, en souplesse avec l’envie de me mettre au service de la salle, j’ai, je crois, aidé des ceintures blanches et de couleur à saisir des mouvements au sol comme debout en randori (petits combats d’entraînement), c'éatit un peu de redistribution du plein d'énergie mentale que j'avais emmagasiné. Mardi j’ai fait une séance au stade bien tranquille avec mes amis du club et les jours suivants j’ai bien savouré les footings à allures variées.
Jeudi, journée de bi-quotidien, midi gayeulles et soir avec les filles en préparation de la Rennaise, c’était la saint valentin, ma valentine sait comme je l’aime, ce jour là et tous les autres aussi et nous sommes heureux. Il ne faut pas oublier de dire à ses enfants comme on les aime. On peut aussi dire à ceux qui nous sont chers cette très belle expression : « merci d’exister » ça ne surprend personne et ça veut dire qu'on les aime.

Aujourd’hui, je n’ai pas couru, depuis que je sais que notre ami est décédé, j’ai dans la tête et parfois je fredonne l’air du mouvement Allegretto de la 7ème symphonie de Beethoven. Toute cette journée, depuis mon réveil jusqu’à ce soir, cet air est là et me bouleverse. C’est sans doute parce que cela me colle aussi bien quand je cours que quand je médite parce que la mort est venue emporter quelqu’un. 

Ce soir, je voudrais que lors de mes funérailles, on ne me voit pas allongé dans la boîte, je voudrais le temps de la cérémonie d’adieu que la boîte soit fermée et qu’on mette des photos de moi en train de courir, de sourire, en judogi, à écouter de la musique, JS Bach un morceau de piano interprété par Glen Gould, Mozart le concerto n°23 ou le requiem, Beethoven. 

J’aime la vie, j’aime bouger, j’aime manger, boire courir, je n’ai pas couru ça m’a manqué mais j’avais envie de soutenir mon amie qui a vu son amour s'en aller.

mercredi 30 janvier 2013

cadeaux d'anniversaire

Cela commence à faire quelques années en vétéran 2 que je cours, pour les non-initiés, vétéran 2 c'est moins de 60 ans mais plus de 50 quand même.
Au championnat départemental, à l'échauffement, Armand Tandé me disait que des coureurs de notre course pourraient être ses enfants, c'était son 26ème championnat en vétéran. Comme me disent mes amis coureurs, les vrais de vrais continuent à courir tant qu'ils le peuvent.
Lundi, c'était mon anniversaire, Que de cadeaux reçus !
Le soir, sur le tatami, ça a été le festival de chûtes, j'ai eu le bonheur de combattre comme quand je me préparais pour engranger des points pour obtenir mon 1er Dan, je ne suis pas si vieux que ça. Précision: les chutes c'est bien moi qui les ai encaissées. Arrivé à la maison, comme actuellement je revisite souvent les oeuvres de Mozart, babeth m'a offert 2 CD, des concertos pour violon interprétés par Yéhudi Menuhin. Oui, j'aime Mozart, ses concertos pour piano et orchestre, son Réquiem. Trois DVD clin d'oeil m'ont été offerts par Babeth et Marie, "the Lady" de Luc Besson qui est un beau film sur l'icône des asiatiques Aung San Su Kyi, "le Prénom" avec un certain Patrick Bruel qui est à peine plus jeune que moi de quelques mois et "My name is Khan" un film de Bollywood que nous avions commencé à visionner au Vietnam en 2010 sans jamais avoir vu la fin.


Dimanche, ça a été un grand coup de folie, j'ai pris le dossard de Lolo qui n'était pas en forme après une grippe, comme il était qualifié équipe, n'importe quel vétéran licencié du club pouvait le remplacer. Comme il n'y avait pas de volontaire alors j'ai pris le dossard, je l'ai épinglé sur mon maillot, j'ai fait mon footing de reconnaissance du parcours, j'ai posé pour la photo et pris le départ. 
dans les premières boucles je m'accrochais à un autre crossman
C'est de la folie, les premiers sont sans doute à plus de 20 km/h. Derrière même avec l'envie de faire un départ prudent, nous sommes aspirés, normal, nous ne sommes pas venus pour faire un footing. Le soir quand je regarde la courbe enregistrée par ma montre, je constate que très rapidement je suis très haut en pulses et je dois être sur la zone départ en pente descendante à 16 km/h, ensuite je vais me retrouver entre 14 et 13 km/h. Quand vous regardez les copains vous voyez que personne n'est facile.
Jean-René Vallerie

Franck Poirier


Jean-Daniel Lemercier et Alain Martin

Momo, Michel Le Mercier coureur et entraîneur

Pour les vétérans il y avait une petite boucle, une moyenne boucle et 3 grandes boucles. Dans la grande boucle, sur la fin, avant de passer devant le château, il y avait une sacrée montée, là j'étais seul au monde, plus personne en vue devant et plus personne derrière car à chaque fois que j'ai doublé c'est que le coureur abandonnait. Incroyable, à peine au bout de 20 minutes de course j'avais envie de marcher dans la montée alors j'ai tout donné pour être dans mon championnat du monde de Bretagne et j'ai couru à fond, sur la courbe ça a bien montré que j'ai grimpé à 178 pulses par minute mais seulement à 10km/h. 

Après la grimpette, je me suis retrouvé à côté des tentes, j'étais au bout du rouleau et j'ai mis le clignotant. Je sais que mon ami Momo n'aime pas me voir abandonner, il me connaît depuis longtemps c'était lui mon accompagnateur sur mon premier 100 bornes où j'étais fort et à mon dernier ou il m'a vu mettre le clignotant au 50ème. 


Il a eu beaucoup de mal sur ce cross et longtemps de retour à la tente, Momo a médité. Vétéran, cela signifie que l'on commence la régression. Depuis pas mal d'années, je me dis que j'ai régressé en tant que coureur mais je ne cesse de chercher et progresser en tant qu'entraîneur.

André Sicot autre V2
Thierry Collen coureur et entraîneur

Olivier Le Moigne
Bruno Rageau coureur et entraîneur qui ne sera vétéran que l'année prochaine
Aujourd'hui, mon corps se rappelle le cumul Cross avorté le dimanche et Judo le lendemain.

Puisqu'il y a des moments où l'on fait des bilans, ça me fait plaisir de mettre en avant ce qui a été source de bonheur. Ma maman m'a écrit un courriel qui m'a rappelé comme elle m'aime et m'a souhaité autant de bonheur qu'elle a eu avec Papa. Il y a eu les coups de fil de mes enfants qui n'habitent plus à la maison, la grande est quand même très loin dans le sud, il y a les messages toujours sympathiques des amis et connaissances et il y a eu ce championnat à Plouay où il a fait beau, les courses se sont enchaînées et j'ai adoré cette journée. C'est bizarre de mettre sur le même plan un évènement sportif et les proches, l'humain et le sport sont-ils des valeurs à mettre en relation, devons nous aborder le débat sur l'élitisme, le dépassement de soi, la confrontation, l'humain, le faible le fort?. Ce dimanche m'a rappelé qu'il y a mes amis avec qui nous dirigeons, gérons et organisons  tout ce qui a trait au club. Nous partageons les obligations administratives, c'est le moins amusant mais il faut bien que quelqu'un le fasse, nous le faisons avec abnégation, nous prenons des décisions et il y a toujours quelqu'un qui est là pour nous critiquer gentiment, violemment ou méchamment mais nous  continuons à préparer les petits voyages du club au cross et les grands voyages comme pour aller sur un marathon. Avant cela, nous nous réunissons entre entraîneurs et nous discutons et partageons nos idées pour établir les préparations des athlètes qu'ils soient performants ou non. Un marathon en 4 heures ou en 2h30 se prépare au moins pour ne pas terminer fracassé, un crossman dernier ou sur le podium au Bretagne a fait pas mal de séances depuis décembre pour être au mieux.
Enfin, à l'instar de Comte-Sponville, après avoir redit: "j'ai le bonheur d'avoir l'amour de ma famille merci à maman, à Babeth et mes enfants de me le témoigner", c'est à mes amis entraîneurs très très proches que j'adresse ce: " Momo, Bruno et Thierry depuis plusieurs années et à mes anniversaires votre amitié est un cadeau, Merci d'exister!"

Il me faut remercier Françoise Gréhal qui est venue supporter tout le club à Plouay, certaines photos sont d'elle d'autres de Bruno Rageau.

samedi 12 janvier 2013

2013 toujours le plaisir de courir et de partager

J'ai fermé les yeux, j'ai revu mes moments de course, les sourires, les cris de joie, le partage d'émotions et c'est cela qui m'a fait avancer dans cette année 2012. Les cross en Bretagne et au France, Le Glazik autour de la joelette avec manu et d'autres enfants de Courir Avec, au marathon de Nantes avec les mêmes, la sortie de mon club la JA Melesse à Cheverny, une semaine de trail dans les Pyrénées avec jean-lou, un petit bout du GRP fin août avec Thierry, Le 100km de Millau à accompagner Karim, le France de 24 heures à Vierzon avec plein de potes d'ADDM et quelques mètres parcourus avec certains d'entre eux, voilà qui me donnent envie de prendre une très grande résolution pour 2013:

NE RIEN CHANGER

voilà ma grande résolution car j'aurai encore et toujours le plaisir de courir quelquefois seul pour mes méditations, mon introspection ma volonté d'appliquer ce qui était inscrit au fronton du temple de Delphes: "connais toi toi même et tu connaîtras ...."

et

quand je cours en groupe, à l'entraînement ou en compétition, c'est bien pour aussi me situer, me battre avec moi-même mon pire ennemi et pour partager avec les coureurs des moments de convivialité.

Le championnat de cross d'Ille et Vilaine sera encore pour tous les coureurs du club un énorme moment de course à pied.

Plus tard, pour ne rien changer, ce sera le glazik avec l'association Courir-Avec et ensuite préparation du marathon de Rotterdam ou nous sommes déjà pratiquement 40 dans le car avec des marathoniens, des dix-bornards.

Allez je nous souhaite une très belle année de plaisir de courir et de partager.




jeudi 11 octobre 2012

pourquoi cours tu un ultra ?

Ces deux week-ends ont été riches en divers aspects, j’ai encore appris et je vais me questionner encore longtemps sans doute, sur le plan des rapports humains surtout, sur la connaissance des possibilités de chacun, sur la compétition en général, sur l’humilité des coureurs d'ultra, sur la simplicité des circadiens.
D'abord, remettons dans l'ordre des souvenirs et des émotions qui sont loin de la raison et qui amènent à la confusion, parce que l'émotion me submerge.
Si on osait me poser la question : « pourquoi cours tu ? » voici ce que je pourrais rétorquer : « pourquoi respires tu, pourquoi manges tu , pourquoi bois tu ? » . Si j'avais un peu de temps avant d'écrire l'article que je vous inflige actuellement, je pourrais lire et essayer de comprendre les philosophes sur lesquels s'appuie le livre Courir de Guillaume Le Blanc; mon corps et mon esprit sont-ils bien distincts d'après Descartes. Les circadiens, c'est à dire ceux qui font des tours d'horloge sont pour certains contre la raison puisqu'ils sont des ultra-coureurs, des coureurs qui ont dépassé les bornes, d'autres sont cartésiens en référence à cogito ergo sum, c'est leur esprit qui commande à leur corps et cela avec méticulosité allant jusqu'à doser ce qu'ils ingèrent en liquides et en solides avec contrôle permanent de leur masse corporelle grâce à un pèse-personne portatif. Le coureur n'est pas du tout un imitateur des philosophes grecs qui marchaient, en tous cas le coureur d'ultras n'est pas épicurien recherchant l'ataraxie, l'absence de souffrance. Courir très longtemps ça fait souvent mal.

Pour ma part, je ne me considère pas comme ultra-coureur autre terme pas du tout utilisé mais synonyme, outre-coureur, il y a sans doute un dédain des outre-mangeurs ceux qui mangent trop et une vénération des outre-coureurs, mais il doit y avoir une confusion, il y a outre-coureur c'est à dire ultra-coureur et coureur d'ultras. Il y a beaucoup et trop voire beaucoup trop mais les limites sont personnelles. En Ethiopie il y des des gens qui mangent peu et il y a des gens qui courent beaucoup, tout le temps mais je ne crois pas qu'ils courent trop.
Un sigle que je dois vous expliquer: ADDM Au Delà Du Marathon, c'est au départ un forum de coureurs d'ultra et ensuite c'est devenu la désignation de ceux qui fréquentent ce forum

Karim à Millau est devenu coureur d'ultra. Pour karim ça a commencé par le mythique 100km de Millau tellement bien relaté par des passionnés de course à pied que le lecteur-marathonien se pose très rapidement la question : « vais-je devenir centbornnard ? ou plutôt quand vais-je faire Millau ?» .

Premier weekend, pour le premier décor, nous avons un parcours dans l'Aveyron qui remonte au nord dans les gorges du Tarn, passe sous le merveilleux Viaduc autorise une halte, courte ou longue suivant la fatigue à St Affrique et revient au point de départ, les acteurs sont parmi des milliers de bipèdes, un futur centbornard et son accompagnateur à vélo, votre aimable conteur, pas compteur. Le parcours est une boucle qui s'étale sur une cinquantaine de kilomètres, doit-on avoir une réflexion et un ressenti sur l'espace, la distance ou le temps? vu du coureur la distance est fixe et pourtant la durée aidant, c'est surprenant comme pour l'un c'est loin l'arrivée, cela semble insurmontable et pour l'autre c'est bientôt fini. Le temps est élastique. Quand le temps est en plus à la pluie, le temps dure longtemps.

À 85 km on a parcouru plus de deux marathons, il ne reste que … c'est quand même interminable et le presque cent-bornard peut se poser la question d'arrêter. À Millau, c'est bien car quoi qu'il arrive, c'est un endroit au milieu de tout ou bien de nulle part, alors il faut rentrer coûte que coûte. Celui qui repart de St Affrique terminera son 100km.

Karim est parti prudemment, en regardant sa fréquence cardiaque, il était inquiet, les pulsations étaient bien au dessus de celles de l'entraînement et il courait moins vite. D'habitude, je ne suis pas à côté d'un athlète que j'entraîne et l'enregistrement de sa courbe de FC me sert après la course à voir ce qui s'est passé. En tant qu' accompagnateur à vélo, je l'ai réconforté en lui disant que la météo était sans doute responsable de sa FC anormale, j'ai apprécié d'avoir surtout en visuel, la foulée et la posture du coureur c'est cela qui me renseigne le plus, la respiration était tranquille, l'allure quand même inconfortable dans sa lenteur relative. 

Les commentaires à chaud de Karim peuvent être surprenants et les réponses aux questions aussi. Pendant la course j'ai été étonné de réflexions de Karim. En fait ce n'était pas des réflexions mais des phrases qui sortaient de sa bouche qui n'avaient aucun sens, d'ailleurs certaines étaient tellement « débiles » que je les ai sorties de ma mémoire. Ceci illustre le fait que le coureur d'ultra est , à partir d'un moment, en grande fatigue et son cerveau est réellement hors service. Je suis sûr qu'il a pratiquement le même corps mais je m'interroge sur son esprit. 

Le vélo que j'utilisais était lourd et j'avais beaucoup de mal à grimper les côtes, la vraie première bosse est celle de Creyssels en dessous du viaduc et je l'ai montée en marchant à côté du vélo. Après avoir rejoint Karim, j'ai bien entendu pris dans le panier soit de l'eau, soit une pâte de fruit pour la tendre afin qu'il ravitaille sans passer par les salles, c'est quand même un des rôles du suiveur que de ravitailler et donc de rester à côté du coureur. À un moment, sans s'en apercevoir, Karim m'a demandé de « dégager » et je me suis mis en arrière. Karim est un garçon charmant en général, quand il a décidé d'être dur avec quelqu'un, il ne se gêne pas pour utiliser des mots désagréables bien incisifs, là avec des mots très simples, il m'a momentanément blessé. Ma première leçon a été qu'il faut pardonner à quelqu'un qui court un ultra et qui est limite de passer outre-coureur.
Qu'est-ce que l'outre-mesure, qu'est-ce que le kilomètre de trop, qu'est-ce qui fait passer d'un état équilibré à la bigorexie, dit autrement y a t'il un ou des indicateurs à la surfatigue due à la course à pied. J'aime à penser qu'avec une méthode de réflexion, nous pouvons dans tous les domaines détecter la bigorexie, l'outrance maladive, l'addiction à la pratique sportive, dans notre cas la course à pied.

La difficulté pour moi-même est que je passe pas mal de temps à regarder, écouter analyser les entraînements de mes athlètes sans pour cela avoir un regard extérieur objectif sur ma propre pratique. Une des conséquences de mon auto-gérance en terme de course à pied est que je finis par être « bipolaire », il y a le côté toujours plus, toujours plus long, toujours plus dur, toujours plus loin dans l'envie de me surpasser puis quand l'objectif a été réussi c'est devenu rare ou raté, sans grosse déception, il y a le côté, "je m'en fiche",  sans objectif et je me dis que je ne ferai plus rien, ne rien faire pour moi c'est juste faire des footings. Il est aussi aisé de se cacher derrière son âge. Il n'y a pas d'age pour philosopher, il n'y a pas que ceux qui ne peuvent plus qui ne cherchent plus la performance et vous balance: « moi je cours pour le plaisir », il y a des jeunes qui aiment la sagesse sans pour autant être sage et il y a ceux qui courent "pour le plaisir", en réalité quelquefois sans plaisir et toujours sans performance. Mais a t-on besoin de performance ? On a besoin d'indicateur si on veut progresser, cela vaut pour l'entraîneur et pour l'athlète. Attention, on peut progresser sportivement au sens distance ou chronomètre ou résultat et aussi optionnellement progresser dans la beauté du geste, dans la justesse du mouvement et pour certains on peut progresser dans la façon de communiquer son art, la façon de se construire humainement et pas comme un cyborg, c'est à dire un homme augmenté tendant vers une machine.
Mon ami Karim a été assez compétitif, il s'entraînait dur et avait couru Berlin 2008 en 2h38 ravi et Berlin 2009 en 2h36 déçu et cela a été son dernier chrono «correct », il faut dire qu'il y a des barêmes qui donnent un niveau à une performance; à l'époque l'objectif était de 2h32 car c'est pour un garçon un classement N2 National 2, depuis cela a changé pour être N2 il faut courir le marathon en 2h20'00. 
Eh oui, c'est comme cela qu'un compétiteur se voit, il se voit à l'aune de ses performances, de son chrono ou de sa distance ou bien de ses places lors des compétitions. Cela m'interroge et à force d'assister à des championnats, j'avoue que je ne sais plus quels objectifs donner à mes athlètes, objectif relatif ou objectif personnel.
La compétition est d'après moi noble s'il s'agit pour l'athlète de donner le meilleur de lui-même et c'est personnellement qu'il doit avoir ses repères. S'il entre dans une logique de battre l'autre, c'est un combat, c'est "la guerre" et j'entends souvent les termes: « atomise, massacre, sois un killer et j'en passe ».
Karim, quel que soit son langage ne fait jamais référence aux autres compétiteurs, à Millau il s'est battu contre lui-même, il a découvert un autre monde. Millau est-il un passage initiatique ? En tous cas pour Karim, c'est là que j'ai eu la chance de le voir passer une porte, la patience aidant, il devra d'abord savourer et encore se remémorer cette merveilleuse allée dans le parc de la victoire précédée par des kilomètres à la bonne allure, avec les meilleures sensations entre Creyssels et Millau. Une course réussie ne tient pas au chronomètre mais au pur bonheur de courir pendant un moment en étant léger dans sa foulée, dans ses jambes et dans sa tête, il n'y a plus de distinction entre le corps et l'esprit et il n'y a même plus de Viaduc, de bitûme, le coureur ne se déplace pas sur un parcours, l'accompagnateur n'est plus à côté, il n'y a plus Millau d'un côté et le coureur de l'autre, il y a le bonheur, il est indescriptible il se vit. 
Quand ensuite, les jours deviennent « normaux » s'installe le « cent-bornes blues » il ne faut pas sombrer dans la frustration, on reprend une pelote magique, il faut tirer sur un bout de laine et au bout, il y a les moments de bonheur qui sont persistants. Toujours je demande aux athlètes de ne pas programmer une nouvelle course, il ne faut pas galvauder un moment très très fort en le faisant disparaître derrière un nouvel objectif. Une victoire sur soi-même est précieuse, je me la garde en moi, je la ressors pour le plaisir de la revivre. C'est comme mes enfants, certains ne sont plus physiquement à la maison si j'en ai envie, je ressors une autre pelote magique, moi je ne sais pas tricoter, je tire sur un bout de laine, je souris. Millau est magique je l'ai vécu aussi c'était presque hier.

De la persistance à vouloir courir quels que soient les ages
Il n'y a pas d'age pour philosopher, aimer la sagesse il n'y a pas d'age pour aimer courir; un très grand marathonien m'a dit un jour: "plus tard mes records seront battus, personne ne se rappellera que j'étais le plus rapide et je continuerai à courir tant que je pourrais. J'ai un ami très agé qui court toujours"

De la relativité de la vitesse
Un ami ancien international de marathon à peine plus jeune que moi m'a dit: « charlie, nous ne courons plus aussi vite qu'il y a des années mais ce qui compte c'est de toujours avoir le même plaisir de courir avec les mêmes sensations »

Deuxième week-end, deuxième décor et deuxième équipe. Ci-dessous, je pose avec mon ami Titi, vétéran 2 sur le papier, coach lui-même et pourtant  j'ai l'impression qu'il a les certitudes et les doutes d'un cadet quand il me parle.


Quand on passe du marathon au cent bornes puis aux 24 heures, de fait on est plus vieux, de fait on court moins vite par contre si on veut bien écouter, regarder, respirer, sentir, toucher alors on a les mêmes sensations, on peut courir vite à 16km/h et aussi à 10km/h. Mon dernier kilomètre à Chavagne en 2007, je me sentais comme au sprint d'un cross, à Vierzon ce dimanche juste avant 11h, c'était aussi grisant de courir vite après 24 heures sur le circuit.

Les photos qui suivent sont offertes par claude Marchand, cloclo sur le forum ADDM
Tout s'est passé sur une boucle de 1028 mètres, tout s'est passé en 24 heures et il y a eu énormément de kilomètres parcourus et surtout énormément de partage et d'émotions.
Pour ne pas vous induire en horreur, pardon en erreur, je vous signale que j'ai couru un ultra ce weekend, un 24 heures est bien un ultra, mais je n'ai pas été ultra-coureur et je n'ai pas couru 24 heures.

Détail, j'ai pris le départ de la course le 6 octobre à 11h00 et j'ai couru le matin du 7 octobre jusqu'au coup de pistolet final à 11h00, donc j'étais bien là 24 heures mais il y a eu des très très longues pauses ce qui n'a pas été le cas pour les champions et championnes qui ont tourné tout le temps des 24 heures.

Thierry Dehais alias Titi, s'était entraîné très dur! Avec sa victoire au 24 heures de Rennes, il nourrissait une grande ambition, la marque IB International B c'est 240 kms et IA c'est 250kms. C'est à la fin de la foire qu'on compte les ... C'est à la fin des 24 heures qu'on sait combien on a fait de kilomètres, la règle est simple, prendre le départ, courir et éventuellement marcher pour faire des tours et des tours, être là à la fin  et ... c'est tout. Certains partent vite et finissent au ralenti, d'autres sont très réguliers et perdent très peu de vitesse à tel point que les autres ont l'impression de voir passer des avions.
Ma venue à Vierzon avait comme raison première assister Titi, prendre le départ avec lui, vérifier qu'il était sur le bon tempo avec le bon mental, le soutenir le temps qu'il fallait pour qu'il entre dans sa course serein et concentré ensuite sur la dernière heure, j'envisageais de tourner à la vitesse visée autour de 10km/h si possible.
Maud son épouse était au ravitaillement perso. Quand j'ai topé des temps intermédiaires et que j'ai vu que ses pulses étaient correctes bien qu'il constatait 10 de plus que la normale à la même allure, j'ai ralenti pour ne pas entrer dans le dur. J'étais complètement mouillé tellement je transpirais, j'ai utilisé 3 tenues différentes et elles étaient trempées, c'était désagréable à souhait.
L'ambiance en circadie est fantastique, dès que nous repérons des prénoms sur les dossards nous encourageons avec des allez jean-yves, allez stéphane allez fred allez stéphanie, en fait ce sont des dizaines de prénoms que nous apprenons très vite.
cloclo ci-dessus a alimenté le forum avec ses photos alors ça me donnait du baume au coeur. Merci pour ces clichés qui nous rappelleront encore longtemps ce moment de partage, de bonne humeur et de connivence.



Le temps est bien élastique car avec toutes les rencontres possibles et le tempo qui est suffisamment lent pour papoter, j'ai sympathisé avec Jean-pierre Tixier qui est dans le club où Karim est muté, après cinq années à progresser ensemble au sein de la JA Melesse, il continuera sous les couleurs de la Berrichonne de Châteauroux,  la ville où il a presque toujours vécu et où moi-même je suis né.  

Karim est passé à Vierzon qui est en fait dans le département voisin du sien.















Maurice Morard est une vielle connaissance rencontré sur ADDM mais aussi à Chavagnes en paillers en 2007 et à Barcelone, il avait l'ambition de monter sur le podium V3, les plus de 60 ans, et il a réussi pour le plaisir de tous ceux qui le connaissent. Titi est juste derrière Maurice sur la photo, ils ne sont pas à la même allure mais leurs regards montrent une concentration semblable. De temps en temps je faisais 500m pour contrôler l'allure de Titi, le système de comptage de l'organisation ne pouvait afficher sur écran les kilomètres parcourus. Titi était sans cesse dans le doute et ne savait pas combien il avait fait. Tout était possible car il tournait à 5'30 au kilo soit 10,9 km/h.


La pluie s'est invitée en fin d'après midi, comme j'étais venu sans objectif, vers 20 heures soit 9 heures de course j'ai fait une très très longue pause. 


Dans la nuit quand je suis allé prendre des nouvelles de Titi, il avait très mal au ventre et avait déjà vomi 2 fois. Il est allé se coucher, j'avais l'espoir qu'il repartirait après un peu de repos. Ca n'a pas été le cas, j'étais très déçu pour lui et ma philosophie de la vie, du respect des autres m'interdit de forcer un athlète à courir dans la douleur et m'interdit de hurler sur un coureur quel qu'il soit. 

 
Dans la nuit je suis allé plaisanter avec Pierre-andré et Noël qui alimentaient le suivi du 24 heures sur le site ADDM. Quelquefois j'avais envie de recourir mais je trouvais toujours une excuse pour ne pas sortir de la salle, il faut dire qu'on rigolait bien et quand les ADDM passaient devant la table c'était très sympa de les encourger. Manu tenait toujours les compteurs à jour et ravitaillait les gars et Chantal.

Quand le jour s'annonçait, je me suis dit que c'était l'heure de mon footing matinal alors en continuant de plaisanter, j'ai mis mon coupe-vent car il crachinait et j'ai fait des tours tantôt avec un garçon tantôt avec une fille. Je me suis bien mis en évidence à côté de Chantal au ravitaillement pour la photo. En fait, j'étais lucide mais presque sur un nuage tellement j'étais bien. 


Quand je m'arrêtais je demandais si quelqu'un avait besoin d'un coup de main et hop, je courais un ou deux tours pour que celui ou celle qui est dans le dur se mette en confort et ne gère pas le tempo car c'est moi qui le donnait quand je pouvais. Les façons de courir de chacun sont différentes. Certains coureurs ne sont pas en photos ci-dessous mais ils m'ont donné du plaisir à accepter que je courre à côté d'eux. Certains s'en souviennent d'autres pas, le temps d'une course nous avons été très proches, j'en aurais presque le circadien-blues.


Par exemple Renaud me demandait une allure et en fait il était capable d'aller plus vite alors je me suis mis à côté et essayer de voir qu'est-ce qui serait le mieux pour lui. Une allure lente est certes une assurance de ne pas se cramer mais trop lente et elle n'est plus rentable et contrariée. Aux dernières heures quand on sait qu'on a raté son objectif premier, il est peut-être bien de se mettre dans l'allure la plus fluide, c'est à dire celle qui vient naturellement.



Stéphanie qui a fait une superbe marque a été très régulière puisque j'ai tourné un peu à différentes heures à côté d'elle, elle était quasiment tout le temps à 7'30 au kilo, sans jamais marcher, nulle part, même pas dans la bosse. Je suis admiratif de cette régularité.


Chantal, difficile de la manquer, elle a toujours ce sourire, du début à la fin, on ne sait pas quand elle est dans le dur, elle dit que la course commence après la douzième heure,  la moyenne sur deux tours donnait la même chose que stéphanie puisque c'était du 15', cependant elle courait en 6'40, marchait dans la petite bosse vers les 650m et aussi vers les 450m.


Dans la dernière heure, fred a recouru à côté de sa soeur et son mari david, le tempo était bon, le classement ne pouvait plus changer, les écarts étaient faits, stéphanie avait 198km et finira avec 206km, j'ai quitté son groupe  et j'ai attendu Chantal en sachant qu'elle pouvait faire 200km en ne traînant pas (191km pointé à 23 heures mais sans doute 1km de plus pour passage juste après l'heure. Nous avons ensemble fait des derniers tours de folie, j'ai eu un coup de moins bien, j'ai accéléré pour prendre de l'avance et ravitailler, là Chantal m'a doublé pendant que je mangeais et je n'ai pas pu la rattraper, il ne restait qu'un tour et je l'ai attendue pour le sprint final, nous allions tellement vite que nous avons quasiment fait un tour de plus, sa marque finale est à 201 km 600.

Alors, à la question: "pourquoi cours tu un ultra ?" je réponds, je cours un ultra parce que je croyais être sage et ne plus le faire, j'ai couru à Vierzon dans un premier temps pour être présent et soutenir mon ami Titi, j'ai soutenu Karim qui courait son premier ultra à Millau. Je suis quelquefois entraîneur, quelquefois coureur, quelquefois marcheur, je ne suis pas un coach cassant, j'aime la vie, j'aime courir, j'aime le partage, j'ai aimé faire une boucle avec christian Dilmi sous le regard de ludovic, je n'ai pas couru 24 heures, j'ai participé aux 24 heures de Vierzon et c'était grandiose humainement, j'ai progressé peut-être philosophiquement, j'aime la sagesse et je ne suis pas sage, même sans courir on peut partager avec des circadiens tout en simplicité et le final avec Chantal était inoubliable.