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lundi 3 octobre 2011

Ego

Citation d' André Comte-Sponville :

« Tout Ego est frustré, toujours. Quand il n'y a plus de frustration, il n'y a plus d'Ego »


Cette citation m'a éclairé et aidé à analyser mes résultats récents sur des projets importants, certains m'ont donné une grande satisfaction, d'autres des frustrations, des désillusions et dans certains cas, je n'ai pas réellement eu de déception mais seulement de la surprise et c'est tant mieux. Clin d'oeil à kung fu panda: « demain est un mystère, aujourd'hui est un cadeau c'est pourquoi on l'appelle présent ». L'entraînement n'apporte pas de certitude, heureusement une course bien préparée ou non apporte des surprises.


A chaque fois pour mes projets, il a été question d'oeuvre collective impliquant des dizaines voire des centaines de personnes et quand il s'agissait de performance sportive, cela a été une connivence entraîneur-athlète.


Quand on m'a jugé sur mes décisions sur mes positions sur la conduite d'un très très grand projet où j'ai donné énormément pendant un an, j'ai sans doute souffert de non-reconnaissance mais avec du recul, c'est bien mon Ego qui n'a pas supporté la critique surtout qu' elle était négative. Si j'étais resté sur ma conviction initiale que ce qui compte c'est donner qui me rend heureux, j'aurais sans doute retenu que tous ceux qui ont reçu le cadeau étaient heureux et reconnaissants, comme c'est ma personne qui s'est sentie attaquée par toutes les imperfections, mon Ego était frustré.


Depuis la fin de ce gros chantier, ce grand projet, la vie que j'aime est revenue au premier plan. Cet été j'ai renoué avec l'envie de courir pour moi, pour mon plaisir, mon équilibre sans référence aux autres sans vouloir être devant ou derrière, juste courir dès le lever et écouter sentir la nature et respirer profondément pour en quelque sorte méditer. Dans la journée, ma vie ressemble à de nombreuses autres, mais le midi j'ai la chance souvent d'aller au stade, je cours pendant l'échauffement des athlètes et bavarde avec mes amis entraîneurs pour savoir qui fait quoi. Souvent je me laisse encadrer par un autre entraîneur et c'est bien reposant et agréable d'entendre les consignes, comme « grandis toi, regarde loin, relâche tes épaules, griffe ... » Quelquefois, je regarde des athlètes à qui j'ai donné une séance précise et éventuellement je donne des conseils ou bien encourage. Il y a tous les niveaux sur le stade et dans mon club. Des mauvaises langues font croire que seuls les champions peuvent prendre une licence chez nous. C'est complètement stupide, pour preuve, moi-même avant d'en devenir dirigeant, j'ai bien intégré ce groupe de passionnés de course à pied, mes chronos étaient modestes, ils se sont améliorés et ils resteront à jamais modestes. En tant qu'entraîneur, mon Ego a pu mettre en avant mon expertise et plus j'entraîne plus j'ai des résultats et plus je sais que je ne suis que pour très peu de chose dans la performance. Pourrais-je prétentieusement faire une analogie avec les « accoucheurs », c'est à dire affirmer que les coureurs ont en eux même la connaissance et que je ne suis là que pour les aider à accoucher ? La vérité est celle qui vous va bien et je vous laisse heureusement votre libre-arbitre.


Maintenant, il est temps de replacer l' Ego à sa place … Ailleurs.


Prenons les derniers échanges que j'ai eus. Dimanche 25 septembre, les deux garçons qui couraient au marathon de Berlin m'ont envoyé leurs résultats. Christophe et Jérôme ont chacun battu leur record personnel. Et j'ai eu droit aux : « bravo au coach charlie! ». A Berlin les conditions étaient bonnes et le record du monde a été battu par Pascal Makau en 2h03'38 .


Ce qu'il faut en retenir comme souvent dans le succès des coureurs, c'est que les conditions étaient toutes favorables, bonne préparation, bonne forme de l'athlète, bonne diététique les jours précédents, bonne gestion de course, bonne météo, pas de vent, pas trop chaud et bon mental.


Un des ingrédients n'est pas au rdv et cela ne fonctionne pas. Par exemple, il n'y a pas de confiance dans la gestion, les conseils, les réajustements du coach et cela suffit pour instiller un petit poison dans la tête du marathonien alors là oui, nous trouvons un responsable (le doute).


Nous avons fait un bilan oral avec Christophe, chrono de 2h52 en dinant ensemble et avec Jérôme en 2h49'16 (12 secondes gagnées) par téléphone puisque nous sommes dans un cas proche et dans l'autre élogné de milliers de kilomètres. Un jour il me faudra retourner chez Jérôme car Vienne est une ville que j'aime !

Nous savons que tout n'a pas été parfait et que dans les deux cas, nous pensions faire un meilleur chrono. Le marathon est une épreuve terrible car il suffit d'un moment où on se trompe d'allure et des dizaines de secondes s'envolent. C'est le cas, quand un marathonien ralentit sans s'en apercevoir en s'installant dans un confort comme dans l'autre sens quand il se sent fort et accélère et hypothèque la fin de course.


Ce dimanche 2 octobre, Alain a fait son deuxième marathon de l'année, après des conditions dures (chaleur et vent) au Mont St Michel il n'a pas eu de chance et il a eu droit à l'été indien à Lyon. Le vainqueur Rachid Ghammouni à lyon finit en 2h23'12 alors qu'il a fait 2h12'49 à Nice-Cannes en 2010. Alain s'est entraîné dur aussi, il avait l'air très bien et je le voyais approcher les 3h05. La météo n'était pas favorable ce dimanche, les organisateurs n'ont pas mis la climatisation Alain a fait 20 minutes de plus que ce que j'avais parié!

Pour se mentir un entraîneur pourrait dire, dans un cas c'est grâce à moi, dans l'autre c'est à cause de la météo.


Ce midi, avec d'autres entraîneurs du club, nous avons tenu le bureau et nous avons planifié des déplacements en groupe en car, nous avons décidé de futurs moments sympathiques comme le prochain st pol morlaix/ Taulé morlaix ou bien un marathon au printemps.


Quand je fais un raccourci, j'arrive à la conclusion que certes cela fait plaisir d'avoir des athlètes qui performent, qui quelquefois sont champions dans leur catégorie ou par équipe, mais quand nous mettons notre Ego ailleurs, nous retrouvons toujours de la joie, du bonheur de participer à des projets ensemble que ce soit pour un gars ou une fille qui va vite ou comme pour le ou la débutante qui nous a rejoint dont le seul objectif est de terminer sa première course.


Pour ceux qui ne le savent pas encore, une des qualités requises en course à pied en endurance c'est la patience, nous avons tous des exemples d'enfants qui n'étaient pas doués qui à force d'années d'entraînement avec les copains qui étaient toujours devant sont devenus des très bons coureur(e)s et aussi d'exemples de coureurs de très bon niveau régional qui venaient pour « piquer » les plans d'entraînement d'un club spécialisé marathon et qui repartaient sans avoir progressé ni dans leur pratique ni dans leur compréhension de ce que sont les rapports et la qualités de ceux-ci entre athlète et entraîneur qui sont gagnants. Attention, ne croyez pas qu'en étant plusieurs nous sommes plus forts mais quand on a plusieurs amis au service des autres cela fait beaucoup de valeurs communes et beaucoup de passion et de partage et on nous apprécie.


Avec le groupe d'entraîneurs que je côtoie et cela va au delà de mon club, en nous effaçant tout en suscitant la confiance, nous avons beaucoup de plaisir et très peu de frustrations car il reste moins d'Ego



vendredi 16 septembre 2011

pause

Je ne m'en lasse pas de ce chemin côtier en partant de Cancale, en passant par la pointe du Grouin, en continuant vers les nombreuses plages dont celle de l'anse Du Guesclin.
A ma dernière sortie, nous étions trois rando-traileurs, nous avions chacun notre forme du moment, nos envies, nos obligations, nos vies bien différentes mais nous avons en commun la chance de pouvoir savourer ces instants de course entrecoupés de pauses. Il y a des petites pauses pour recharger la poche à eau, il y a aussi celle où on reprend son souffle parce qu'on s'est laissé griser par une accélération débutée dans une belle descente et continuée dans des pentes, il y a aussi la pause pour sortir le pique-nique. Dans quelques semaines, je ferai une très belle rando-sportive, il y aura des pauses, je me suis interdit d'emporter un appareil photo, je me suis promis de passer les barrières horaires. Là, pas loin de l'île Du Guesclin, pas de chronomètre, pas de dossard et seulement, la beauté du site, les amis et ces oiseaux qui me rappelent des rêves où je vole, cela méritait une photo.

mercredi 24 août 2011

courir vers ou pour le bonheur

Quand je cours tous les jours, je trouve cela normal, quand je ne peux car je suis blessé, ce n’est pas de la souffrance, c’est un manque, je prends le temps de non-course pour « méditer »

L’affamé : « j’ai mal au ventre d’avoir faim, ce serait un plaisir de manger un bol de riz, le bonheur, je verrais ensuite. »
L’assoiffé : « ma bouche est sèche, dans ma tête ça cogne j’ai mal, j’ai soif, ce serait tellement bien de boire de l’eau, le bonheur, pfff je souffre alors ne m’en parlez pas. »
Le sans abri en plein hiver : « mon manteau élimé ne me protège pas, Brassens racontait qu’un auvergnat lui avait chauffé le cœur avec un bon feu de bois, quand on n’a plus froid on peut peut-être espérer chercher le bonheur. »
L’insomniaque : « si j’avais une nuit correcte, je serai en forme pour chercher la sérénité. »
Le blessé : « mon corps est abîmé, je ne peux plus aller courir … »

On se pose des questions qu’on croit existentielles, il y a des désirs naturels, certains sont nécessaires et on ne peut vivre sans, d’autres sont peut-être un pas vers le bonheur.


lundi 1 août 2011

1er aout


Aujourd’hui, 1er Août, cela fait un an que papa a quitté ce monde. Maman l’a tant aimé et Maman pense sans cesse à lui. Tous deux ont fondé une très belle famille. Maman, encore hier me disait qu’elle avait eu beaucoup de bonheur d’avoir avec lui ses enfants qu’elle aime tant. Le détachement des choses matérielles est un pas vers le bonheur, c’est une idée que je partage complètement, nous ne sommes pas heureux parce que nous possédons, nous sommes heureux par ce que nous sommes, cela se résume par le bon choix entre avoir et être. Le détachement envers des personnes peut aussi être un choix pour ne pas avoir la tristesse de voir s’éloigner celui qu’on a tant aimé. La vie peut être sans haut et sans bas si l’on choisit de se détacher de tout, matériel et êtres vivants mais la vie peut aussi être comme dans le sport, il y a ceux qui pratiquent juste pour le bien être et c’est bien pour l’équilibre comme dans la devise un esprit sain dans un corps sain mais il y a aussi la compétition dans le sport. La compétition est un risque, le sportif peut tenter des stratégies et des tactiques périlleuses et cela peut passer et permettre de gagner comme cela peut aboutir à une contre-performance. Un marathonien performant voit aussi avec beaucoup de tristesse partir peu à peu ses capacités; il doit faire le deuil de sa vie d'athlète de haut niveau, s'il est sage, il accepte et peut transmettre ses connaissances et vivre sa passion de façon différente.

Ne pas faire de compétition c'est ne pas tenter de perdre.
Ne pas construire une relation durable c'est aussi un moyen de ne jamais connaître la séparation.

L’amour réciproque de Papa et Maman a été un choix, maman pleure souvent l’absence de l’amour de sa vie, l’amour apporte des joies et des peines. Maman m’a encore dit qu’elle est heureuse quand elle voit ses enfants, ses petits enfants, ses arrières petits enfants. Papa lui manque, à moi aussi, il me manque. Il n'était pas du tout sportif et maintenant quotidiennement il est avec moi dans mes footings. Je n’ai pas choisi ma famille, c’est Papa et Maman qui ont choisi de nous avoir mes frères, ma soeur et moi.
Tous les jours que je vis, je les remercie de nous avoir élevés et chéris. Maintenant je vois bien que si je me considère généreux, c’est bien parce que je donne comme Papa et Maman, ils m’ont montré qu'en donnant à sa famille puis plus largement à ses amis on ne possède pas mais on est simplement heureux.

samedi 16 juillet 2011

courir comme on respire ... reflexe vital

Ouvrir les yeux chaque matin, c'est bien. Boire un café, c'est ce que j'aime faire en premier. Ne pas réfléchir, juste respirer c'est un reflexe vital, ne pas commencer sa journée en examinant la liste des contraintes. L'été est là, il n'y a pas eu un seul jour où la météo m'a empêché de courir. Tous les matins, j'ai pu aller m'oxygéner, me faire plaisir. Une sortie matinale sans autre objectif que de commencer ma journée en étant bien. Douche, puis trajet puis travail, si pas de réunion alors petit tour au stade voir les copains, courir avec eux, lentement si je suis fatigué ou bien vite si j'en ai envie parce que vite c'est grisant, je veux continuer à courir pour le plaisir d'être aérien si possible ou tout du moins avoir la sensation d'aller suffisamment vite pour sentir l'air, le vent. Tout ça n'a pas d'importance mais c'est tout simplement la vie, dormir, bouger, manger, boire, rire, lire, écrire, grandir, se ratatiner et puis, se reposer, donner et recevoir, ne pas jalouser, faire du bien, ne pas subir, aider à construire, à se construire, aider à grandir, ne pas regretter ... être serein. Je cours chaque matin, je n'ai plus de chagrin, je vis. Merci à mes amis qui me témoignent leur soutien.

samedi 2 juillet 2011

récupération après "mon marathon"

Mes chers amis coureurs, bénévoles sur le marathon vert et marathoniens,
autant je préfère, en général voir les gens en vrai et boire des coups, refaire le monde, refaire le match ... refaire une course,
autant, après ce dimanche 26 juin, je vous demanderais svp, de ne plus me parler de ce marathon de vive voix et donner votre sentiment et vos impressions par écrit, par exemple par mail.
Si je décide de renouveler ma contribution à l'organisation, cela me donnera des axes de progrès mais en ce moment, comme tous ceux que je vois ne me parlent que de cette course et me donnent des conseils voire me font des reproches, cela me gâche tout simplement ma récupération.
Je voudrais redevenir un coureur qui va faire ses footings avec des copains sans que cela devienne à chaque fois un débriefing.
Après une semaine de boulot, même le WE j'ai l'impression de devoir toujours justifier mes décision, mes actions mes arbitrages.
Heureusement, j'ai un beau projet pour cet automne dans l'hémisphère sud ... du plaisir, du sport, de l'évasion.

samedi 23 avril 2011

week end de Pâques

Vendredi soir, je me suis mis dans la peau d'un fan.
J'ai attendu tranquilement devant mon téléviseur, l'émission de Stéphane Besnier le métropolitain mis en image par Emilien Bernard.
Bien qu'ayant vu quelques rushes dans l'avion de retour d'Ethiopie, j'ai encore été surpris de la beauté des images une fois montées, ensuite en tant que fan, j'ai savouré les mots d'Hailé.
Maintenant, mon objectif est de durer, si je vis jusqu'à 92 ans, je continuerais à courir.
En tous cas en ce WE de Pâques, je vais aller voyager intérieurement et qui sait, peut-être vais-je arriver à m'élever pendant quelques heures et contempler les humbles circadiens à Bréquigny. Dans quelques heures, c'est le départ du 24 heures de Rennes. Passez voir ... après avoir visionné l'émission dont le lien est ci-dessous. Bon Week End !

vendredi 28 janvier 2011

Toujours un enfant

Maman entourée de sa fille et de ses six garçons.
en dessous, encore moi.
Aujourd'hui je fête mon anniversaire mon age c'est la moitié de la mobylette culte de mes copains ado.
indice c'est aussi une voiture.
C'est actuellement difficile de me ménager des temps de réflexion, d'où mon absence sur ce blog, il y a le travail, le club, ses entraîneurs et ses athlètes, le marathon vert, mon envie de faire plus de sport pour mon équilibre, je ne fais du judo qu'une fois max par semaine et je cours 4 à 5 fois, surtout des footings et j'encadre le samedi à Melesse.

Maman va repartir au Vietnam, cela me fait penser que j'aime les voyages.

Même un petit footing, le matin, avant d'aller travailler c'est déjà un voyage, le long du canal entre Rennes et St Grégoire. En ce moment il fait noir et c'est bien de trottiner de m'oxygéner et d'avoir une pensée ...

Je suis toujours un enfant.

dimanche 2 janvier 2011

elles sont restées à Vung Tau

Ces chaussures étaient fatiguées, elles ont parcouru pas mal de bornes en Bretagne, elles ont même fait deux 100km, elles ont fait un dernier petit tour à Vung Tau anciennement appelé Cap St Jacques.
Elles sont restées là bas, une partie de moi y est aussi restée.

Cette année 2010 m'a offert beaucoup de bonheur, 2010 a été un tournant dans ma vie. 2011 sera bien sûr différente.

De nouvelles chaussures vont m'accompagner sur les routes de Bretagne, les chemins en France métropolitaine et peut-être même dans d'autres départements d'outre-mer voire à l'étranger, pourquoi pas en Afrique de l'Est du côté de chez Haïlé.

En 2011, continuez à aller vers les autres, si vous pouvez courez, si vous le voulez courez avec ...

Faîtes leur plaisir, faîtes vous plaisir.

samedi 18 décembre 2010

Le temps est passé si vite dans ce TGV


C’est devenu une habitude, lors d’un voyage, alors que le temps semble s’allonger ou bien que l’esprit se met à vagabonder, là je suis dans le TGV, je me mets à écrire.

Le TGV a du bon (en plus deux heures pour moi! )

Lors du WE du 25 et 26 juin, il devrait y avoir pas mal de marathoniens à l’emprunter car l’organisation du marathon Vert Cap Malo Rennes va tout mettre en œuvre pour que les coureurs pensent « vert ».
Le covoiturage est aussi très bien, mais moins bien pour que je puisse écrire.

Flash Back :
Vendredi 10 décembre, je suis à Toulouse pour mon travail, pas de stress particulier, cela se passe bien et je rentre sur Rennes sans encombre à 18h00 content d’être à la maison pas comme certaines fois où la liaison était annulée ou bien pour cause de surbooking, il me fallait prendre la dernière rotation de 22h. Les vols si courts ne me permettent pas d’écrire.

Samedi 11, j’ai animé une belle séance d’entraînement à Melesse avec les clubs voisins de La Mézière et Guipel. Il y avait beaucoup de monde alors nous avons fait plusieurs groupes. Je remercie les entraîneurs d’être venus pour encadrer. Bruno a pris le groupe adulte, Patricia et Jean-Yves de La Mézière m’ont aidé pour les nombreux enfants, eveil athlétique à Cadets.

Vers 11h30, nous nous sommes retrouvés à boire un coup ensuite avec mon noyau dur, mes copains avec qui j’ai passé le WE au marathon de La Rochelle deux semaines auparavant JeanLou, Patrice, Jilali et Bruno non rochelais mais en guest star.

Après cela, direction Nantes, mon fiston Julien y habite et il a rejoint un groupe de musique, il écrit les textes, il chante. Ce samedi soir, son groupe s’est produit lors de la clôture d’un festival. Cela n’a duré que le temps d’un morceau mais cela montre bien le potentiel du groupe. Avec Babeth et Pierre notre autre garçon, nous avons squatté chez le fiston et sommes rentrés sur Rennes le dimanche midi. C’était très sympathique.

Dimanche après-midi, au cross de Rennes Métropole, (photo d' Yves Mainguy sur son site)j’ai couru, les bons m’ont mis un tour, je suis arrivé dans les derniers et j’étais content car mon club était le plus représenté, plus d’un crossman sur dix. L’ambiance était très sympathique avec gateaux, thé, café, vin chaud, mais pourtant pas ce que cela va être au championnat départemental, où cela va être le grand rassemblement du club du début de l’année, nous serons plusieurs dizaines, c’est certain. voir le blog du club
Après un bon WE, Ce dimanche soir, je prenais le TGV pour Paris.

L’éloignement « forcé » m’est désagréable, à cause d’un déplacement professionnel, je suis obligé de quitter ma famille et je ne suis pas bien surtout quand c’est le dimanche soir. Puis, le Lundi, mes habitudes de « célibataire » nomade reviennent, je m’adapte, je prends philosophiquement cette obligation qui est « alimentaire » et j’en profite pour rencontrer des amis.

Cette semaine est passée en un éclair. Les journées étaient à cent à l’heure, le travail était prenant, mon esprit en ébullition en permanence, j’étais sollicité avec un haut niveau de technicité, il fallait le maximum de ma concentration pour résoudre les problèmes.

Le soir, j’étais fatigué, fracassé; à la sortie du travail, un collègue ami me proposait d’aller boire un coup. Nous ne refaisons plus le monde, c’est ce que je faisais à l’époque où nous étions à la fac, il y a trente ans. Nous constatons que nous avons eu des chemins différents et nous nous croisons quand même pas mal ces dernières années.

Deux soirs, j’ai rencontré des amis, une m’a laissé un message qui m’a fait plaisir et qui m’a donné envie d’écrire ce papier. Nous nous sommes rencontrés dans un lieu pas sympathique mais qu’importe ! ce sont les amis autour de la table qui ont rendu la soirée très agréable, les convives où qu’ils soient, sont sympathiques.
Le message qu’elle m’a envoyé est : « toujours aussi facile de parler avec toi. Dommage que ce soit devenu rare ».
Vous comprenez ce que je recherche le plus souvent possible, je veux prendre le temps d’échanger avec les gens que j’apprécie et c’est en général réciproque. Quand il y a des moments de cafard de blues de tristesse, faisons l’effort d’aller vers l’autre, quand je suis fort même juste un tout petit peu fort, je donne ce que je peux en messages positifs , je tends la main pour que l’autre s’accroche et commence sa remontée. Quelquefois, je ne suis même pas fort du tout, c’est plutôt le contraire et c’est juste en se racontant nos vies en mettant en évidence des motifs de satisfaction comme la fierté de ce que deviennent nos enfants, comment ils se construisent avec notre support que je m’aperçois que la vie m’a gâté.

Punaise, la semaine qui vient, j’ai du travail, ras la cafetière, des réunions pour ma boîte, pour le marathon, des rendez-vous de business, des courses à faire en vue de … Noël en famille, parce que je l’ai voulu ! Maman sera là, Papa est dans nos pensées.

Mon message, en cette période où c’est difficile d’aller s’entraîner car c’est bien l’hiver :
Athlètes vous avez l’entraîneur que vous méritez, entraîneurs c’est vous qui avez le choix de vos athlètes. Il n’y a jamais de hasard, nous méritons nos relations, nos amis, nos enfants , ceux qu’on aime et qui nous aiment ou bien ceux qui sont indifférents voire méprisants.

De mon côté, malgré tout le boulot pro ou bénévole, même si je n'ai pas couru une seule fois cette semaine, qu'est-ce que je suis bien!


mardi 23 novembre 2010

a relâché versus à relâcher

Non je ne suis pas professeur, oui j'encadre, oui je dirige

Non je ne suis pas doctoral, oui j'aime faire comprendre, oui j'ai du plaisir à progresser et à faire progresser.

Non je n'aime pas l' "à peu près" quand c'est quantifiable, non je n'aime pas la quantité et je préfère la qualité.

Mais quand je fais des calculs pour trouver le bon dosage en volume avec les bonnes allures pour jouer sur l'intensité et la bonne récupération pour rester dans la bonne filière, je ne demande pas d'être précis au dixième de seconde mais l'athlète doit être vigilant pour ne pas faire autre chose que ce qui était demandé.

En informatique, une lettre en moins c'est à coup sûr un bug (anomalie logicielle). Une erreur de limite et ça part dans les décors. Par exemple de zéro à N au lieu de zéro à N-1.

Dans notre cadre, respirer fort pendant 200m c'est de l'aérobie, sprinter en bloquant sa respiration en fin d'intervalle c'est passer en anaérobie.

Dans un plan d'entraînement cela peut être la séance de qualité de trop ou bien la séance de récupération en moins.

De l'inexactitude c'est faire quelque chose qui ressemble mais qui est à côté de la plaque.

Exemple 6x200 en sprint récupération passive n'a rien à voir avec 15x200 en VMA récupération trottée.

Autre exemple 12x500 en 1'38 récup 45 sec au trot ce n'est pas 8 x 500 en 1'32 récup 1' puis 1'5 puis …. 1'30 et les 4 derniers zappés parce que le gars est fracassé.

Petite séance de VMA à volume réduit où le gars n'a pas eu l'impression d'avoir couru assez et séance allongée parce que le gars a trop l'habitude d'être rincé le mercredi jour de la séance en groupe "compétition"


C'est amusant car dans d'autre sports, il y a les mêmes cas de figure. Au judo c'est aussi le mercredi soir qu'on ressort très très fatigué.

Revenons à nos préparations marathon, quand on n'est pas attentif, quand on n'est pas vigilant des choses qui semblent être des détails peuvent mener à l'échec. Or, le succès sur un marathon nécessite, la conjonction de beaucoup de petits détails.

Un athlète s'est entraîné 2 mois, 2 lunes, ou plutôt 8 semaines, ou en étant plus précis 6 semaines dures, une semaine progressivement facile et il lui reste quelques jours à recharger les muscles, le foie en glycogène tout en restant serein. Ce n'est pas le plus facile que de rester calme les derniers jours avant l'épreuve car on n'a plus l'habitude de ne pas être fatigué et le cerveau se met à tourner en boucle. Pour certains, c'est le sommeil qui pose problème. Pourquoi ne pas lire, méditer ... pour retrouver le sommeil.

Là, le marathonien doit être attentif, par exemple, il ne doit pas se promener en pleine nuit, pied nus dans le noir parce qu'il pourrait taper son gros orteil contre une porte.

Il doit faire attention à bien se couvrir pour ne pas attraper froid quand il fait ses étirements après le retour au calme.

Il doit veiller à bien s'hydrater les derniers jours avant le jour J.

Imaginons que je reçoive des courriels succincts de trois coureurs, avec peu de mots :

Coureur A – 2x3000 12' r2' Sensations Moyennes – récupéré

Coureur B, 2x4000 FC pas top > samedi – bonhomme récupérer

Coureur C, 4K+3K rappel allure FC marathon 162 puis 165, séance de régénération 45' à faire en dessous de FC 145

Si le coach ne connaît pas les habitudes en orthographe des gars, il va être obligé de vérifier.

Quand on doit récupérer c'est qu'on n'a pas récupéré.

Le bonhomme B doit sans doute se reposer

Le bonhomme A a partiellement récupéré

Le bonhomme C a l'air d'être serein et il connaît même là où il ne "travaille" pas c'est à dire en dessous de la FC 145.

Quand on dit qu'il faut relâcher, c'est que le travail a été fait, il ne faut plus s'entraîner mais juste aller faire quelques footings pour être bien, prendre le soleil si possible, bien s'oxygéner.

Le coach a médité, il a lu, il n'avait pas écrit depuis quelques temps, il a regardé les courbes de FC des quelques athlètes de son club (entraînements et compétitions, bruno, alain, cédric, olivierx2,thierry), c'est instructif, il lui reste à :

  • dimanche matin, courir pour lui même, pour son plaisir

  • dimanche après-midi, se congratuler avec les copains marathoniens avec leur médaille autour du cou

  • éventuellement se chambrer, car c'est une partie très sympathique des déplacements en groupe

  • ensuite, à la maison, sur l'ordinateur, il faudra analyser

  • les jours suivants avec les autres entraîneurs et les autres membres du club, il y aura discussion, quelquefois ça paraît ch... pour les non-initiés mais l'essentiel c'est que nous avons plaisir à progresser entraîneurs et athlètes, certains y voient du formalisme, du pinaillage, de la forme, venez boire un coup et vous trouverez peut-être du sens à tout cela.

  • …



samedi 2 octobre 2010

Le voyage de Millau

Il y a des voyages et des voyages.
Des voyages pour fuir, des voyages pour former la jeunesse et pour moi, des voyages pour forger ma sagesse. Mon voyage au Vietnam, cet été, me fait encore venir la larme à l’œil, ma poitrine se met à se serrer, c’est un mélange de sensation de nostalgie et de bonheur d’avoir voyagé si loin et si près de ce que je suis, un bout d’éternité de mon papa. Il n’est plus là mais il est souvent avec moi quand j’ai besoin de son soutien dans les coups de moins bien. Là, je suis dans un autre voyage, il est transatlantique alors il me permet de ne pas être happé par la continuelle connectivité à l’Internet et au réseau du téléphone mobile. C’est un moment de sérénité, le moment d’avoir l’esprit qui s’évade et le moment privilégié où je communique avec vous mes lecteurs mais aussi et surtout avec moi-même.
Des voyages m’ont fait grandir, il y a pile une semaine j’étais avec mes amis de courir-avec sur les routes de Millau à Millau via Le Rozier et via Saint Affrique. Grandir ce serait peut-être passer de celui qui ne fait que recevoir à celui qui reçoit et redonne, partage la chance d’avoir connu des êtres humains qui ont donné. Recevoir, donner, partager. Le voyage pour grandir ; comme vous tous j’ai été un bébé, je criais parce que j’avais faim, maman m’offrait la tétée, une maman ne se pose pas la question : « est-ce qu’il faut ou non donner à son bébé ». Tant que j’étais un enfant je recevais, on me donnait une friandise, c’était dans l’ordre des choses, j’ai été un peu capricieux mais une famille nombreuses m’a vite cadré car on doit savoir ne pas demander quand c’est tout juste que le budget est bouclé, papa et maman devaient toujours faire attention. Ce qui m’a inspiré ce papier n’est rien d’autre que le plaisir de lire un bon roman. Ce roman est comme une friandise que je savoure un peu hors du temps et j’ai eu l’envie d’écrire car c’est bien là où j’ai réalisé que j’ai grandi … un peu. J’aime lire, c’est bien un cadeau que je reçois quand je lis ; j’aime écrire, c’est un cadeau que je crois donner à ceux qui apprécient. C’est grâce à cela que je savoure ces moments d’introspection où je laisse glisser ma plume sur le papier, c’est une image car en fait c’est sur un clavier que je m’exprime. Tout se mélange, car en effet, samedi dernier c’était un formidable voyage, j’ai déjà un peu relaté la partie jusqu’à Saint Affrique et en guise de récit pour atteindre Millau, je vous sers un voyage certes qui est au dessus de l’atlantique mais surtout c’est un voyage intérieur et, ma foi, ce voyage me plait. Je revois les instants magiques sur le bitûme en pleine nuit et cela me procure du bonheur jusqu’à en pleurer.

L’autre soir, je dinais avec un ami qui me disait, j’ai mal mais à mon age, c’est normal et cela prouve que je suis toujours vivant. Moi je suis beaucoup plus jeune que lui et j’ai aussi mal de temps en temps, quand de vieilles blessures dues au sport reviennent à la surface.

A Millau, nous étions une équipe pleine d’enthousiasme. Des cents-bornards, des ultra-trailers, des ultra-raideurs et des marathoniens inquiets de la distance jamais à ce jour parcourue. Dans la catégorie ultra-raideurs, Bruno, Eric et Joelle, la diagonale des fous ou bien le grand raid du golfe du Morbihan, cela vous situe le niveau d’endurance, de plus, eux trois ont déjà fait Millau. Dans la catégorie superbe cent-bornard, il y a Gaëtan avec un passé dans l’équipe de France de 100km. Dans la catégorie, novices, Simon, Serge, Philippe et Nanou. Pour accompagner ce beau monde, des enfants en joëlette, Nicolas avec qui j’ai déjà couru le marathon de Nantes, le marathon de La Baule et celui de Paris, Maryline et Emmanuelle avec qui j’ai couru des trails comme Arzon ou le Glazig, le bout du monde.

Nous avons fait un très très beau voyage. Il m’arrive encore de courir pour moi, c’est un cadeau que de se faire dorloter par des bénévoles qui nous offrent de leur temps ; je sais ce que c’est que d’être organisateur, c’est du temps, de l’énergie qu’on donne. Il m’arrive de « courir avec » et ne croyez pas que c’est moi qui donne, ce sont les enfants qui nous offrent toute leur énergie, ils sont dans la joëlette et ils nous font un cadeau immense, le plaisir de voir leur bonheur. Au début c’est difficile car nous n’avons pas les mêmes moyens de communiquer, moi je parle, peut-être trop, eux, leur plus belle façon de s’exprimer ce n’est pas avec des mots mais en montrant qu’ils aiment, qu’ils apprécient le temps passé dans la joëlette à parcourir des endroits qui leur sont en temps normal interdits.
L’espace d’une course, ces enfants sont le centre de toutes les attentions. Des bénévoles viennent leur dire bonjour aux ravitaillements, certains les embrassent, cela me fait énormément plaisir et pourtant ça devrait être tous les jours comme ça.
Tous les jours, leurs parents sont des héros, tous les jours ils donnent, fatigués ou pas et je crois qu’ils sont souvent limite épuisés, ils donnent de leur temps de leur personne.

Pensez à ceci, ce qui est précieux c’est le temps qu’on donne aux autres ce n’est pas matériel.

Quand il a fait nuit, ce samedi après avoir quitté Saint Affrique, nous avons allumé nos lampes frontales, la montée de Tiergues est longue mais comme à chaque fois, l’arrivée au ravitaillement a été un moment de repos, de répit et de sourires échangés. A ce moment, il ne reste que 24 kilomètres environ, c’est déjà la fin en quelque sorte. C’est facile mentalement et de toutes façons, on ne peut que réussir et ce qui compte c’est terminer ensemble. Un photographe « officiel » du 100km essaie de trouver les meilleurs angles pour photographier notre équipe. Un caméramen de France 2 semble aussi enregistrer ces moments où nous sommes arrêtés. Le photographe nous demande de nous rassembler pour une photo et bien sûr nous nous exécutons car c’est toujours bien de la pub pour notre association. Ce n’est pas si simple d’amener les enfants à des centaines de kilomètres car il y a des contraintes d’horaire pour certains enfants. Les parents font aussi la course même s’ils ne mettent pas des chaussures de sport. Nous avons besoin quand même de partenaires.

Nanou et Joëlle ont pris le coup de repartir dès que possible du ravitaillement, moi-même au même endroit à l’aller j’avais perdu du temps et avait mis quasiment toute la descente pour recoller au groupe et j’en avais plus que de l’amertume. Sur ce coup, je décide de repartir avec les filles. Pendant tout l’entraînement, lors de mes séances seul, papa m’aidait mentalement, ce samedi soir dans la nuit, j’ai une pensée pour lui et je lui dit que je suis bien dans ma tête et c’est facile, j’ai mes amies les filles pour m’accompagner ; papa sera là plus longtemps une autre fois.

Quand dans la descente vers sainte rome nous entendons un groupe arriver, nous pensons bien que c’est l’équipe avec la joëlette. Maryline est dedans depuis la sortie de Saint Affrique. La descente est moins difficile, moins cassante car la pente est moins forte. Alors que les lumières de la ville sont bien visibles, nous rattrapons Mario, cette fois il n’a pas son petit vélo, des ampoules l’empêchent d’être bien et il a moins la verve. Je lui propose de prendre un relais, de prendre une canne de la joëlette, il me répond qu’il n’a pas le niveau. Tant pis, il ne sait pas qu’en fait, la joëlette est magique car en la tenant, on n’a plus à gérer ses inquiétudes, ses incertitudes, ses envies de lâcher, de ralentir voire d’arrêter un peu, de marcher, pire d’abandonner. Pour les enfants, un quelconque coureur autour de la joëlette, s’il est bien entraîné n’a plus à se poser de question sur l’allure, le rythme, les temps de passage, que sais-je, il ne pense à rien ou presque rien, il pense que l’équipe est un tout et que l’enfant passera la ligne quoiqu’il arrive.

Adieu Mario et en avant pour atteindre le ravitaillement. Là nous devions faire un relais, Maryline devait céder sa place à Emmanuelle. Nous apprenons qu’Isabelle et manu sont bloquées à Creissels, un gentil organisateur fait du zèle et ne laisse pas passer le véhicule. Un moment il est proposé qu’on reparte sans enfant car ce serait difficile en cas de relais en plein parcours de récupérer Maryline. La petite qu’on croyait fatiguée grogne et montre qu’elle ne veut pas descendre. Son papa la réprimande, il ne s’agit pas d’en faire une capricieuse. Jean-marc le papa de Nicolas propose de suivre avec son camping car, même si ce sera difficile cela nous permettra de garder Maryline jusqu’au relais envisagée dès que la route sera réouverte.

A ce ravitaillement de Sainte Rome, je revoie stéphane, un ami croisé aux dossards. Stéphane, est un exemple d’humilité, c’est son premier cent-bornes, il a des chronos très corrects sur 10km et semi. Il a même gagné une course dans son coin pas loin d’Orléans, là il terminera sans doute pas très loin de nous, un peu avant ou un peu derrière. Il y a comme de l’admiration dans son regard, il me connaît un peu, sait que je ne suis pas très performant et comme pour beaucoup de monde les gars et les filles en maillot orange de « courir avec » sont un peu des « extra-terrestres »

Non, nous ne sommes pas extra, ultra, héros ou surhumains, juste des hommes et des femmes qui avons pris l’engagement d’être là quand il le faut, pour cela nous mettons de côté notre égo, nous nous entraînons pour être à la hauteur et être au service de l’équipe.

Les kilomètres s’enfilent, je ne vois plus le temps passer, de temps en temps quand la joëlette me rejoint je tends ma main pour montrer que je suis disponible pour un relais, celui qui tient la canne peut me le refuser en me disant : « je viens juste de prendre le relais ». Le rythme devient difficile à tenir alors dans la nuit, il nous arrive à chacun de partir devant pour courir à une allure plus naturelle et puis on se dit qu’il faut arriver ensemble, on ralentit et re … on propose de prendre un relais. C’est chouette quand on prend la canne, on fait « corps » avec la joëlette.

Les lumières de St Georges sont proches, ah comme j’aime courir dans la nuit. Plus de repère visuel alors on a l’impression de voler quand on se met à son rythme naturel. Tout d’un coup la déripette menace, c’est très clair dans ma tête, j’accélère le maximum, je rejoins la salle de ravito, que je connais bien, je vais au petit coin et cela me permettra de repartir avec le groupe, ce serait ballot de se séparer si près du but.

Sitôt pensé, sitôt je me met à fond, à fond.

J’arrive dans la salle, les néons ne sont pas si sympas, je plisse des yeux, pas grave même les yeux fermés je sais où sont les toilettes, j’y vais, j’y cours et c’est limite catastrophe.

Ouf, c’est la délivrance. Premier constat, il n’y a plus de papier, je descends mon TS au plus bas et passe de toilette en toilette : « pas de papier, nulle part ». Je vais dans la salle principale les mains tirant sur le TS et le froc baissé, demande du sopalin et termine la chose la plus passionnante que vous ayez lue.

Dans la salle les copains qui ont vu ça rigolent un peu, pas trop parce que la fatigue les a quand même entamés.

La sortie de la salle se fait dans le désordre. Notre groupe qui était soudé, n’est plus que l’ombre de lui-même. Maryline est toujours dans la joëlette et du coup, nous devrons faire le relais à Creissels au niveau du centre commercial. Les départs de la salle sont complètement désynchronisés, il y a éric, simon et joelle, puis nanou et phlippe, je les rejoint. Dans la montée au viaduc, je vois la joelette à quelques dizaines de mètres, nanou et philippe accélèrent pour la rattraper, le regroupement ne se fait pas, je pense qu’ils veulent prendre de l’avance et attendre tout le monde au relais. Je décroche, mon moral est dans les chaussettes. Nanou et Philippe s’éloignent petit à petit, je suis seul et je me fais doubler car ma marche est très lente. Philippe me demande d’accrocher, je n’y arrive pas. Plus de joëlette en vue, je suis fracassé moralement. Serge a dû me doubler et rejoindre Philippe et Nanou.
Soudain, Bruno arrive et me réconforte, je ne suis pas le dernier, il me dit que Gaëtan est avec lui. Je n’arrive pas à tenir un rythme de marche correct. Bruno me soutient, me met juste la paume dans mon dos et c’est comme si je sentais une poussée … morale, mentale psy, bref ça me requinque et je me met au rythme de notre petit groupe de trois.

Nous arrivons au plateau en dessous du viaduc, j’avais espéré que la joelette s’arrête quand même pour que nous arrivions ensemble au relais.

Bruno dit : « cela ne va pas le faire » alors il pique une accélération pour aller chercher la joëlette qui est dans la descente. D’où je suis je ne peux pas voir. Plus tard, je constate que Bruno a ralenti tout le monde et nous sommes à nouveau tous ensemble.

De peur de ne pas être à la hauteur, je pars avec Nanou et Joëlle, cette dernière a les mots juste pour encourager Nanou qui est bien fatiguée, elle va devenir cent-bornarde et ce n’est pas si facile.

Il y a un dernier ravitaillement, nous somme peut-être déjà dimanche matin, je dis à mes petites camarades que c’est bien de s’arrêter même si ça ne sert à rien pour nous requinquer puisque c’est la fin mais déjà c’est respecter les bénévoles qui sont là depuis 14 heures et qui resteront jusqu’à l’aube, les derniers passeront là vers 9 heures du matin. Ils nous offriront des boissons et des sourires. Nous les remercierons.

Nous passons le 95ème, bizarrement, alors que je croyais que c’était « descente depuis le viaduc jusqu’à Millau », il y a des faux plats montants. Pas grave, c’est presque fini. A partir de maintenant les indications de kilomètrage ne seront plus tous les 5kms mais bien tous les kilomètres.

Enfin, je reconnais le pont où il y a 4 ans, je voulais abandonner car pour moi, « ils avaient oublié de marquer le 98ème , cela faisait une éternité que j’avais passé le 97ème. Nonil n’avait pas oublié mais ce 98ème kilo j’avais du le faire complètement occis.

Il est clair que je savoure déjà, je ne suis même pas fatigué, cela sent l’avoine, j’en hennis de joie.

Le 99ème est juste après le rond-point dans la dernière ligne droite où se trouve l’entrée du parc. L bonheur est proche

Puis, ca y est, à l’entrée du parc des victoires, Emmanuelle est dans la joëlette, Maryline et Nicolas dans leur chaises, ils seront poussés par Léa et Domino qui ont fait toute la course à vélo pour nous accompagner nous soutenir, ils ne méritent pas l’étiquette de suiveur inscrite sur leur dossard.

Nous courons les derniers mètres.

La rampe, extérieure nous amènent sur le podium. Le speaker nous annoncent. Beaucoup croyaient qu’on ne faisait que le marathon, et bien non, nous avons tout bouclé, les cent bornes! La salle entière nous offre une ovation. Merci pour les enfants merci pour leurs parents qui en pleurent de joie.

Merci à tous mes amis de « courir avec » de m’avoir offert ce merveilleux voyage dans l’Aveyron et aussi ce voyage intérieur qui me fait grandir encore et qui me dit, bébé tu réclamais la tétée, maman te la donnait, papa t’a offert ton éducation sa sagesse, son sens de l’art, son humanité, maman l’a aimé, l’aime toujours, cela fait 60 ans d’amour, moi aujourd’hui j’ai le bonheur de donner , de recevoir de partager avec mes amis et surtout avec mes très proches qui me donnent toute leur affection et m’encouragent dans ce que je fais, je partage mon bonheur avec ceux qui le méritent et avant tout celle qui est toujours à mes côtés … même en ce moment, nous sommes séparés par l’océan mais unis.

Chez moi il n’y a aucun conflit ni dans ma tête ni dans mon foyer, je suis soutenu et cela me donne la sérénité, un brin d’éternité.

mercredi 29 septembre 2010

patience

Merci à ceux qui me font confiance pour leur patience.
En effet, il va y avoir des courses importantes pour chacun des athlètes que j'entraîne.
Il y a des priorités.
Il y a le marathon de Vannes le 17 octobre, Taulé-Morlaix le 31 octobre, le championnat de France de marathon Nice-Cannes le 14 novembre, le marathon de La Rochelle le 28 novembre.
D'ici là, chacun a ou aura un plan d'entraînement spécifique et chacun m'enverra ses courbes enregistrées des séances, avec des chronos, des temps de passages et des courbes de fréquence cardiaque.
Certaine des séances seront décortiquées, d'autres justes survolées et sans doute relues plus tard.

Sachez mes amis qui me faites confiance que j'apprécie votre patience.

Mes déplacements professionnels, mon travail dans la journée, puis mes réunions le soir, de temps en temps je m'entraîne aussi, pour un cent-bornes je peux faire jusqu'à 9 séances par semaine, tout cela me "mange" énormément de temps.

Alors vous attendez ...

Là, je viens de passer voir les témoignages des amis de courir avec, toujours avec ma sensibilité qui me fait pleurer de bonheur, mes larmes ne sont plus à cacher.

Déjà 3 jours ont passé et j'aime savourer la continuation "cérébrale" de ce que nous avons vécu en vrai de vrai avec les coureurs, les enfants et les accompagnateurs parents et amis.

Mon papier de Millau à Ste Affrique mérite une suite, elle viendra mais vous mes lecteurs êtes aussi patients.

Bon, pour la forme, les compétiteurs, sachez que tant que la préparation spécifique n'a pas commencé, faites de la préparation générale. Gardez de la VMA courte une fois par semaine, gardez des footings de regénération, faites des sorties longues. La durée de la longue dépend des courses que vous faites. Un dix-bornard peut se contenter de 1h15, un semi-marathonien fera 1h30, un marathonien fera varier de 1h30 à 1h50, un cent-bornard .... ça dépend !
Moi, j'ai envie en ce moment plus de faire des kilomètres de clavier et même si j'ai envie aussi de faire des sorties course à pied , eh bien, je me force à ne pas y aller.

Rappel: on fait dans la préparation générale suffisamment de sorties pour que dans la préparation spécifique on ne part pas de "rien". J'ai tendance à dire que si la prépa marathon sera faite de 5 séances par semaine alors il faut quand même se fixer 4 séances pour la prépa générale et même passer à un footing de plus tranquile à l'approche du plan spécifique.

Pour ceux de la Rochelle, commencez à déterminer deux allures avec des tests à l'entraînement ou carrément des tests bien codifiés. Faites un test Delerue si possible et le lundi 4 octobre ce sera le top départ de la prépa spécifique avec déjà en fin de semaine un volume de 10kms à allure spécifique marathon déterminée sans doute avec les FC repérées dans les tests.

Patience à ceux qui attendent la suite de mon récit des 100km de Millau avec la joëlette !




pour le plaisir, je vous présente les "héros" du 100km de Millau de gauche à droite: Eric, Marie-O, Philippe, Joëlle, Bruno, Nanou, Simon et moi.

mardi 21 septembre 2010

teasing

http://www.openrunner.com/index.php?id=710426

voici le parcours que j'ai trouvé avec toutes les contraintes imposées. Sérieusement j'y ai passé des heures tellement c'est compliqué.
Dans quelques temps le parcours sera officiellement mesuré par un expert.

je pourrais vous en dire plus ... morceau par morceau.

c'est ça le teasing !

bon, question sport : j'ai momentanément arrêté le judo car je suis toujours en déplacement, j'ai même arrêté la course à pied et de toutes façons vu que je vais me taper 100km avec la joëlette, j'ai intérêt à bien me reposer avant Millau.

Nom de D... départ vendredi matin et course samedi ! ayez une pensée pour les enfants et un peu pour moi !

lundi 14 juin 2010

importance, priorité,urgence, la famille, les amis

Certains viennent voir sur mon blog parce qu'il y a peut-être des informations, des avis, des conseils qu'on ne trouve pas ailleurs.
En effet, j'ai la prétention de vouloir apporter une vision personnelle de la course à pied et tant pis si cela existe ailleurs en tous cas je suis fier de faire "chier" ceux qui cherchent des recettes et qui trouvent que mes articles ont un caractère philosophique.
Cependant, ce dimanche il n'était pas question de sagesse puisque la chaîne M6 en quête d'audience, ce qui est normal pour une chaîne de télévision privée a fait passer dans les magazines télé: Zone Interdite "jeux, sport, sexe, peuvent ils s'en passer ?"
Après avoir vu quelques extraits, après avoir bien rigolé avec mes enfants, après avoir digéré ces instants fugitifs de médiatisation avec Oliv, un de mes athlètes, j'ai laissé passer une journée de travail, j'ai dîné à mon hôtel car je suis en déplacement pour le travail et je me suis mis au clavier de mon ordinateur portable.
La télévision a une audience très importante, pour preuve des amis avec qui mon épouse et moi-même n'avions plus de nouvelle nous ont recontactés, au moins cela a un effet réel dans la vraie vie, des retrouvailles.
Maintenant cela me pose une réelle interrogation. L'impact médiatique n'est-il pas un appareil générant une distorsion, une déformation énorme ?
Poser la question, c'est déjà y répondre.
Le reportage sur les addictions a quelque chose de malhonnête car il met sur le même plan, une personne qui a peur d'affronter la vraie vie en cherchant à tout contrôler ou plutôt contrôler ce sur quoi elle peut intervenir, le contenu de son assiette, la suppression des poussières, l'aseptisation de sa salle d'eau, le temps, les quantités par exemple et un père de famille sain qui trouve une once de sérénité, d'équilibre en respirant, en bougeant, en courant, en s'occupant de ses enfants et de temps en temps en allant faire une compétition.
Il y a 52 Week Ends par an, beaucoup de marathoniens que j'entraîne trouve qu'une course est importante mais comme oliv, s'il fallait choisir et renoncer à une course, il n'y aurait pas photo. Concrètement, que ce soit un marathonien ou un trailer que je côtoie dans mon club, il est rare qu'il y ait plus de deux ou trois très grands objectifs dans l'année, alors cela veut dire deux ou trois week ends dans l'année où nous sommes à fond dans notre compétition.
Oliv, Karim, (parisiens) Cédric, Laurent (normands) sont ceux qui cet hiver sont venus en Bretagne pour dormir la veille du championnat départemental et le régional. Sans déconner, cela ne fait que 2 déplacement sen Bretagne. Alors si une addiction commence quand on va deux fois dans son club, alors je n'y comprend plus rien.
Bon reprenons les thèmes titres de cet article. Importance, quand je prépare une compétition sérieusement, je peux affirmer que je cours beaucoup plus qu'oliv, il m'arrive de doubler deux fois dans la semaine. Doubler c'est à dire courir le matin 45' et le soir entre 1h00 et 1h30.
C'est important mais pas autant que la famille et le travail. La famille parce que c'est le plus important dans ma vie et le travail parce qu'il faut bien gagner de l'argent pour nourrir celle-ci.
La priorité découle du classement de l'importance.
Un de mes enfants est mal dans sa vie, il m'est important de le soutenir dans ce passage difficile.
Mon enfant est au début de sa construction, il a besoin des conseils, des avis, des sentiments de ceux qui l'aiment alors il est prioritaire.
Après ma famille, mes amis sont ceux qui sont important et sont prioritaires.
La petite lucarne fait focus sur un de ceux-ci, dois-je oublier les autres. Non.
S'il y a une urgence alors momentanément je m'en occupe et ensuite je reviens aux priorités, aux aspects importants de ma vie.
Tiens, j'imagine certains de mes fidèles lecteurs.
Ils se disent:"charlie n'a pas écrit depuis le trail de Guerlédan".
Commentaire succinct: "charlie n'est pas fier de son enchaînement Guerlédan-Roscoff"
Plus tard quand la bêtise sera presque effacée alors je pourrais revenir sur ce qu'il ne fallait pas faire: 8h dans la chaleur à Guerlédan et 6 jours après un WE trail avec 3 courses 2 jours 1 bivouac, total environ 6h de trail.
En fait, l'émission avec Oliv était amusante à voir avec mes enfants, nous avons bien rigolé mais j'aime bien mettre en avant mes moments simples qui ne passent pas à la télé, ceux passés en famille, je ne les relate pas sur le net, ceux passés avec mes amis à l'entraînement, plusieurs fois par semaine (sans priver ma famille de ma présence car c'est le matin avant le lever des autres, le midi ou le WE alors qu'ils font la grasse mat ) c'est aussi, par exemple le samedi à Melesse suivi de la bibine traditionnelle avec jeanlou, patrice et jilali. Mes sorties trails "off" c'est à dire sans dossard mais avec le camel back, quelquefois la frontale ... mes déplacements clubs pour les courses chez des amis (momo par exemple) ou sur des championnats . Tous ces moments sont des moments de bonheur.
Même ce soir, où je ne cours pas, je pianote sur mon clavier, j'ai du plaisir à laisser vagabonder mes pensées, et bien ce soir, je savoure le temps qui passe et je peux par moment rêver pour le futur ou me remémorer des moments précieux.
Le temps s'écoule de façon différente quand je suis en train de transpirer, souffler, courir, marcher, c'est bien. Là je pense aussi à quelques uns de mes athlètes qui ont tendance à "psychoter", en effet certains sont des hyperactifs et s'ils ne peuvent courir ils sont mal. Moi, je crois pouvoir profiter des endorphines mais aussi de la fainéantise, c'est à dire savourer ne rien faire.
Petit à petit, certains athlètes hyperactifs finiront par sentir qu'il n'y a pas que la composante physiologique qui permet de se sentir bien, il n'y a pas que l'endorphine qui apporte du plaisir, il y a la prise de conscience que dans la pratique de la course à pied, ce n'est qu'une composante de la recherche de l'équilibre. L'équilibre entre la passion et la sérénité. Certains diront qu'un être est complexe, il y a une composante rock and roll et une composante Mozart.
Dans mon équipe, il y a beaucoup de personnalités que j'apprécie, il y a les coureurs performants et encore séniors, il y a les entraîneurs momo, thierry, bruno, il y a les trailers , il y a les marathoniens qui m'ont apporté de belles ou très belles progressions, il y a les modestes, les humbles et chaleureux coureurs et ceux qui arrivent et découvrent la diversité, la simplicité.

lundi 17 mai 2010

dépassement ou accomplissement ?

Jérôme a le don de susciter la réflexion sur le sens de mon engagement dans la course à pied et bien au delà de la simple recherche de performance. Dans ses derniers commentaires il demande assez simplement quel a été le chrono du marathonien et de façon tout aussi simple : "que devons nous chercher le dépassement ou l'accomplissement ?".

A la première question, la réponse est immédiate, c'est un temps brut 2h50'37.

La deuxième question est celle qui va nécessiter un plus long développement.

En liminaire, j'évoquerai quelques athlètes que j'entraîne, il y a, vous vous en doutez, des profils très variés et cela aboutit à des motivations bien différentes dans la pratique de la course à pied.
Il y a celui qui ne cherche pas un accomplissement de soi. Il y a celui qui ne cherche pas à se dépasser. Il y a celui qui croît qu'il atteindra son accomplissement s'il se dépasse et celui qui s'est peut-être dépassé et n'a pas atteint son accomplissement.

Parmi ceux que je n'entraîne pas, il y a des athlètes qui ont faim, faim de gagner pour eux et pour subvenir aux besoins de leurs proches. Il faut intégrer cela à notre réflexion.

Parmi ceux qui n'ont pas faim, il y a des coureurs qui croient qu'ils ont des capacités limitées et leur motivation est de participer à une course qui leur paraît inaccessible alors terminer c'est déjà se surpasser.
Dans mon club, des débutants arrivent en début de saison, ils veulent courir avec les expérimentés avec les conseils des entraîneurs et petit à petit ils se décident et participent à des épreuves locales. Au tout début, juste alterner course et marche c'est déjà se surpasser.

Passons aux athlètes qui prennent une licence sans savoir pourquoi ou peut-être juste parce que chez nous c'est naturel d'être suivi par un entraîneur formé au club et diplômé par la FFA hors stade. Au départ moi-même je ne savais pas trop quel était mon objectif. J'ai pris ma licence car je trouvais ça complètement naturel d'être dans le club de mon entraîneur Christian Delerue. Il n'était pas question d'accomplissement mais sans doute de façon floue, je cherchais un dépassement, cela se concrétisait par la volonté de faire des chronos. Est-ce lié au besoin de prouver qu'on existe au travers du regard des autres ? Nous avons souvent besoin de repères comme des notes à l'école; des records en compétition nous placent quelque part sur une échelle et ceux qui rêvent d'absolu peuvent chercher à atteindre le sommet d'une hiérarchie, être le premier de la classe le patron du peloton, le président de ceci voire le président de la République.
On va monter sur un estrade, un podium, les autres nous verront nous applaudiront.

Un athlète de haut niveau voudra devenir champion du monde. Un athlète de niveau national voudra faire les minimas. En fait, tant qu'il y a de l'espoir, on veut se surpasser, pour être meilleur que celui d'à côté et déjà meilleur que soi-même.

Faisons un bref résumé en ne gardant que le marathon qui est le symbole du surpassement pour beaucoup.

Pour cette année sportive commencée le 1er septembre 2009, je retiendrai :
- Karim Atiki au marathon de Berlin fin septembre 2009, il a battu son record personnel 2h36'56 au lieu de 2h38'27, je ne crois pas qu'il a considéré s'être surpassé et pourtant il en avait envie mais ce ne fût pas un accomplissement, sa peformance l'a décu, d'ailleurs il veut y retourner et claquer un nouveau chrono.
- Thierry Collen et Bruno Rageau sont à mettre à part, ils sont coureurs, certes, ils ont amélioré leurs records tous les deux à Reims, thierry en 2h54'16 et bruno en 3h17'31. Ils sont à part parce qu'ils doivent s'entraîner pour eux alors qu'ils ont des gars à suivre et cela leur prend beaucoup de temps et d'énergie. Pour eux qui sont plus tournés vers les autres, c'est difficile de se surpasser car cela veut dire qu'on est centré sur soi le temps de la compétition mais nous savons que la préparation avant la compétition est aussi importante alors que leur nature est centré sur ceux qu'ils entraînent. En tant que coach de coaches je dois trouver le dosage et le moment très précis qui permet de séparer l' athlète de l'entraîneur. Tout le temps qu'ils resteront compétiteurs cela sera compliqué.
- Alain Martin avec seulement ses quatre séances par semaine a encore réussi à battre son record lors du marathon de Reims en octobre 2009, c'est aussi quelques minutes mais c'est quand même difficile de faire 3h18'42, je me rappelle qu'il n'y a pas longtemps au championnat de Bretagne de cross, alain était arrivé quasiment dernier et avait vu passer les champions qui lui mettaient un tour. Alain vient de passer vétéran mais il est encore de ceux qui vont aller chercher les secondes à l'entraînement. Même s'il vient de faire une sortie trail avec mes copains, je ne lui conseillerai pas de devenir comme nous "les vieux".
- Cédric Faucon qui nous a fait une performance énorme 2h35'38 au marathon de Paris, il a été au taquet de bout en bout et du coup son ami lolo s'est surpassé pour ne pas se faire bouffer par le jeune, ce qui a abouti aussi à un record personnel pour le vétéran 2h33'57. Dans la bouche et dans la tête de ces deux là il n'est nullement question d'accomplissement mais tout simplement ils veulent être devant, gagner, gagner des places, gagner des secondes et des minutes et pour cela ils cherchent le dépassement... de soi, cela va de soi.
- Olivier Bersot, première licence premier marathon avec le club à Reims et ... pas top, pas grave, première saison de cross, départemental et régional en Bretagne, il apprend la modestie du débutant crossman et au printemps il claque son record personnel 2h54'13. En regardant ses chronos, ce qui en ressort c'est que le garçon a super bien optimisé sur le marathon et il va falloir qu'il se dépasse sur 10km et sur semi. A ce jour il n'a pas encore engrangé de chrono officiel sauf sur marathon.
- Christophe Treuil blessé cet hiver a repris le chemin du marathon et à Sénart il a couru la distance sans faire de performance notable, nous savons qu'il est capable dans un futur proche de tout donner et qu'il faut aussi être patient.
- Bruno Charles et moi devons avoir une discussion sur comment il a vécu les dernières semaines avant le marathon, nous savons que ce n'est pas l'envie qui manquait mais l'environnement de son marathon était très personnel et il est des choses dont on n'a pas envie de relater sur un blog "public".
- Anthony Davoury a eu sa dose de patience car depuis un an il n'avait pas réussi de marathon, son chrono datait de La Rochelle 2008, suivaient Poitiers et Reims "moyens" et au marathon du Mt St Michel il avait un double objectif, battre son record et faire le temps de qualification en sénior c'est à dire 2h45'00. Il a bien battu son record personnel mais le vent l'a empêché de concrétiser un bel entraînement. pour quelques cinquante secondes. Nous l'avons déjà dit, plusieurs minutes ont été ajoutées à pas mal de chronos (johnny et franki en 2h36 et 2h37 alors qu'ils visaient en dessous de 2h30) ce qui fait croire que pour Anthony, la prochaine fois sera peut-être la bonne.
- Benoît Blanchard a été à la source de mes dernières réflexions, mais j'attire votre attention sur le fait que benoît est un ancien excellent compétiteur de marche athlétique, ce qui amène au geste technique et bien sûr le ressenti de la foulée "parfaite" , pour benoît le surpassement revêt automatiquement un caractère différent des autres, la boucle est bouclée, nous avons commencé par Karim qui était judoka qui du coup est un crossman et il sait toujours s'arracher dans la boue puis sur le bitûme et nous terminons avec Benoît "serein" qui avoue ne pas être bon en cross mais qui à mon avis est attiré par la course "accomplie" ce sera un prochain marathon.
Peut-être que si vous cherchez bien vous découvrirez un message envoyé à certains qui ne sont pas dans ce bilan de marathon, je suis pour que ceux qui peuvent encore se surpasser ne fassent pas semblant ... J'ai aussi des amis qui cherchent des course accomplies, nous en parlerons de vive voix dans la vraie vie.
Jérôme, puisque tu me lis, je te réponds personnellement: "cherche encore le dépassement !"

mercredi 12 mai 2010

harmonie

Musique:
Quand une corde vibre et on entend une note Do, il y a beaucoup de Do, un peu de Mi et un peu de Sol. Quand je plaque un accord à la guitare, si c'est un Do Majeur, il y a les notes Do, Mi et Sol. Il peut y avoir plusieurs Do, c'est à dire des multiples en terme de fréquence.
Que ceux qui n'aiment pas la chanson de Maurane Prélude Bach passent directement à la suite, les autres sachez que Glenn Gould a été un brillantissime pianiste, écoutez les premières notes ...
vous serez comme Maurane et moi, enchantés.
il y a du Do, il y a du Mi et du Sol, c'est le clavecin bien tempéré et Bach, c'est avec Mozart ... source de mes plaisirs musicaux. C'est quelque part une équipe qui perdure alors qu'ils n'ont pas vécu à la même époque.

Dès que je suis content, que je savoure un moment agréable, que j'éprouve du plaisir, que je suis fier me vient à l'esprit l'harmonie.
Content des performances de mes athlètes sur leurs courses, leur marathon, leur 10km, leur trail, notez quelques singuliers, c'est en rapport avec le caractère unique de l'événement.

Content de son comportement même si la performance sportive n'est pas mise en avant, c'est difficile pour un extérieur à la course à pied d'appréhender ce que représente un chrono sur une distance mesurée comme un marathon ou un 100km.
C'est difficile de saisir que sept minutes de plus par rapport à l'objectif initial, c'est déjà une victoire et même une performance extraordinaire quand on intègre la composante météo, la chaleur (Mont St Michel 2003,2005, 2006 ...), le vent (Mont St Michel 2010).
Du plaisir par exemple quand un athlète arrive à communiquer son entière satisfaction d'une préparation réussie couronnée par une compétition qui "frôle" la perfection.
La fierté d'avoir des enfants qui se construisent et font déjà des bilans intermédiaires qui suscitent l'admiration, pas parce qu'ils ont réussi avec les critères classiques de la société comme les diplômes, les mentions, les postes de cadre, les revenus mais avec des valeurs que nous partageons telles l'amour du travail bien faît, ne pas avoir de regret, le respect de nos aînés, le respect de ce qui nous entoure comme cette bonne vieille terre, l'eau, l'air, les végétaux, les animaux, la vie en somme.

Tout ceci m'amène à l'harmonie.

Des évidences que j'aime à me rappeler et à partager: l'harmonie fait penser immédiatement à la musique. La musique est concrètement de la physique où justement des fréquences entrent en résonance mais au delà de la physique c'est ce que nous ressentons qui se met à vibrer qui nous amène et nous fait repartir plus fort.

La course à pied peut être réduite à une activité sportive qui à force de répétitions amène l'athlète à son meilleur niveau. Cependant, si on fait un focus sur l'efficacité des plans d'entraînement, il y a ceux qu'on retrouve un peu partout dans les magazines, les sites Internet et il y a ceux qui ont été élaborés de façon personnelle.
De plus il y a les directives sur une séance donnée et l'entraîneur qui a une idée en tête et ne la dit pas toujours. Il y a des commentaires de séances qu'elles soient "vues" sur place ou à distance grâce aux moyens modernes de supervision utilisant les télécoms.
L'harmonie revient me "hanter" et j'ai des indications comme la dernière lettre de Benoît ou des simples coups de fils d'autres garçons comme cédric, lolo, karim, oliv ou bien des coureurs devenus amis que je voie très souvent au stade à Cesson-sévigné ou à Melesse, ceux-ci font des choses en même temps que moi, par exemple courir nu-pied sur la pelouse du stade et il y a retrouvailles entre les capteurs du pied et l'herbe, le sol.

Dans le flou de l'agrégation de toutes ces informations, de toutes ses discussions, des sentiments exprimés ou non, je finis par percevoir cette harmonie, c'est à dire que j'émet des lignes directrices, elles sont interprétées puis concrétisées sous forme d'une ou des séances, il y a un retour d'informations, au début cela tâtonne, on sent que quelque chose se passe puis à un moment donné tout entre en résonance, tout est conforme à ce que l'on peut faire ce jour là avec l'état du moment.

La résonance c'est pour utiliser une expression devenue très précise "pile poil" égalité entre ce que l'on voulait et ce que l'on réalise, l'effet est démultiplié, il y a "accumulation d'énergie".

Pour moi l'harmonie va plus loin, c'est encore de la physique, aussi de la musique et quelque part de l'art: c'est quand plusieurs fréquences différentes sont associées et le résultat est plus qu'une addition c'est ... du bonheur, on pourrait voir un feu d'artifice.

Que ceux qui veulent progresser avec moi sachent que la préparation physiologique est évidemment une base fondamentale mais que la recherche de la séance parfaite, de la course parfaite nécessite qu'on ne se crispe pas qu'on aille chercher l'amplitude et par moment rien que de courir plus souple c'est déjà faire un pas vers la perfection. J'écris bien un pas vers et non une bonne partie du chemin. Benoît a dû courir un moment "serein" et c'est celà qu'ensemble nous avons cherché depuis quelques marathons "ratés".

En tous cas, que des athlètes que j'entraîne arrivent à saisir ma "philosophie" cela ressemble à ce que je vis quand un de mes fistons se pose des problèmes sur le sens de sa vie et que je l'aide à comprendre qu'il a les billes pour en faire une vie riche, pas en sonnant et trébuchant mais en rencontres, en partage et en progression à plusieurs.

Mon engagement dans la course à pied me coûte énormément d'énergie mais du strict point de vue entrées sorties c'est rentable car à la finale, en tant qu'être humain poly-actif, j'ai le sentiment que je progresse dans beaucoup de secteurs simultanément grâce au fait que le coaching sportif est riche d'enseignement et que cherchant cette harmonie, je commence à récupérer les fruits de mon investissement y compris dans mon activité professionnelle et bien sûr au niveau de mes relations personnelles et "privées".
Dans ces moments, je me dis: "merci à tous avec chacun vos différences et ce qui nous rapprochent, merci la vie"

mardi 6 avril 2010

la vie est belle

Depuis dimanche, je suis sur un nuage.
Samedi 3 avril matin, je suis avec une partie de mon team, il y a jeanlou et patrice, il manque jilali le dernier des trois mousquetaires. Nous avons participé comme tous les samedis matin à l'entraînement à Melesse. Nous avons presque transpiré, le contenu de la séance c'est 27 minutes de footing autour du stade, 5 lignes droites, sur ce coup on fait 5 largeurs de terrain de foot souples et heureux de courir vite, douche et ... passage à l'annexe le café pmu face à l'église. Après 27 mn de sport il nous faut 1h27 de troquet pour boire un peu de bulle et refaire le monde. Nous contactons momo pour fixer une future très grosse séance type ultra-trail à Guerlédan. Nous nous sommes quand même inscrit sur le petit 55 bornes autour du lac le 23 mai.
Tout le monde rentre chez soi et nous nous retrouverons le dimanche matin.

4 avril, 5 heures du mat, le réveil sonne c'est la première fois depuis des mois et des mois que le réveil sonne puisqu'à chaque fois je l'éteins avant qu'il ne réveille ma chère et tendre.
Ce coup là, ma tête est "casquée" pas grave je suis sûr que ce sera une belle journée.
ah la la, j'ai promis de faire les cloches.
Je bricole sur mon PC quand je m'aperçois qu'il faut que je m'active. Je fonce, je quitte mes pénates et me retrouve au rdv, mes amis patrice, jeanlou et jilali sont déjà là tout sourire.
Thierry arrive pile à 6h30.
Je m'inquiète Joëlle habit dans la rue du rdv mais je ne sais pas à quel numéro.
Nous nous promenons dans la rue pour voir si une lumière nous indique où loge Joëlle.
Il paraît que je commence à m'inquiéter sévèrement.
Enfin, joëlle pointe le bout de son nez. Nous partons avec 9 minutes de retard. Tout un drame. En fait non, notre amie a fait les "cloches" ceci explique cela. D'ailleurs Bénédicte et Bruno sont déjà sur place à Arzon et je me souviens que j'ai écrit que j'étais sûr que les cloches passaient aussi la bas.
Nom de D..., j'ai oublié de mettre les oeufs pour mes gamins alors que je l'avais promis à babeth ma chère et tendre. Pourquoi faut-il que cette journée commence si mal. J'attends un peu plus d'une heur pour appeler mon fiston, il ne répond pas et je lui laisse un message:".... mets les oeufs .... ta mère va me t..."
Comme d'habitude, nous déconnons pour passer le temps, nous révisons les conditions pour faire partie du team.
Donc la séance de fractionné test c'est maintenant 10 fois 40m en 1'11 ce qui est quand même plus intéressant que 100x400 en 1'11 qui soit dit en passant est un truc de feignasse car seulement ce que fait Gebré d'un seul coup sans récuP.
Les chronos qualificatifs pour les gars c'est 2h07 au semi ou 1h00 au 10km. D'ailleurs moi-même je me demande si je pourrais intégrer mon team.
Pour les frais de transport, j'opte pour le carnet de ticket de métro et si le pilot du jet n'en veut pas qu'il aille se faire voir.
Le test en laboratoire pour les filles, ça nous le gardons avec toujours l'option porte du labo fermée.

Le jour se lève alors que nous approchons de Vannes, nous passons à côté de villages qui nous rappellent le tour du golfe du Morbihan. Jeanlou et patrice ont fait le semi et joëlle avait bouclé le grand raid en juin dernier. Moi j'avais arrêté à Sarzeau, manquait des bornes car je n'avais fait que 145 km. p.... fait ch... quelle envie de dormir, comme ce dimanche mais jeanlou est trop bavard.
On arrive à Arzon, port du Crouesty, l'accueil est très très sympa, café et gâteaux succulents avec pâte d'amande.
Bruno arrivera en vélo.
Plus tard, les copains de "courir avec" se gareront, les joëlettes très vite assemblées. Distribution de T-shirts orange et deux équipages partiront pour le 28 km à 9h00 une troisième joëlette partira 45' après pour le 15km. Les rennais sont répartis dans les 3 équipes, cela facilite la convivialité.

Au départ, Philippe me dit qu'il faut ne pas terminer fracassé car dans 7 jours il y a le marathon de Paris. Naïvement je demande s'il manque quelqu'un. Philippe me dit :"oui tu n'as qu'à venir puisque tu le demandes". Et c'est parti, il le dit à dédé martin qui me dit c'est bon je compte sur toi.

Pendant la course Nanou me dit que je ne suis pas obligé de venir à Paris. En effet avec le coup des cloches non assurées je confie que ce sera une situation familiale difficile avec ma mie, ma moitié, ma chère et peut-être pas si tendre.

Toute la course est belle, la météo est superbe, un peu de nuage mais le ciel est bleu, la mer belle, Nicolas puis Baptiste sont heureux. A un moment baptiste a chanté alors que nous étions sous le arbres en bord de mer, c'était très plaisant, c'était un brin de soleil en plus sur le soleil du golfe.
Le trail a tant de variétés à proposer que le temps est passé très vite.

A l'arrivée, je n'étais pas fatigué et tellement heureux d'avoir encore une fois participé à une aventure partagée.

Mes amis "novices", les rennais m'ont montré les mêmes mines réjouies que celles des enfants.
Ils m'ont tous remercié de les avoir invités à cette belle tranche de vie incomparable à ce qu'on est amené à vivre en course solitaire et même en relais. La course avec les enfants en joëlette c'est de l'émotion, de la joie partagées et c'est en équipe. La récompense est immense, incommensurable, inénarrable.

Non ce n'est pas une blague, j'aime tellement ça, j'ai réussi à donner cela à mes amis, nous avons le dimanche après midi encore savouré cela lors d'un repas. Même le lendemain alors que j'étais au boulot, j'étais encore sur mon nuage. Il est vrai que quand j'ai ce sentiment d'avoir fait quelque chose de grand, personne ne peut m'enlever mon bonheur.

Dimanche prochain, je serai au marathon de Paris, ce ne sera pas le nième marathon de Paris mais ce sera surtout encore un grand moment de bonheur avec mes copains de courir avec

dimanche 21 mars 2010

égocentrisme et altruisme

Quand bien même je suis lu, peut-être compris, peut-être même qu'on me gratifie de sage j'écoute, je lis les autres, surtout mes amis qui bien sûr me veulent du bien.
Cette semaine, un lecteur de mon blog me demandait pourquoi je ne parlais pas de moi. En effet, je ne parle pas de moi et je dis souvent que le blog de certains ne me plaisait pas car on n'y voit que leurs sorties, séances et compétitions.
De temps en temps c'est bien de voir l'évolution d'un athlète par le biais de ses écrits, cependant quand c'est tous les jours un compte-rendu du type, nb de kms, FC moyenne, vitesse ou allure, cela finit par lasser.
Quand je lis pour le plaisir, j'aime surtout voir des facettes variées de la nature humaine. La philosophie serait l'amour de la sagesse, je ne suis pas philosophe mais j'aime croire que je tends vers la sagesse.
Mais voilà, l'homme est complexe et je pense sincèrement qu'il doit rester en nous ,même si nous vieillissons, une part du rebelle que nous étions quand nous étions plus jeune.
Je n'aime pas les blogs enduits d'égocentrisme et mon blog semble perçu comme celui d'un altruiste car il transparaîtrait l'abnégation de l'entraîneur.
Que nenni !
La sagesse de certains c'est se cacher les choses qui rendent tristes, pourquoi ne pas décerveler les gens qui souffrent ils ne sentiraient plus rien.
Les rebelles sont difficiles voire impossible à dompter, cependant imaginez un monde sans rebelle, tout resterait sans évolution, on se suffirait avec l'existant, il n'y aurait pas d'innovation.
Ca y est, je sens que certains internautes ont décroché et il vont continuer à taper sur leur moteur de recherche favori "plan entraînement marathon".

Revenons sur ce qui m'a motivé à écrire ce papier.

Altruisme et égocentrisme.
Ecrire sur les autres écrire sur soi.
Dualité ou duplicité, hypocrisie.

Mea culpa, je ne suis pas altruiste, je pense à moi, j'agis pour moi, je ne cherche que mon plaisir.

Beaucoup de mes amis avec qui je cours, sont comme moi. Par ces temps où l'économie nous fait vivre des moments difficiles, nous nous ressourçons grâce à notre loisir la course à pied.
Cependant, je vois de plus en plus de coureurs qui vivent mal leur pratique car ils sont moins bien et tout simplement les sensations en course ne sont pas bonnes.
Il me plait plus de parler de mes gars qui performent que de ceux qui sont mal et j'en fais partie.
Notre travail nous fait du mal, c'est travailler plus pas pour gagner plus mais pour tout au plus rester à sa place.

Hypocrite, je suis, fourbe je suis, non ce n'est pas maître Yoda qui parle c'est moi charlie.

Quand un jeune marathonnien me demande combien je vaux au marathon, je préfère parler des chronos de mes gars.
Quand on me demande des informations personnelles sur mon entraînement je botte en touche en parlant encore une fois des autres.
Pour la diététique, je suis zéro, je suis à +6kgs de mon poids de forme.
Alors qu'il faut tenir compte de l'environnement de chaque athlète, c'est à dire son travail, son état de stress, ses contraintes familiales, ses horaires, moi-même je m'impose du grand n'importe quoi. Je n'ai pas de plan structuré, je vais au stade, je regarde ce que font les copains, si ça me plait, j'en fait un bout sinon je m'invente un truc rigolo, une variante pour tester.
Il faut récupérer et ne pas cumuler de la fatigue sportive sur de la fatigue professionnelle. Ca c'est ce dont je suis sûr et je le répète, le donne en conseil.
Je suis à l'écoute des gars qui sont complétement usés par leur boulot que ce soit physique par exemple travailler dans des frigos ou bien travailler assis et subir un stress du management.

Et moi pendant ce temps là, je m'en prends plein la poire, je suis bien stressé, mon toubib que j'ai consulté cette semaine veut me revoir dans un mois car ma TA est au dessus de "ma normale".

Alors voilà pourquoi je ne parle que très peu souvent de moi , je ne suis pas bon en course à pied et je ne me soigne pas comme il faut et pour couronner le tout, hier samedi 20 mars, j'ai enfin couru pour moi. Oui, j'étais motivé, j'ai promis à ma femme que j'allais tout donner, que je n'allais pas faire semblant et cela me ferait du bien au moral.

Ce fût une journée en demi-teinte.

Premier élément positif, nous avons co-voituré et cela j'y tiens car je suis pour l'économie de gasoil, pas seulement pour le côté portefeuille mais aussi pour moins de CO2 émis.
Deuxième élément et le plus important, nous avons le loisir de papoter et c'est sans conteste, ce que j'aime avant tout, je ne suis pas fort du côté des jambes mais côté langue, je ne suis pas feignasse du tout.
Daniel conduisait, lolo commentait le canard enchaîné, franck écoutait et moi je la ramenais un peu sur les élections. De temps en temps il y avait des allusions aux entraînements. Les V2 culpabilisaient car ils ne font presque plus de VMA. Moi je disais qu'il faut calmer le jeu quand on vieillit. Lolo disait que je lui avais pété des séances de 200m quand je l'entraînais. Je rétorquais qu'à l'époque il préparait et courait encore des marathons, aujourd'hui il fait surtout de l'ultra. Là dessus, je suis pour le 30-30 en nature car il n'y a plus la contrainte de la vitesse calibrée. Attention ce n'est pas valable pour tout le monde. Mes athlètes "jeunes" doivent se taper des séances bien précises mais certains jeunes font encore des chronos de qualification au France alors ça ne rigole pas beaucoup (3'24 au kilo) .

Je connais un philosophe à qui je ne demanderais pas de suivre un plan calibré avec des chronos au dixième de seconde, j'aime qu'il reste comme il est, il a une plume acerbe il se reconnaîtra, il a un caractère exceptionnel, c'est un rebelle.

Daniel nous a amenés à bon port, nous sommes arrivés suffisamment en avance aux dossards pour ne pas stresser.
Nous avons regardé la liste des inscrits au 43km, à peine plus d'une page A3, soit un peu plus d'une centaine, ce week-end il y a l'éco-trail complet, le ventoux complet et à Bains il y a possibilité de s'inscrire le jour même cela devient rare de nos jours de participer à un trail sans s'inscrire à l'avance (Erquy 1er mai complet, Guerlédan 23 mai complet).

98ème, vue ma place à l'arrivée, vu que j'ai quand même doublé du monde, il y a dû y avoir quelques abandons.

Autre élément positif, j'ai couru la deuxième partie du trail avec mon ami lolo, nous n'étions pas bien vaillants mais nous sommes allés au bout. C'était dur dur. Nous avons parlé de nos mollets bien chargés, moi de fringale, pourtant j'avais emporté puis mangé 6 barres de pâte d'amande, de pâte de fruit, de céréale, j'ai bu correctement et re-rempli ma poche à eau aux trois ravitos des trois chapelles.

Nous sommes en mars et je n'ai pas abandonné une seule fois alors que je ne suis pas bien du tout en compétition. Tant que je ne me blesse pas ce n'est pas stupide de persister.
Il est toujours difficile de savoir si c'est le corps qui est fatigué et qui dit vouloir s'arrêter, dans ce cas la tête si elle est forte dit continue tu peux endurer ou bien il y a des fois ce n'est plus de la fatigue et ce n'est pas pour éprouver l'endurance physique et mentale c'est bien un problème qui est signalé par le corps et le message fort, c'est la blessure.
Un regard extérieur objectif peut aider, une appréciation subjective d'une tête de mûle amène à la blessure.

Pour terminer, je vais me prendre deux semaines allégées pour récupérer et dans deux semaines je vais faire le 15km du trail du bord de mer avec mes amis bruno, thierry, jeanlou, patrice, joelle et la petite maryline dans la joelette. Ce sera encore un grand moment de plaisir partagé. Nous allons co-voiturer de Rennes à Arzon. Nous allons nous soutenir pendant la course et ils me raconteront comment ils auront vécu leur première à "courir avec".

Vous voyez que c'est quand même bien de ne pas s'arrêter sur les petits coup de blues du trailer qui avance d'un pas dérisoire et finit avec une moyenne de 8,25km/h (la courbe est une honte, c'est ce que j'appelle une cours à l'envers, FC 160 au début et FC 140 à la fin ) et avant dernier au scratch (98ème/99 arrivants) mais il faut toujours mettre en avant le plaisir, le plaisir de la satisfaction du travail d'équipe entraîneur-athlète, le plaisir de ne pas abandonner, sans être blessé, le plaisir de papoter, le plaisir de se projeter vers un futur objectif qui nous motivera en étant patient, en endurant l'entraînement pour, le plaisir d'être dans un super club, le plaisir de partager avec des amis, le plaisir d'être de Dunes d'espoir, le plaisir de "courir avec" .
A l'arrivée de mon trail, j'ai eu droit au micro, j'ai dit que j'étais fatigué et hypocritement peut-être "rien que du bonheur".

Globalement, la course à pied, le sport, les copains :

C'est du plaisir pour Moi, "je suis le centre du monde", accessoirement , cela profite aux autres ... ou bien vice-versa.

vendredi 12 mars 2010

entraîneur et plan marathon

Dimanche, nous serons à 4 semaines du marathon de Paris, 4 du marathon de Cheverny, 5 de celui de Marseille 7 de celui de Sénart 8 du mont St Michel. Pourquoi je le sais ? parce que j'ai des gars qui y seront, ils sont motivé et veulent claquer encore une fois un chrono, en acronyme anglais, un PB, personal Best. Dans le passé, certains d'entre eux comme beaucoup de néo-marathonien ont récupéré par ci par là des plans marathon, qui pour 3h qui pour 3h30 voire des plans 2h45.
Pourquoi pas, tant que ça marche ...
Moi aussi, je suis passé par là et c'était un passage obligé car je n'étais pas en club mais en association.
Quand j'ai compris que je ne comprenais plus rien, j'ai échangé sur le net avec un entraîneur. Il n'y avait pas encore de forum à l'époque.
C'est amusant de penser à des évidences : l'homme n'est pas une machine, le coureur n'est pas programmable comme une machine outil comme un programme informatique, le coureur est encore un homme et s'il est amateur il est aussi quelqu'un qui a un travail, s'il a de la chance il a une famille, il doit s'en occuper, passer du temps avec son conjoint et ses enfants. Dans le cadre professionnel, le management, replace sans cesse l'humain au centre sinon cela peut arriver à des situations graves alors dans l'entraînement c'est pareil.
L'homme a ses faiblesses, ne pas en tenir compte c'est oublier l'humanité qui est en chacun de nous. En fait, même les machines ont des bugs, n'est-ce pas ! et de temps en temps des câbles pètent, des plombs fondent, des pièces s'usent. Bon il y a aussi des machines super costaudes qui tiennent plus de 10 ans (un bon lave-linge venu d'outre-r...). Là je me demande si c'est bien de citer des plans de revue de magazine qui sont les mêmes depuis dix ans, ils doivent être sacrément costauds (pas fabriqués outre-r...).

Ben moi, je ne sais pas faire car le gars évolue sans cesse ...

Quand quelqu'un me demande un plan, je ne m'exécute pas,

si l'athlète a une attitude de consommateur alors qu'il aille dans une grande surface et ce sera moins cher et il en aura pour son argent, il peut être satisfait.

Quand un athlète veut progresser avec moi alors nous allons faire un bout de chemin ensemble, nous échangerons, je ferai un bout de plan dans une préparation générale, au fur et à mesure de l'atténuation de ses faiblesses, les séances évolueront, on passera au plan spécifique par petits bouts. Il m'arrive de ne pas savoir ce que sera la semaine suivante, j'attends souvent les compte-rendus de séances avant de combiner des enchaînements et de définir le dosage (volume, récupération, intensité).

Quelquefois je rigole quand un nouveau me dit: "la semaine idéale c'est mardi vma courte, mercredi récup, jeudi allures variées, samedi vma longue, dimanche longue", c'est qu'en fait une partie du rôle de l'entraîneur est de rompre la monotonie et il essaie de surprendre l'athlète.

Il y a quelques années, je faisais les mêmes séances que mes athlètes pour comprendre ce qu'ils vivaient, c'était aussi un passage quasi-obligatoire, il m'a valu des blessures car je tenais compte de l'environnement de ceux-ci mais pas du mien. Je me battais avec mes horaires de travail et je ne m'adaptais pas à mes propres contraintes. Aujourd'hui j'ai la chance d'avoir un team et beaucoup de retour d'expérience, c'est en quelque sorte de la mémoire collective.

Mes athlètes avaient tous des Polar, alors je m'entraînais avec mon Polar. J'ai eu des gars qui sont passés au Garmin et pendant un moment j'ai "flotté", c'était déconnant, je ne "captais" pas bien leurs séances. Et je me suis mis au Garmin pour voir, quel beau gadget. ! J'ai compris pourquoi ça ne collait pas.

Déjà, le GPS te donne des indications comme allure, kilomètres parcourus, c'est pas mal. Le hic c'est que les gars sont rivés sur l'allure. C'est bête car cela ne tient pas compte de la forme du gars, cela ne tient pas compte du vent, de la chaleur, de la journée de boulot etc ...

De plus si le gars est vraiment sûr que le GPS c'est bien, il oublie qu'il y a parfois des erreurs de 1 ou 2 pourcents; quand tu vises un beau 2h38, cela te donne du 3'45 au kilo avec une erreur de 1% cela fait quand même 2 secondes d'écart, pour un beau 3h30, écart de 3 secondes.

Quand tu sais que le vent peut te décorner les c... il vaudrait mieux doser ton effort en fonction de ce que t'indique quand même le cardio-fréquence-mètre ça éviterait déjà de faire une séance qui va te mettre à genou pour 3 ou 4 jours.

Tiens ça me rappelle que j'ai un gars qui a eu des sensations super pourries à l'entraînement, il m'a refilé ses courbes de Polar. C'est simple j'ai demandé dans la revue ce qu'elle en pensait. Je n'ai pas eu de réponse. Bon j'ai pris mon rôle au sérieux et je n'ai pas comparé mes propres séances à celle de mon gars, j'ai soigneusement regardé l'évolution de ses courbes sur les autres préparation marathon et c'est vrai que même si il y a une chûte de FC qui tourne autour de 7 pulses en 6 semaines, là c'était vraiment trop. Donc de façon urgente j'ai demandé de lever le pied, la forme semble revenue et on verra bien s'il faut remettre des séances dures. Je ne me prononcerai qu'après la prochaine compétition intermédiaire.

Voilà qui illustre un peu mon propos, un entraîneur fait du sur mesure, c'est un artisan. C'est dommage qu'il n'y en ait pas assez car comme à chaque fois les grandes et moyennes surfaces tuent l'activité locale et du coup c'est une partie de "l'humanité" qui disparaît.

Tiens un rappel pour marathoniens: profitez des premiers kilomètres d'un semi pour régler votre allure marathon et visionnez ensuite l'évolution de votre FC. La montée progressive de la FC alors que l'allure est constante donne de bonnes indications pour le marathon dans quelques semaines.